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AMNISTIE GENERALE

ARTICLE PREMIER. — Tous les forçats employés à la Taverne du Bagne du boulevard Glichy sont amnistiés.

Art. 2. — Leurs droits civils et politiques leur sont rendus.

Art. 3. — Il appartient à la Société de s'occuper des forçats libérés afin qu'ils ne retombent pas dans le MALHEUR.

Leur repentir et leur bonne conduite ont permis au directeur du Bagne de les placer ainsi qu'il suit :

N"* 47 Valet de chambre chez le duc de Mac-Mahon.

49 Introducteur chez Sarah Bernhardt.

51 Cocher chez M. Jules Ferry.

69 Piqueur chez la prin-

cesse Mathilde.

70 Contrôleur au Théâtre-

Français.

N°s 71 Garçon de bureau au Ministère des Beaux- Arts.

81 A 'a buvette de la

Chambre.

93 Facteur de journaux au Cri du Peuple.

117 Le perruquier du Bagne au Figaro (conservera son emploi).

Ces libérés seront remplacés par d'autres forçats arrivés de la Nouvelle-Calédonie, et actuellement en villégiature à Mazas.

Les Ratapoils ont été choisis parmi les anciens Municipaux de 1851.

Fait il Paris, le 8 FéTricr 1886. Par ordre : le gérant du Bagne, ClilOURIMUjUE.

Approuvé : le directeur du Bagne, Maxime LISBONNE SOUPE CANAQUE, GOURGANE DE TOULON et BADINGUET, TOUS LES SOIRS à 11 HEURES

Les ratapoils étaient de beaux messieurs en redingote, ayant sur le chef un chapeau haute forme. Au-dessus de celui-ci planait un aigle empaillé dont le bec tenait un morceau de lard.

Par moments une dispute s'engageait entre un ratapoil et un forçat.

Pure comédie, on s'en doute.

Cinq ou six forçats se jetaient sur le ratapoil, s'en emparaient et le poussaient sur un petit théâtre simulant une forge; ils le couchaient de force sur un banc et lui mettaient les fers aux pieds.

C'était la revanche de l'opprimé.

Malgré la répétition fréquente de cette scène, le Bagne de Belleville fut loin d'avoir le succès de celui de Montmartre.

Aussi Lisbonne, habitué à voir la foule autour de lui, créa-t-il, dans un quartier moins lointain, près des Halles, une troisième taverne.

Et Paris eut encore à s'amuser d'une nouvelle affiche :

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