CHAPITRES Y
Comment Loys daulphinde Vienne aisné /h du roy de France j vint à refuge , au duc dr Bourgongne, et eschappa des mains de ceulx qui le cachoient; et de plusieurs incidens.
En 1456 , le roy Charles YII avoit envoyé secrètement messire Anthoine de*Chabanne,
moins que prouvé. On pense plos généraleiDest qv'dl^ mourut d'une dysaenterie, âgée d'environ 4i ans. dans un château peu éloigné de Tabbaye de Joniiége. on cttr éuit allée trouver Charles YII. Ce fût le 9 KTTirr
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comte de Dampmartln , au pays de Viennois , avec grand nombre de gens d'armes , pour prendre et ameper devers luy son fils Louis Daulphin, à raison de causes que je ne sçay pas au vray , sinon que aulcuns disoient qu'il avoit tellement taillé le pays du Dauphiné et mis au bas pour son entretien , sy que plus n'en pouvoit , et avec ce avoit totalement osté le temporel de ceulx .de l'Eglise , qu'ils n'avoyent de leurs bénéfices que ce qu'il vouloit; et aulcuns disoient aussy que ledit Daulphin avoit fait mourir une damoiselle nommée la belle Agnès, laquelle estoit la plus belle femme du royaulme, et totalement l'amour du roy son père ; après la mort de laquelle comme cy dessus ay dit , le Roy retînt en sa cour sa niepce nommée la damoiselle de Yillecler, auquel gouvernement le Daulphin avoit esté et estoit bien déplaisant; et pour cette cause s'estoit absenté du royaulme de France plus de douze ans entiers, et s'estoit tenu au pays du Dauphiné, durant lequel temps il n'àvolt eu deniers de son père ni du royaulme : ainsy luy avoit failly vivre du pays; aultres aussy disoient que le Roj le vouloit retraire devers luy et luy donner estât comme il appartenoit; aultres encoires oontoient gue sy le Roy son père l'eut tenu , il l'eut mis en tel lieu que Jamais on n'en eut ouy parler , desquelles choses Je m'atens à ce qu'il en est. Mais toutefois le Daulphin, sçachant que le Roy son père tendoit à le faire prendre secrètement , fit apointer ungdisner en une forest pour se desrober ; il feignit d'y aller disner et y faire une grande feste : à icelle feste le cuida prendre, le comte de Dampmartin; mais le Daulphin le Jour qu'il devoit partir pour aller à la chasse , luy sixième ou septième , deslogea à cheval , et chevaucha vers les marches de Bourgongne ; et JaçOit sitôt que l'on sceut son département, il fut suivi du comte de Dampmartin , de sy prés que on ne pourroit plus ; toutefois, .il leur eschappa et vint à Saint- Claude en Bourgongne ; il y fut receu honorablement par le prince d'Orange, qu'auparavant le Daulphin avoit moult hay pour aulcunes des trousses que ledit prince et le mareschal de Bourgongne a voient faites sur les gens du Roy. Toutefois luy estant avec le prince, il manda le mareschal de Bourgongne , et le pria de le mener devei*s le duc de Bourgongne^ lequel mareschal vint bien acompagné de gens de guerre, convia et amena le Daulphin vers le duc de Bourgongne. Il arriva , environ le mois de septembre l'an dessus dit 56 , à Louvain en Brabant, et h Bruxelles où le duc de Bourgongne estoit ; lequel duc quand il sçeut sa vernie alla allencontrc de hiv et le receut comme aisnc fils
du roy de France ; il .luy donna pour entretenir son estât , deux mil couronnes d'or par mois , les soixante dix couronnes pesant le marc de huit onces ; il le pria d'élire pour sa demeure telle place qu'il luy plairoit prendre en ses pays. Le Daulphin choisit une forteresse en Brabant , nommée Genappe, laquelle estoit à quatre lieues de Bruxelles ; et depuis cette heure fut le mareschal de Bourgongne totalement en la grâce du Daulphin.