‹ Les mémoires de Messire Oliver de La MarcheChapitre 123 sur 157 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Comment les trefves furent publiées, eteomment les Ganthois feirent pendit le tariet d'ung héraultj que les ambassadeurs du Roy avoient envoyé à Gand publier ksdic' tes trefves.

Toutes les choses dessus dictes et faictesje duc feit publier les trefves par ses pays; parailement les ambassadeurs du Roy envoyèrent ung hërault à Gand, pour publier les trefm* lequel hérault sy tost qu'il fot descendu, ainsy que son varlet menoit ses chevaulx boire, fot prlns d'aulcuns Ganthois,*lequel varlet portait devant et derrière de sen jaoque (l) renseigne du duc, qui estoit une croix de Saint-André blanche et estoit l'enseigne de tous ses gens; et fut ledit varlet prestement par auleoDS Ganthois pendu et estranglé en despitdadocde Bourgongne leur seigneur ; et disoit-os qne ce avoient fait les parens d'un coustelKer qui avoit été pendu, lequel coustellier devoit estre comte de Flandre : touttefois ils ne fetrent noi mal au hérault : ainsi s'en retourna sain et sauf.

Ainsy comme je vous ay dit ftit la sentenee rendue par lesdits ambassadeur du Roy en la ville de Lille, après laquelle sentence lesdeab héraultx et truchement que les Gantlwis avoient laissés à Lille, s'en allèrent, et rapportèrent par escript aulx Ganthois la sentence reodoe par lesdits ambassadeurs, laquelle sentence Ait iene publiquement devant la eommunaulté doot il y eut grand murmure entre eulx; ear les ansotoient contens d'entretenir le traietié, maisb plus grande partie n'en vouloient rien faire; et furent bien dix jours sans respondre s'ils tiendroient ledit traictié ou non; dorant lequel temps aulcuns compagnons de la ville de Gand s'assamblerent et prindrent le nom des cmp^gnons de la verde tente; et fnX eapitaio^^ cette compagnie ung quy s'appelloit le bastard du Blancquestrain; et après ce qu'ils se iîissat assamblés bien armés, et à bastons allereot la nuit vers Hulst, un gros village au pays ^ Wast ; et pour abuser et surprendre ceulx qny estoient audit Hulst, lesquels s'estoient rendas au duc de Bourgongne, ils feirent allomer prc de la ville des torsins et fallots, afin que ceaU de Hulst cuidassent qu'ils vinssent par ce co$tf

(i) Vêlement qu'un mettait sous la cuirai*

UËMOlAfiS DE DL CL£IICQ.

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là : et quand oeaix de Huist veirent lesdits torsins et lumières, cuidans eulx deffendre contre les Ganthois qui venoient de ce costé là les assaillir, et comme ils s'estoient tous tirez de ce costé, ceulx de la irerde tente entrèrent audit HuIst par un aultre endroit, et en meireut plusieurs & l'espée; ceulx qui peurent eschaper se saulverent an mieulx qu'ito peurent; après ce lesdits Ganthois pillèrent la Yille et l'ardirent toutte, puis se retirèrent dedans Gand ; de tout ce ne sçavoient rien les ambassadeurs ^ lesquels tstoîent encoires à Lille y et attendoient la response des Ganthois, pour laquelle chose ils envoyèrent ung hérault à Gand, pour sçavoir s*ils tiendroient leur appointement ou non; lequel hérault sy tost qu'il Aist arrivé en la ville de Gand, et descendu en une hostellerie, pria son hoste de lui dire à qui halller les lettres qu'il apportoit de la part des ambassadeurs; lequel hoste sytot qu'il entendit cela, eut pitié de luy, et luy respondit que mal estoit arrivé, et qu'il se gardât bien de dire qu'il estoit venu pour cette cause ; car s'il le disoit sa vie estoit finie; quand le hérault onit cecy, pria humblement qu'il le garantist de mort s'il pouvoit. L'hoste luy dit qu'il se tint coy, en son hostel, et que le lendemain luy sçauroit à dire, sy on le vouldroit entendre, ou non. Quand ce vint le lendemain l'hoste lui dit que s'il estoit connu il estoit mort ; mais s'il vouloit qu'il luy aideroit à sauver sa vie. Sy lui conseilla qu'il retournast sa robbe et le feit monter à cheval; il luy bailla son varlet en luy recommandant que sy on Tinterrogeoit, qu'il dit qu'il estoit nn marchand de France, revenant d'Anvers. Ledit hérault crut son hoste, et dés qu'il fut venu à la porte, on lui demanda d'où il estoit, et il respondit comme son hoste lui avoit appris ; lors on luy ouvrit la porte, et ceulx qui la gardoient luy demandèrent le vin ; en attendant qu'on ouvrit la porte il mettoit sa main à sa bourse ; à peine fut elle ouverte, que le hérault férit sou cheval des espérons et passa oultre sans donner ou payer vin ne sauce, et n'arrêta Jusques à ce qu'il vint à Lille; et ainsy eschappa, et rapporta aulx ambassadeurs comment il avoit été en grand péril.

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