‹ Les mémoires de Messire Oliver de La MarcheChapitre 18 sur 157 · EXTRAIT DE LA GROSSE LATINE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE LA GROSSE LATINE

Séance du 27 février (1).

D. Vltes-voos saint Michel et ses anges corporellement et réellement ?

R. Je les vis de mes yeux corporels aussi bien que je vous vois. Quand ils s'éloignoient de moi, je pleurois, et j'aurois bien voulu qu'ils m'emportassent avec eux.

D. Qu'est-ce que saint Michel ^vous dit la première fois?

R. Vous n'aurez pas aujourd'hui de réponse fur cela. — Oui, les voix m'ont dit de vous répondre hardiment. — J'ai bien dit une fois à mon Roi ee qui m*a été révélé ; mais c'est parce que cela le regardoit. — Je n*ai point présentement la permission de vous révéler ce que me dit alors saint Michel. — Je voudrois bien que vous eussiez copie de ce livre qui est à Poitiers, pourvu toutefois que Dieu en fût content.

D. Quand vous vttes cette voix qui vient à vous, y avoit-il une lumière ?

R. Il y avoit beaucoup de lumières de toutes parts y et cela est bien convenable. Au surplus tout cela n'est pas pour vous.

D. Y avoit-il quelque ange sur la tète de votre

(1) Traductioo de M. Le Brun de Charmettes. 1. c. D. N., T. III.

Roi quand vous le vttes pour la première fois?

R. Par sainte Marie, s'il y en avoit un, je no sais et ne l'ai pas vu.

D. Y avoi(-il de la lumière ?

R. Il y avoit plus de trois cents chevaliers, et cinquante flambeaux ou torches, sans compter la lumière spirituelle. — J'ai rarement des révélations qu'une clarté ne les accompagne.

D. Comment votre Roi a-t-il ajouté foi à vos paroles ?

R. Il a eu de bonnes enseignes pour y croire, et par le clergé.

D. Quelles révélations eut votre Roi?

R. Vous n'aurez pas cela de moi cette année.

— Je fus interrogée par le clergé, pendant trois semaines, à Cliinon et à Poitiers. — Le Roi eut signe de mes faits avant qu'il y voulût croire. — î/opinion des ecclésiastiques de mon parti fut qu'ils ne voyoient rien que de bon dans mon fait.

D. Etes-vous allée à Sainte-Gatherine-de-Fierbois?

R. Oui, etj*y entendis trois messes en un jour; enfin j'en partis pour aller à Chinon. — J'envoyai de là au Roi des lettres contenant que j'envoyois à loi pour savoir si j'entrerois dans la ville où il étoit;que j'avois bien fait cent cinquante lieues pour venir auprès de lui et à son secours, et que je savois beaucoup de bonnes choses pour lui. Il me sembla qu'il y avoit aussi dans ces lettres que je le reconnottrois bien entre les autres. — J'avois une épée que j'avois prise à Vaucouleurs.

— Pendant que j'étois à Tours ou à Chinon, j'envoyai chercher une épée qui étoit dans l'église de Sainte-Catberine-de-Fierbois, derrière Tautel ; et elle fut trouvée aussitôt tonte couverte de rouille.

D. Comment saviez-vous que celle épée éloit là?

R. Cette épée éloit en terre et rouillée; il y avoit cinq croix dessus, et je sus qu'elle étoit là par les voix. Je n'avois jamais vu l'homme qui alla chercher celte épée. J'écrivis aux ecclésiastiques de Fierbois pour les prier de trouver bon que j'eusse cette épée, et ils me l'envoyèrent. Elle n'étoit pas très-avant dans la terre, derrière l'autel, à ce qu'il me semble; toutefois je ne me souviens pas précisément si c'étoit devant ou der> rière l'autel, etc. — J'ai continuellement porté cette épée depuis que je l'ai eue jusqu'à mon départ de Saint-Denis, après l'attaque de Paris.

D. N'avez-voos jamais fait de prières pour que cette épée fût plus fortunée?

R. Cela est bon à savoir 1 J'aurois désiré que toutes mes armes fussent heureuses.

D. Aviez-vous votre épée quand vous fûtes prise ?

R. Non, j'avois une épée qui avoit été prise sur un Bourguignon. — Je fis oITrandc à saint Denis d'une épée et d'autws armes ; mais ce ne fut pas cette épée. J'avois cette épée à Laguy, et depuis Lagny je portai jusqu'à Compicgne l'épée de ce

INDICATION ANALYTIQUE DES DOCUMENTS

Bourguignon, qui étoit uno bonne épéc de guerre, propre à donner de bonnes bu/fes cl de bons torchons. Mais de dire où j'ai laissé Taulre, cela ne concerne pas le procès, et je ne répondrai point là dessus maintenant. — Mes frères ont mes effets, mes chevaux, mon épée, k ce que je crois, et autres objets qui peuvent valoir plus de douze mille écus.

D. Qu*aimiez-vous le mieux de votre étendard ou de voire épéeî

R. J'aimois beaucoup plus, voire quarante fois

plus, mou étendard que mon épée — Je

portois moi-même cet étendard quand j'atlaquois les ennemis, pour éviter de tuer quelqu'un. Je u*ai jamais tué personne (t).

Du 1" mars^

[Après ravoir interrogée au sujet de la leltre qu'elle écrivit au comte d'Armagnac, on mit sous ses yeux celle qu'elle adressa aux chefs du siège devant Orléans.]

D. Reconnoissez-vous ces lettres ?

R. Oui, à TexceptioD de trois passages, savoir : l'endroit où il est dit : Rendez à la Pucelle, où il faut mettre, rendez au Roi; un autre où il est dit : Je suis chef de guerre ; et le troisième, où l'on a mis, corps pour corps. Ces paroles n'étoient point daus les lettres que j'ai envoyées.

D. Les saintes qui vous apparoissent ont-elles des cheveux ?

R. Cela est bon à savoir !

D. Ces cheveux sont-ils longs et pendants?

R. Je n'en sais rien. — Je ne sais s'il y a quelque chose en forme de bras, ni s'il y a d'autres membres figurés. Elles parlent très-bien et en beau langage, et je les comprends parfaitement.

D. Comment peuvent-elles parler si elles n'ont pas de membres?

R. Je m*en rapporte à Dieu. — Cette voix est belle, douce et humble. — Elle parle en françois.

D. Sainte Marguerite parlc-t-elle anglois?

R. Comment parleroit-elle anglois, puisqu'elle n'est pas du parti des Anglois ?

D N'avez-vous point quelques anneaux?

R. {S' adressant à Cauchon») Vous en avez on à moi : rendez-le-moi. Les Bourguignons ont à moi un autre anneau. {Au même,) Si vous avez cet anneau, montrez- le-mok.

D. En quelle figure étoit saint Michel quand il vous apparut ?

(1) Jean Tiphaine , Tun des Juges de Jeanne d* Arc , déposa, au procès de révision, qu'on avait alors demandé à la Pucelle si elle ne s'élait Jamais trouvée en lieu où des Anglais fussent tués ; elle répondit : En mon Dieu, si ay comme vous. Parlés doutcemeth. Pourquoi ne

R. Je ne lui vis pas de couronne. Je ne sais rien de ses vêlements.

D. Eloit-il nu?

R. Pensez- vous que Dieu n'ait pas de qocilc vêtir.

D. Avoit-il des cheveux?

R. Pourquoi les lui auroit-on coupés?

Nous empruntons au manuscrit de Darfé le passage suivant de la séance du 17 mars, qoe le manuscrit d'Orléans ne donne pas d'une manière assez exacte. Il esl fort remarquable en ce qoi concerne les réponses de Jeanne, et offre aoe nouvelle preuve de Thabileté surprenante avec laquelle elle s'e^^t défendue devant les boorreaux qui se disaient ses juges.

[Au sujet du saut de la tour de Beaurevoir.]

D. Quand la parole vous fut revenue, regooiasles-vous point et roalgrea$(es-vous point Dieu et ses Sains, pource que ce est trouvé par Tinformacion?

R. Je n'en ay point de mémoire; et, que je sois souvenant, ne regnoiay et malgreay oncqoes Dieu et ses Sains, en ce lieu ou ailleurs; etoe m'en suis point confessée ; car u'ay point de mémoire que raye dit ou fait.

D. Voulés-vous point vous rapporter à Imlormat ion faicte ou à faire ?

, R. Je m'en rapporte à Dieu, et non aultre, el i bonne confession.

D. Vos voix vous dcmandent-elle dilacioo de respondre ?

R. Saincte Catherine me respond à la fois. El aucunes fois je faille à l'entendre pour la turi»cion des personnes, et par les noises de mes gardes. Et quand je fais requesto à sainte CaUierine, et tanloust elle et saincte Marguerite font reqaesle à Nostre Seigneur, et puis, du commandemeol de Nostre Seigneur, me donnent responoe.

Il n'est jour qu'ils ne viennent en ce chastcl, el si ne viennent point sans lumière. Et , de celles fois, oys la voix; mais n'ay point mémoire se je veis lumière, et aussi se je veis saincte Galb^ rioe.

J'ai demandé à mes voix trois choses : l'on^ mon expedicion; l'autre, que Dieu aide aaxFrioçoys, et garde bien les villes de leur obebsaiïce; et l'autre, le salut de mon ame.

Je requiers, se ainsi est, que je sois menée a Paris, que j'aye le double de mes interrogaloires et responces, afin que je baille à iceux de Pans» et leur puisse dire : Vecy comme j'ai cstéinlcrroguée à Rouen, et mes responces ; et que je ^ sois plus travaillée de tant de demandes (2).

partoient^ils point de France et n'alloicat-ils pointa" leur pays?

(2) Voici comment ce dernier alinéa esldéfipire w"| le manuscrit d'Orléans : « Requùe se ainsi est qu'Hier » menée à Paris, qu'cllcl« doubte de ses Inierrogatoir»

POIB SEUVIR A L lltôTOlBE DB JEAK.VE d'aRC.

SCP. LKf DODZB àBTICLBS.

Après les iiilcrrogaloires commença !e procès ordinaire. Ces préliminaires, qui sont appelés le procès d'office, n'avaieul eu pour bul que de recueillir des fails pour servir à Taccusation.

Déjà dès le Irois mars, lorsque Jeanne se fut retirée, Févèque de Bcauvais avait dit à ses assesseurs que, sans interrompre Tinstruclion du procès, il allait consulter des docteurs et des gens liabiles dans Fun et Taulre droit, pour savoir, d'après les aveux faits par Vaccusée, s'il y avait encore d'autres demandes à lui faire. Quelques-uns des assesseurs seulement, ajouta- 1- il, assisteront aux nouveaux interrogatoires, afin d'épargner au plus grand nombre la fatigue de séances si fréquentes; les interrogatoires seront faits par des juges choisis parmi les assesseurs; tous pourront d'ailleurs, lorsqu'ils le voudront, voir ce qui aura été fait et en délibérer. Il les exhorte eu outre à travailler sur les saints canons et sur le droit, et à communiquer leurs réflexions à cet égard, tant à lui-même qu'aux juges délégués pour interroger la pQceile.

Le 4 mars, des docteurs en théologie et des maîtres en droit civil et canonique se rendirent dans la maison du prélat. On recueillit tout ce qui avait été dit par Jeanne, ainsi que les questions sur lesquelles on trouva qu'elle n'avait pas suffisamment répondu, et il fut arrêté qu'elle serait interrogée de nouveau. Jean de Fonte, l'un des assesseurs, fut commis à cet office par un mandat ad hoc que Tévêque de Beauvais lui délivra le 9 mars.

On continua les interrogatoires ; mais ils se firent dans la chambre du château où Jeanne était renfermée. Deux assesseurs, docteurs en théologie, et deux témoins, assistèrent avec Jean de Fonte à ces séances, qui eurent lieu les 10, 12, 13, 14, 15 et 17 mars.

Le 18,révêque réunit chez lui douze assesseurs seulement avec le vice-inquisiteur ; on lut plusieurs articles qu'on avait formés sur les réponses de Jeanne, après quoi on convint d'examiner les opinions des docteurs et les livres de droit canonique, dans l'intervalle de la prochaine réunion qui fut fixée au 22.

Le 22 mars, l'inquisiteur et vingt-deux assesseurs se réunirent chez l'évêque de Beauvais; on y lut ce qui avait été compilé sur la matière, et après une longue délibération on décida que l'on rédairait le tout à un certain nombre d'assertions et de propositions que Ton comrouniqueroit aux doctcars pour avoir leurs avis, afin d'éviter tout vice dans le procès.

Toutefois on voulut constater judiciairement la véracité des interrogatoires.

Le samedi 24, les juges, accompagnés de six assesseurs et du promoteur, lurent à Jeanne, dans

» Respond : aflBo qu'elle baille à ceux de Paris et leur j> paisse dire : « Voici comme j'ai été inlenoguée à

sa prison, les réponses qu'elle avait faites jusque là, et qui avaient été recueillies en français. Elle y ajouta peu de chose.

Le 26, l'évêque de Beauvais, l'inquisiteur et seize assesseurs lurent les nouveaux articles d'interrogatoires à faire, au nombre de plus do soixante, qui furent présentés par le promoteur. C'est à la réunion de ce jour qu'il fut arrêté, qu'au par de là du procès préparatoire, fait d'office, il seroit procédé contre Jeanne en procès ordinaire. Le 27 mars, jour du mardi saint, l'évêque et l'inquisiteur convoquent dans la grande salle du château leurs assesseurs au nombre de trentehuit. Jeanne y fut amenée. On lui lut et on lui expliqua, pendant cette journée et pendant la suivante, les nouveaux articles qu'elle réfuta par ses propres interrogatoires.

Le samedi saint, dernier jour de mars, on reçut ses réponses sur les articles à l'égard desquels elle avait différé de s'expliquer.

Le lundi 2 avril, après Pâques, l'évêque de Beauvais établit chez lui, avec des docteurs et des maîtres, un travail qui se continua le mardi et le mercredi. Ils examinèrent tout ce qui avait été fait depuis le commencement du procès, et convinrent de réduire l'affaire à une consultation sur douze articles, qui renfermeraient brièvement ce qu'ils appelaient les aveux de l'accusée.

La plupart des assesseurs n'ayant assisté qu'aux premiers interrogatoires, il était à craindre qu'ils ne blâmassent cette manière de procéder, et qu'ils ne se montrassent mécontents de n'avoir reçu aucune communication des articles à rédiger ; mais on avait répondu d'avance qu'on ne pouvait se dispenser de réduire à un certain nombre de propositions tous les aveux de Jeanne : on avait fait sentir ensuite qu'on ne devait point consulter les assesseurs sur cette rédaction, parce qu'ils devaient eux-mêmes en être les juges doctrinaux.

Loin de rédiger ces propositions sur les termes mêmes dont Jeanne s'était servie, on le fit d'àprès des conjectures très-vraisemblables. On rendît Jeanne coupable sur presque tous les points. C'est une rédaction purement mensongère, destinée à tromper et ceux qu'on devait consulter et ceux qui devaient opiner dans le procès. Elle est, diton, l'ouvrage de l'un des assesseurs, Nicolas Midy, complice de l'évêque de Beauvais.

Lors du procès de révision, on demanda à Manchon, notaire-greffier du tribunal qui a condamné Jeanne d'Arc, quelques explications an sujet de ces douze articles. Il répondit que dans l'origine le promoteur avait rédigé soixante-dixsept articles pour interroger Jeanne (ce sont ceux qui ont servi pour les interrogatoires du procès ordinaire), et que ce ne fut qu'à la fin du procès qu on les réduisit à douze. On lui demanda ensuite si les délibérations avaient été faites et tenues sur le procès même Il répondit que

i> Rouen, et mes responces; et qu'elle ne soit plus tra- » vaili(^e de tant de demandes. »

tl.

INDICATlOr^ ÀRALYTIQUB DES DOCUMENTS,

Don, parce que, ajoo(a-t-il, le procès n'étant pas encore rédigé dans la forme où il est, c'est-à-dire en latin, ce qai n'a été fait qu'après la mort de Jeanne , les délibérations avaient été faites seulement sur les douze articles.

Les douze articles^ ou chefs d'accusation portés contre Jeanne d*Arc, et sur lesquels V Université de Paris fut consultée par le tribunal de Rouen.

AHTICLB PREMIER.

Une certaine femme dit et affirme qu'étant âgée de treize ans ou environ , elle a vu de ses yeux saint Michel qui venoit la consoler, et quelquefois aussi saint Gabriel, qui loi apparoissoit sous une figure corporelle ; d'autres fois encore une grande multitude d'anges ; et que dès^lors les saintes Catherine et Marguerite se sont fait voir à elle corporellemcnt ; qu'elle les voit même tous les jours, et a entendu leurs voix ; que quelquefois elle les a embrassées et baisées en touchant leurs corps. Elle a vu aussi les tètes des anges et des deux saintes ; mais elle n'a rien voulu dire des autres parties de leurs corps ni de leurs vêtements.

Ces deux saintes lui ont parlé quelquefois auprès d'une fontaine située près d'un grand arbre appelé communément l'arbre des fées y dont on dit que les fées le fréquentent , et qu'on y vient pour recouvrer la santé, quoique le tout soit situé dans un lieu profane , et que plusieurs fois, dans ce lieu et dans d'autres endroits , elle les a vénérées et leur a fait la révérence.

Elle dit encore que ces deux saintes lui apparoissent, et se montrent à elle , depuis cette époque , avec des couronnes très-belles et trèsprécieuses ; et même que plusieurs fois elles lui ont dit, par l'ordre de Dieu, qu'il falloit qu'elle allât trouver un certain prince séculier , et lui promettre que, par son secours et ses travaux, il recouvreroit par la force des armes un grand domaine temporel et un grand honneur mondain; qu'il remporteroit la victoire sur ses ennemis ;* qu'il la recevroit à son service, et lui donneroit des armes , avec un corps d'armée pour exécuter ses promesses. De plus , etc. ( Rapporté à l'article 5. )

Elle ajoute que ces deux saintes l'ont approuvée, lorsqu'à l'insii et contre la volonté de ses père et mère elle est sortie , à l'âge de dix-sept ans on environ, de la maison paternelle; et s'étant associée à une multitude de gens d'armes, elle a passé les jours et les nuits avec eux , sans avoir jamais, ou n'ayant que rarement d'autres femmes avec elle.

Ces saintes loi ont dit et ordonné beaucoup d'autres choses , à raison de quoi elle se dit envoyée par le Dieu du ciel , et par l'Eglise victorieuse des saints qui jouissent déjà de la*béatilude. (Le surplus aux articles IX el XII.] |

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