‹ Les mémoires de Messire Oliver de La MarcheChapitre 76 sur 157 · SIC · texte numérisé non relu

SIC

HBMOIAES D OLIVIER DB LA MARCHE

de France pratiqua les Anglols si-ôubtilemeut et par telle niaaiére, que inoyenpant trente six mille escus que devolt payer chacun an le roy de France an roy d'Angleterre, il fut content de s'en retourner : et ainsi fut celle descente abolie et mise à néant.

En ce temps le duc de Bourgongne mit sus douze cens lances : et fnsmes envoyés, messire Jaques de Montmartin, le bastard de Viévile, capitaine des archers, et moy, pour passer les reveues des hommes^'armes, et archers, qui se presenteroyent, en icelles ordonnances : et en trouvasmes assez et largement, et de gens-debien : qui furent retenus et passés : et me fit le duc oest honneur, qu'il me fit capitaine de la première compaignie d'icelles ordonnances : et pour la seureté de la vile d'Abbevile, que le slgneur des Cordes avoit nouvellement conquise, il ordonna trois cens hommes-d'armes : et entrèrent en celle vile : à sçavoîr le bailly de ^ainct-Quentin, messire Jaques, signeur de Harchies, et moy : et, pour le vous donner à entendre, chacun homme-d'armes et chacune lance d'icelles ordonnances estoyent huict combatans : à Bçavoir rhommed'armes, le coustillier à cheval, deux archers, deux coulevriniers, et deux piquenaires à piè : et faisoit les compaignies moult-beau voir : et ainsi fusmes nous logés à Abbeville : où nous entretinsmes noz gens en sibon ordre, et en telle discipline de guerre, que nous eusmes plus d'honneur que de honte : et en ce temps nous oourusmes le pals de Vimeu, et ramenasmes grand butin en la vile : et mesmement nous oourusmes Gamaches, et Loupy : et prismes le signeur de Loupy et ses enfans prisonniers : et, au regard de Gamaehes, elle fut pillée et brulee : pource que le mareschàl Joachin Rouaut s'estoit bouté à Beauvais coatte monsieur de Bourgongne : qui mit le si^ devant Beauvais, comme vous orrez.

En ce temps se traittoit le mariage de monsieur de Bourgongne, et de madame Marguerite d' Yorch : et, pour ce faire, ftirent longuement à Bruges, et devers le duc un evesque d'Angleterre, nommé l'evesque de Salsbery, et Thomas Vagant, un gentilhomme, serviteur du roy d'Angleterre, né de la nation de Galles, et treshomme4e-bien : et tant traitèrent iceux ambassadeurs, que le mariage fut fait et eondu : et se partirent, pour retourner en Angleterre devers le Roy, pour faire leur raport.

Page 1