‹ Les mémoires de Messire Oliver de La MarcheChapitre 21 sur 157 · IT · texte numérisé non relu

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prélendu extraire de m confession « non pas la vérité , mais la falsité en plusieurs points et passages do procez sabstancieuXf lesquels eussent peu émouvoir et incliner le cœur et Topinion des coosnls et advocals , en autre et plus saine délibération, et à rejetter plusieurs eirconslanceset allégations qui ne sont point contenues à son procez , selon la vérité et vraye justice , mais seulement en termes et paroles de rigueur, lesquels changent la substance de toute la vérité de ce procez: parquoy nous cassons , annulions et adniliillons ces articles comme faux et captieux , extraits et tirez in véritablement de la confession de Jehanne la Pucelle. £t à ce procez , décernons et déclarons en jugement qu*il convient les lacérer, deschirer et mettre aii feu.

Ooltre plus , après que nous avons en toute diligence visité, veu et regardé les causes, aultres articles dudit procez, et principalement deux cboses , c*est à sçavbir qne les juges ont toujours prétendu chercher et affecté trouver fallacieuseflieat matière et occasion de la juger et condamner rechûë et récidîvée à son hérésie et idolâtrie, et qu'ils ont livrée entre les mains de ses ennemis les Anglois , et n'ont point voulu admettre et accepter les submissions» récusations et appellations d'tcelle, requérante eslre menée au Pape, se rapportant de son cas au Saint Siège apostolique, et ses escriptures être examinées , veues et visitées par les clercs de France; attendu aussi et considéré que frauduleusement et deceptieosement tirèrent d'elle une abjuration et renonciation, par force et violence , en la présence du bourreau, et en la menaçant de la faire brûler publiquement et cruellement ; par ces menaces et violente crainte, lui firent faire une cedulede abjuration et renonciation , laquelle Jehanne n'entendoit ne coguoissoit aucunement. Davanlaige , après que nous avons visité les traictez dessus dits , les raisons et opinions des docteurs de théologie, de droit canon et civil , données et respondues sur les crimes faulsement imposez à laditte Pucelle , et qui ne despendoient point de l'ordre et de la continuation du procez; veus d'autre part plusieurs points et articles elegaotement touchez, louchant l'injustice, nollité et non valeur du procez fait et mené contre elle, avec les honnestes déterminations , veridiques responses des docteurs soustenans justement le parti du noble roy de France , et remons- Irans Finnoceoce, la simplesse et humilité de la Pucelle, et au contraire la malice, cavi liât ion , injuste et desraisonnable sentence des juges, qui plus par vengeance que droite et équitable justice l'ont condamnée.

Noos estans à notre hault tribunal, ayant toujours Dieu devant les yeux , par sentence difQnitive, proférée et donnée en nostre chaire judicialle et hault tributial, nous dessusdits proferons, prononçons , décernons et déclarons que ledit procez et la sentence, pleins de fraudes, cavillations, iniquités, et du tout répugnant à droit et justice, tontenaut erreurs et abus manifeste : pareillement

l'abjuration predicte et toutes les faulses et iniques exécutions qui en sont précédées et ensuivies, doivent être cassées, adnullées, lacérées et destruites; et qui plus est, pour autant que justice et raison nous persuade et commande , les cassons, irritons, adnullonset évacuons de toute force , puissance, valeur et vertu; et sentencions et déclarons laditte Jehanne (que Dieu absolve) , ses frères et parens , acteurs et demandeurs , n'avoir oncq contracté ne encouru aucune tache ou macule d'infamie , à raison et occasion des prémisses; innoceus, incoulpables et exemps de crime et péché, lequel faulsement on imposoilà ladicte Pucelle.

Oultre plus, ordonnons intimation et exécution solempnelle et publique de nostre-dicte sentence estre faite incontinent et sans délais en ceste ville et cité de Rouen, en deux lieux : c'est assavoir l'un ce jourd'huy eu la place et cy metiere de SainC- Ouen , auquel lieu sera faite procession générale et sermon solempnel par un vénérable docteur en théologie ; et l'autre au viel Marché, où yra demain au matin la procession générale, et là sera fait sermon solempnel par un vénérable docteur en théologie : c'est assavoir en la place en laquelle ladite Pucelle fut cruellement et horriblement bruslée et suffoquée ; et après la solempnelle prédication seront plantées et affichées croix dignes et honnestes , en souvenance et perpétuelle mémoire de laditte Pucelle defuncte et tous autres trespassez, tant en cosle ditte ville de Rouen qu'en autres lieux de ce royaume là où nous verrons qu'il sera convenable et expédient, pour donner signe , mémoire et certification notable de l'exécution et intimation de nostre sentence. Et si aucunes choses sont encore à establir, ordonner et accomplir , nous les reservons à nostre puissance et disposition; et pour cause.

Celte présente sentence fut donnée, leuë et publiée par messieurs les juges dessusdits, en la présence de révérend pcre en Dieu Fevesque do Mans, Hector Cocquerel» Alain Olivier, Nicolas Du Bois, Jehan de Gouis et plusieurs autres : et fut fait au palais archiépiscopal de Rouen , Fan de grâce 1456 , le septième jour du mois de juillet. En ce point-là prononcèrent Jehan, par la grâce de Dieu archevesque de Reims, Guillaume, révérend père en Dieu , monsieur l'evesque de Paris , et Richard , par la grâce divine , monsieur l'evesque de Gonstauce (Coulances).

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AnàLTSB DB la notice générale, HISTORIQIIB BT CRITIQUE OBS MANOSCRITS CONCERNANT l'HISTOIRB BT LE PROCÈS OE JEANNE U'ARC, PAR L'AVBROY

( notices et extraits des manuscrits du Roi , tome III' ).

Procès de condamnation,

i* Proceitm Joanniê Puellœ^ n<* 59dS de la Bibliothèque royale, petit in-folio. (Latin, ancien

IMHCATIO:\ AINALYTIQUE DES DOCUMENTS,

fonds.)— Ce manuscrit est une grosse eu bonne forme du procès, délivrée par l'an des notairesgreffiers nommés par Tévèque de Beau vais. A la suile du procès se trouvent : une information •d'office faite après la mort de Jeanne , le procès d'an religieux qui avait mal parlé da jugement renda contre elle, deux lettres du roi d'Angleterre, une aux souverains de l'Europe, l'autre aux évèqaes, aux nobles et habitants des prlnci- 4)ales villes de France , et enfin deux Jettres de l'université de Paris , au Pape et ao collège des cardinaux. L'Averdy déclare ce manuscrit vraiment authentique.

2** La même expédition du procès en latin, avec les mêmes pièces , n<* 5966, petit in-folio de la Bibliothèque royale. (Latin, ancien fonds.)

d** Copie collationnée par les savants Piiliou et Petau , in folio n<* 180 (collection de Brienne, Bibliothèque royale). C'est une copie fort exacte de l'un des deux manuscrits précédents.

4° Procès de la Pucelle Jeanne^ n*' 5967, petit In-folio, de la Bibliothèque royale. — Ce manuscrit latin n'est qu'une simple copie , avec une table du procès.( Latin, ancien fonds.)

5^ n<* 5968, petit in-folio , Bibliothèque royale. — Ce manuscrit latin, qui a fait partie de la Bibliothèque de De Thoo , n'est également qu'une «impie copie. (Latin , ancien fonds.)

6° n<* 5969, petit in-folio , Bibliothèque royale. Même observation que pour les deux précédents manuscrits. (Latin, ancien fonds.)

Outre ces manascrifs deJa-Biblrothèque royale, L'Averdy en cite encore six autres qui se trou- -vaient, de son temps, dans des bibliothèques publiques oo particulières ; mais ce ne sont que des copies latines, non signées et non collationnées, du procès de condamnation.

Procès d'absolution ou de révision,

1« Processus juslillealionis Joannm d^Are.^w 5970, in-folio, de la Bibliothèque royale. (Lafin, ancien fonds). — Ce magnifique manuscrit contient la grosse en forme du procès de révision; c'est une expédition entièrement authentique. Elle est tout en latin, même les dépositions des témoins , à l'exception d'une seule qui est en français. On trouve à la fin du manuscrit un poëme latin en l'honneur de feanne d'Arc.

Les deax notaires-greffiers, rédacteurs de oe travail important, commencent par une longue préface, espèce de procès-verbal qu'ils ont continué dans l'expédition des actes du procès, comme des récits intermédiaires propres à en faciliter l'intelligence aux lecteurs. On y trouve quelques détails sur le procès de condamnation, et des renseignements préliminaires sur celui de révision, dont ils divisent les actes en neuf articles. Le premier renferme les suppliques des parties aux commissaires nommés par le Pape, les citations ordonnées par les juges, et les exécutions qu'elles ont reçaes. Le deuxième contient lesîn- | formations préambvlaires, faites par le cardinal

d'Estouteville, archevêque de Ronen , en 1453, et par ceux qu'il avait chargés de les continuer; ce que les greffiers-rédacteurs appellent les premières assignations* Le troisième, qu'ils appellent les secondes assignations , présente les réquisitions du promolear contre les héritiers et exécuteurs testamentaires de Pierre Caarhon, évèque de Beauvais, contre le vice-inqaisileur Jean Lemaltre , etc. Le quatrième contient les articles sur lesquels les témoins devaient être examinés. On trouve, dans le cinquième, les informations faites par les commissaires à Vaucouleurs, à Orléans, à Paris, à Rouen et ailleun;. Le sixième est composé des articles des procédures relatives aux témoins, et de tout ce qui a été produit au procès. On voit, dans le septième, les conclusions et les moli& de droit des demandeurs et du promoteur. Le huiiièwke offre les traités rédigés dans Tafiaire par des prélats, des docteurs et antres. Enfin le neuvième est le jugement définitif qui fut^rendu sur le tout.

2*" Processus Pueilœ Aurelianensis, ïtk4o\,^ II. 10, de la Bibliothèque royale (collection de Notre- Dame). — Ce manuscrit latin vient originaîreroent de la bibliothèque du chapitre de Notre-Dame de Paris. C'est également une expédition très aotheulique du procès. de révision, et L'Averdy présume que c'est celle qui fut^remise à l'évêque de Paris, comme ayant été un des joges, ce qui en double le prix.

3» Procès de Justification de la Pueelh , 1456 , Bibliothèque royale, n<* 181, in-fol. (collection d« Brienne). C'est un extrait exact et bien fait du grand manuscrit que nous avons cité en premier lieu (n"" 5970). Le copiste a retranché ce qui ne concernait que les formes des procédures; il a abrégé quelques dépositions assez inutiles, et retranché une partie des traités des docleont. Il a soin, au surplus, non senlement d'indiquer ce qu'il omet, mais même d'en faire counattre l'objet. A la tête de ce manuscrit se trouve une pièce qui mérite quelque attention ; c'est une espèce de préface en français , qui commence ao premier feuillet sous ce litre : Argumemi du procès , tant de la corulamnation qtte de la jusUfica" tion de Jeanne la Pucelle. Le style et l'ortographe de cette pièce prouvent qu'elle n'est pas de l'aateur de la compilation do procès; elle semble avoir été composée à une époque assez prochaine du procès de révision , quoique postérieare à la mort de Charles VII. Cet argument contient quelques détails assez remarquables ; il finit par on extrait du jugement définitif d'absolution , do 7 juillet 1456.

Ces trois manuscrits sont les seuls complets on authentiques. L'Averdy cite encore six manuscrits de bibliothèques publiques ou partieolières; mais ils ne sont point authentiques, et quelquesuns sont défectueux.

Histoire de Jeanne d*Arc,

i" Histoire de la Pucelle d'Orléans^ par Edmond

POUA SBBVIA À l'UISTOIBB DB JEANNB D'àBC.

Richer Y syndic de la faenlté de Théologie (1628) , gros io-fol. , p. 2S5 , de là Biblioihèqoe royale (colleclioQ FoDlaoieo). Noos avons parlé de cet oQvrage dans noire notice sor Jeanne d'Are.

2* L'Averdy passe ensnite à un mannscrit français, petH in-folio qui appartenait de son temps à la biMiothèqne de Rohau-Soabise, et qoi actoellement se trouve â la Bibliollièqae royale. Cest une copie non coUationnée et sans signature ; mais on ignore si c'est une copie entière , ou l'extrait d'un ouvrage original. Du reste , quel qu'en soit l'auteur, ce travail, tur le proeèê de Jehanne la Pueelle^ a été composé sur de bons matériaux et renferme des pièces intéreesante», dont Lenglet-Du/resney a fait Imprimer quelques-unes dans son histoire de Jeanne d'Arc. L'auteur du manuscrit ne donne malheureosement aucune indication sur les autorités et sur les titres dont il s'est servi. Son style a la tournure d'une traduction do latin, eicepté dans les réponses de Jeanne, qui paraissent avoir été copiées dans un ouvrage français. Au folio 21, l'aoleur commence â attaquer le procès de condamnation , et à ce sujet il pose une foule de questions; mais comme il n'en résout aucaoe, il est probable que ce fut un mémoire destiné à une consultation. On trouvé à leur suite des pièces du plus haut intérêt (des dépositions, des informations au sujet du procès de la Pucelle, etc.), qui ont été probablement traoscriles pour servir de preuves à l'appui do mémoire. Ce travail est antérieur aux procédures du cardinal d'Estouteville ; il a été composé dès l'époque de la soumission de Rouen à Charles Vll> et L'Averdy pré- Mime que : «ce manuscrit est un extrait fuit poar mettre le roi et son conseil en état de se déterminer sur le parti qu'il convenait de prendre, eo du. moins que l'auteur a dressé son ouvrage (ior anjde ceux qui furent composés pour cet objet et que nous n'avons plus. » Peut-être est-ce le travail on du moins l'extrait du travail d'Amelgard qui dédare avdr coopéré, en 1453, â l'examen do |>roeè8de condamnation? C'est ce qui ajoute un Dooveau prix à ce manuscrit.

Le savant académicien cite ensuite cinq manuscrits eoocemant également Ta Pucelle d*Orléans, et qui se trouvaient de son temps dans diflérentes bibliothèques départs; mais lés quatre premiers sont peu intéressans. Le cinquième est un très gros voluffne écrit sor parchemin-vélin de toute beauté, i|ui se trouvait an dépét des chartes et^ monumens liisloriques, à la place Vendôme , en 1790, et qui est actuellement à la Bibliothèque royale (fonds Noire-Dame). Ce manuscrit , qui a appartenu â Honoré dUrfé et à Pevret de Fontetto, contient probablement la copie d'une grande partie de la minnte firançalse du procès de condamnation. C'est ce qu'a exposé L'Averdy dans une dissertation insérée dans le tom. Ill""* des notices et extraits des manuscrits du roi. 11 ajoute que si on ne peut pas parvenir à retrouver la minute française, la copie de ce manuscrit peut y suppléer en quelque sorte.

3" Pluileun trailéi en faveur de Jeanne d'Arc^ appelée eammunémenfla Pucelle d^Orléam^ In-fol., Bibliothèque royale, n*" 5970 biÉ- (latin, ancien fonds). Ce recueil se compose des copies de trois manuscrits découverts à la bibliothèque du Vatican, tandis qu'on recherchait vainement la minutefrançaise du procès de condamnation de Jeanne d'Arc, et envoyée à Paris par le cardinal de Bemis en 1787. Le premier contient une consultation pour la défense de Jeanne d'Arc-, et un sommaire* de tout ^e procès de condamnation. Ces deux travaux, écrits en latin, sont de Théodore de LeliU^ auditeur du palais pontifical. Dans le deuxième manuscrit se trouve : Joatma Âurelieneis , vulgo dieim la Pucelle, proceseue. C'est une collection de pièces relatives à la défense de Jeanne d^Arc. L'une d'elles est le mémoire sur lequel ont été rédigées les consultations. L'Averdy pense que ce doit être celui que Charles VU aVait' fait composer. Le savant académicien conclut de ces deux manuscrits > qui contiennent une foule de pièces relatives au procès de la Pucelle et écrites par ordre du roi de France, que ce prince ne fut pas aussi insouciant qu'on le dit , do moins sur ce point, et qu'il sut venger la pauvre fille dont les exploits l'avaient remis sur le tréne. Le 3^ manuscrit renferme quatre pièces assez curieuses , qui donnent une idée de l'esprit publio au temps de Jeanne d'Arc , car elles ont été composées, après le siège d'Orléans^ par quatre théologiens , dont au moins le premier , suivant tontes les apparences, n'était pas Français. IX'après les idées fondamentales da moyen-âge, tous les partis étaient convaincuSr que Jeanne était une prophétesse, une jeune vierge inspirée : mais était-elle animée par l'esprit de Dieu ou par le démon ? Les Anglais et leurs partisans^prétendaient qu'elle était l'esclave du diable; leurs adversaires soutenaient que c'était Dieu lui-même qui la faisait agir. C'est cette opinion que soutiennent les quatre auteurs dont les mémoires sont contenus dans ce manuscrit. Leurs raisonnements sont plus ou moins singuliers, et l'un d'eux a recours à l'astrologie judiciaire pour justifier la Pucelle. a C'est avec raison » que ces traités ont été mis à la Bibliothèque du » Roi , parce qu'ils font preuve des opinions alors T^ reçues parmi les hommes, des effets qu'avait » produits sur les esprits l'arrivée de Jeanne » d'Arc, et en même temps du genre dégoût » qui régnait dans lecommencementdu XV.* slè- » cle; ils peuvent même être bons à consulter, à » ce titre , par les écrivains qui s'occupent de la » décadence et du progrès des opinions hunud- » nés, pendant 'le cours des différents siècles , ». dans les différents pays. »

L'Averdy cite ensuite un manuscrit de la bibliothèque du chapitre d'Orléans, qui contient la chronique et le procès de Jeanne d'Arc. Ce manuscrit, auquel il ne parait pas donner une grande importance, se trouve actuellement à la Bibliothèque d'Orléans, sons le n"* 411, grand in-i"*.*^

INDICATION AlfALYTIQUK DES DOCUMENTS,

11 a élé légoé, en 1824, par l'abbé Dubois, théologal de réglise de cette ville, el il est imprimé en parlie dans le 34« vol. de la oolleclion de M. Ba* choo, avec des noies do savant abbé, et une dissertation dans laquelle il prouve que ce manuscrit contient la minute française du procès de condamnation; elle n'est cependant pas encore complète (nous en avons donné plus liant on long extrait). Ce manuscrit renferme : i** une bbtoire abrégée de la Pucelle jusqu'au sacre de Charles YII; 2° les préliminaires de son procès; 3*> la minute française de ce procès jusqu'à la deuxième sentence de condamnation inclusivement ; 4*" l'information qui a été (ait'e après la mort de la Pucelle , pour justifier sa condamnation; 5** la lettre du roi d'Angleterre écrite â tous les évèques , ducs , comtes, etc., pour le même objet ; 6° on abrégé du procès de révision; la sentence d'absolution y est entière. Ce manuscrit est sans nom d'auteur, et l'anonyme dit l'avoir écrit par ordre de Louis XII, et à la prière de l'amiral de Graville.

Nous terminerons cette analyse par l'indication d'un manuscrit latin peu connu, qui se trouve â la bibliothèque de la chambre des députés (n°B, 5059, —Tome 570), et que M. Beochot a bien voulu nous communiquer. Il forme un grand et large in-4% assez bien conservé , relié en parchemin, et composé de 120 feuillets. C'est une grosse en bonne forme et authentique du procès de condamnation; il est paraphé au recio de chaque feuillet. L'écriture en est fort négligée, mais on trouve à la marge l'Indication des principaux faits, ce qui facilite singulièrement les recherches.

Après le titre, qui est ainsi conçu : In nominê Domini, amen, Ineipii ffro€e$su$ in cauià fidei cofitrà qwmdam quamdam mulieremJokannam, vulgariter dietam la Pucelk^ viennent quelques préliminaires, donnés par les greffiers-rédacteurs, où l'on trouve des pièces fort intéressantes : 1* une lettre de l'Université de Paris au duc de Bourgogne, pour demander avec instance le procès de Jeanne d'Arc (en français) ; 2* une lettre de la même Université à Jean de Luxembourg , pour le même motif (également eu français) ; 9° lettre de frère Martin , a mattre en théologie , et vicairegénéral de l'inquisiteur de la foy du royaume de France, » au doc de Bourgogne, en français, et pour le même motif que les deux précédentes, donnée à Paris , sous U seel de V office de la sainte inquisilion^ l'an 1430, le 25* jour de may ; i^ requête et sommation de l'évêque de Beauvais au duc de Bourgogne, à Jean de Luxembourg et au bâtard de Vendôme , pour réclamer la pucelle â sou tribunal (en français) ; 5» lettre de l'Université de Paris à l'évêque de Beauvais , pour accélérer la mise en accusation de Jeanne d'Arc (en latin) ; 6« lettre des membres de l'Université de Paris au roi de France et d'Angleterre , leur très redoublé el souverain seigneur el père^ pour le fé-

liciter de la prise de la Pucelle , et le prier de hâter la marche du procès; escriplàParis en nostn congrégation générale solennelmeni célébrée à Saml Malurin^ le 21* jour de novemlnre, l'an 1490, i?o«tre très humble et dévoie fille y r Université de Paris ; J"" lettre du roi d'Angleterre , datée de Rouen, le 3 janvier 1430, poor annoncer à tout venant la mise en accusation de Jeanne d'Arc (eo français); Sf enfin, cinq lettres ou mandemefis des juges, écrites en latin.

Les greffiers- rédacteurs passent ensuite au séances préliminaires, et ils nous donnent le texte des pièces officielles du procès, avec leor date précise. C'est au feuillet 13 verso que commence l'interrogatoire en forme ; il est rédigé jour par jour; les séances sont indiquées par on tfam, et désignées de plus à la marge. Quant aux réponses de Jeanne, elles sont reproduites en latin; â la page 93 verso , nous trouvons une lettre fort curieuse de rUniversilé de Paris au roi d'Angleterre ; elle le remercie de sa coopération au procès, et le prie que cette affaire aille à fin brie fvement , car en vérité la longueur et dUatùm est très périlleuse , el si est très nécessaire eur ce notable et grande réparaeion. En sorte que le peuple qui par icelle femme a esté moult scandalieé , soif réduit à bonne et sainete doctrine et crédulité.,., H' jour de may ^ Van 1431. A la suite se trouve eucore une lettre de l'Université pour le même motif, adressée â l'évêque de Beauvais , avecl'extrait des délibérations des clercs, des membres de la faculté de Ttiéologie, et de la faculté des Décrétâtes. La fin du procès est fort complète; nous y trouvons, au verso du feuillet 102, on réquisitoire contre la Pucelle ; il fut prononcé en français (verbis gallieis) , mais il n'a été transcrit qu'en latin. Un docteur adressa ensuite en français un discours â Jeanne pour l'engager à se repentir; il ne nous en reste également qu'une traduction latine. Le manuscrit est terminé par trois pièces originales qui complètent Thistoire do pro* ces de condamnation : 1» la lettre du roi d'Angleterre è l'empereur et aux autres souverains, après la mort de la Pucelle; 2* une seconde lettre du même aux comtes , nobles, prélats do royauae de France; S"" enfin la lettre de l'Universilé de Paris an Pape et au collège des cardinaux.

Ce manuscrit est paraphé et signé, en bonne et due forme , au feuillet 112, verso^ et on y voit aa même endroit la traoe de deux grands cacbels rouges , nouvelle preuve de son authenticité.

OCO

Analyse o'cnb nissBiiTATioN sua usn iiinAïuB n PLOMB nu jnANNB o'âbc , par M. G. RoUin, de Guise ; extraite d'une Vie inédile de la Pucelle.

( Revue de la Numismatique française, 1. 1, u*6.)

Les arts nous ont laissé peu de DMNiumeots en rhouneur de Jeanne d'Arc. Le premier, construit

POUA SfiAVlA A l'uISTOIAE DE J£AM^E d'AAC.

sur le pool d'Orléans, aux frais des femmes de la ville, vers 1458, fat détruil par les hagaenots Tan 1562; ayant élé reconstrait dix ans après, il fot de nouveau renversé en 1793. Le deuxième est une stalue en pierre blanche, érigée dans l'église de Domremy, probablement la même année, (1481}; que les trois écussons qae Ton voit encore sur la porte d'entrée de la maison paternelle des Âre~durlys, Montaigne dit avoir vu la façade de eetle maison couverte de vieilles peintures concernant les gestes de Thérolne. Le troi- Mème monument était une statue placée à la tin do XVI'siècle dans la cathédrale de Toul , sur le modèle de la précédente, et qui n'existe plus. Le quatrième fut élevé à Rouen, au XVII« siècle, et lofflba en ruines en 1745. Enfin le cinquième et dernier, car nous ne mentionnons pas les statues érigées sous Fempire et sous la restauration, fut une médaille de bronze frappée en Lorraine au commencement du XVII* siècle, sans doute à la même époque que deux autres rapportées aussi dans la France métallique. La mention d'une médaille en plomb de Jeanne d*Arc, nouvellement découverte, nous semble intéressante et digne d'attention.

L'article 23 de l'acte d'accusation, dans le procès^de la Pucelle , reproche à cette héroïne, non seulement de s'être laissé adorer , à Tinstar des plus grandes saintes , après la vierge Marie , et d*avoir fait exposer ses images dans les églises , mais encore d*avoîr souffert que plusieurs perlassent son effigie , soit en plomb , soit en autre métal, comme des reliques et des amulettes. La médaille dont nous donnons le dessin , d'après celai de M. Roliin , confirme ce fait curieux, et prouve quel enthousiasme les partisans de Jeanne avaient conçu pour elle.

On dislingue sur le droit de cette médaille le buste en face d*une femme, qui paraît vêtue d'un manteau , avec une coiffure disposée en arceaux et terminée par de larges orcillèresd laDénin^ telle qu'on la porlait alors. Jeanne d'Arc, il est vrai , est toujours représentée dans nos chroniques avec une cuirasse et un casque , et les cheveux même plus courts que les hommes n'avaient coutume de les porter ; mais on connaît la répugnance universelle à cette époque pour tout déguisement du sexe , et il n'est donc pas étonnant que les scrupuleux partisans de la Pucelle eussent à cœur de nier sur ce point sa culpabilité. Nous devons regretter vivement que le droit soit tellement endommagé qu'on ne puisse distinguer les traits de la femme qui s'y trouve représentée. Quant au revers de la médaille, il est facile d'y voir une épée en pal (en pieu), avec une fleur de lys de chaque cêté ; on sait que le blasou accordé par Charles VU, le 14 décembre 1429, à l'illustre famille de Domremy, se composait : « d'une épée » d'argent en pal, la pointe férue dans une con- » ronne, sur champ d*azur, et flanquée de deux » fleurs de lys d'or. »

La grossièreté du dessin , peu avancé à cette époque d'ignorance et de calamités, prouve encore l'authenticité de la médaille de M. Roliin , dont il fixe la date entre le 1" décembre 1429 et le 28 mai 1430, c'est-à-dire pendant la toute^puissauce de la Pucelle d'Orléans.

id^ea

HISTOIRE D'ARTUS m,

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