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LA CELLULE DU PÈRE MONSABRÉ

Contre les murs du préau, s'étalaient cinq vieux plans très curieux de notre cher Paris, à cinq âges divers, et une gravure du Jugement dernier telle qu'on en rencontre chez quelques curés de village. Il va sans dire qu'en profane que je me vante d'être, je n'ai pas manqué de donner un regard de pitié à cette pauvre femme adultère qu'un diable tient pendue parles bras pendant qu'un autre la fait asseoir sur une torche enflammée. Quant aux murs, ils s'étaient sans doute engagés à ne jamais être humides ; toutes ces gravures étaient intactes.

Après avoir pris la porte de droite, on se trouvait dans un grand réfectoire qui donnait sur un plus petit. Dans le premier, jamais morceau de viande ni bouteille de vin ne sont entrés. Ne dites point que vous eussiez préféré vous asseoir à la petite table de l'autre. Il s'appelait le réfectoire des infirmes.

A gauche, c'était le parloir où les Pères recevaient leurs visites. Pas d'autres meubles qu'une table et des chaises des plus ordinaires.

Mais évoquons le passé. Reconstruisons tout ce couvent détruit.

Quelle est cette salle solennelle, aux voûtes ogivales, aux sièges de chêne? Chut! c'est le Chapitre. C'est là que les Dominicains étudient leur doctrine, sous les yeux de Thomas d'Aquin

lui-même, dont la vie a été reproduite sur les murs par le peintre Gharlet. Mais les figures des Frères, contemporains du saint, ont été remplacées par celles des Frères actuels.

Le Chapitre donne sur la chapelle particulière. Au milieu est l'harmonium que fait chanter pendant les offices le Père Monsabré. Vous avez bien lu. Oui, l'orateur sacré est aussi un musicien distingué.

Savez-vous que cela ne doit pas être amusant, de venir toutes les nuits, à trois heures du matin, s'agenouiller sur ces dalles froides? Après cela, vous me direz que les Frères ont choisi cette vie-là pour ses mortifications mêmes.

A certains moments, les rideaux drapés derrière l'autel roulaient sur leurs anneaux, et la chapelle communiquait alors avec la petite église Saint-Jean-de-Beauvais, ouverte au pubhc.

Cette église, très johe, était un souvenir du xiv^ siècle. C'était la seule partie ancienne de ce couvent, devenu on ne peut plus moderne, puisqu'il avait été reconstruit en 1869.

Les Frères étaient très fiers de leur église, la dernière peut-être où on eût encore un écriteau portant ces mots : « On est prié de ne pas cracher par terre par respect pour le saint lieu. »

Mais la cellule ? Pour s'y rendre, il fallait monter. Le couvent avait trois étages; dans les

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