‹ Les mémoires de Messire Oliver de La MarcheChapitre 70 sur 157 · XX> CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

XX> CHAPITRE XXX

Ensuyvent une partie des vosus, que firent le tresnoble et tresredouté prince Philippe^ par la grâce de Dieu duc de Bourgongne, de Brabant^ etc., et plusieurs autres grands signeursy chevaliers y et gentils-hommes y l'an 1453 ; et premièrement le vcsu d'iceluy prince.

« Je voue tout premièrement à Dieu, mon

créateur, et à la glorieuse Vierge Marie sa mère, en-apres aux dames, et au faisan, que, si le plaisir du treschrestien et tresvictorieux prince, monsieur le Roy, est de prendre croisée, et exposer son corps pour la deffense de la foy chrestienne, et résister à la daronable emprise du grand Turq et des Infidelles, et si lors je n'ay loyale ensongne de mon corps, je le serviray, en ma personne, et de ma puissance, audict sainct voyage, le mieux que Dieu m'en donnera la grâce : et, si les affaires de mondict signeur le Roy estoyent tels, qu'il n'y peust aler en sa personne, et son plaisir est d'y commettre aucun prince de son sang, ou autre signeur, chef de son armée, je à sondict commis obeîray et serviray, audict sainct voyage, le mieux que je pourray, et ainsi que si luy mesme y estoit en personne. Et, si pour ses grans affaires il n'estoit disposé d'y aler, ne d'y envoyer, et qu'autres princes chrestiens à puissance convenable emprennent le sainct voyage, je les y acompaigneray, et m'empleyeray aveques eux à la deffense de la foy chrestienne, le plus^vant que je pourray : pourveu que ce soit du bon plaisir et congé de monsigneur le Roy, et que les pais, que Dieu m'a commis à gouverner, soyent en paix et seureté. A quoy je travaille* ray : et me mettray en tel devoir de ma part, que Dieu et le monde congnoistront qu'à nioy n'aura tenu, ne tiendra : et, si durant le sainct voyage je puis par quelque voye ou manière que ce soit, savoir, ou oongnoistre, que ledict grand Turq ayt voulonté d'avoir à faire à moy, corps à corps, je, pour ladicte foy chrestienne, le combattray, à Faide de Dieu tout puissant, et de sa tresdouce Vierge mère : lesquels j'appelle tous- • jours en mon aide. Faict à l'isie, le dixseptiéme jour de février, l'an de rincarnation de Nostre Signeur, 1453, signé de ma main.

Philippe. »

Le vœu de monsieur de Charolois.

a Je vovîe à Dieu mon créateur, et à sa glorieuse mère, aux dames, et au fkisan, que, si mon tresredouté signeur et père va au sainct voyage, ainsi qu'il entreprend, et le désire d'acomplir, et ce soit son plaisir que j*y voise aveques luy, que j'y Iray, et le serviray au mieux que je pourray, et sauray faire. »

Le vœu de monsieur de Cléves.

« Je voue aux dames et au faisan, que je serviray monsieur mon oncle, s'il luy plaist, en cas que les affaires de mon pais le puissent porter. ».

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