MADAME DIEULAFOY
gnée seulement de son mari et des deux autres membres de la mission, MM. Babin et Houssay, traverser des tribus dangereuses, particulièrement celle des Beni-Lam, entre les mains de qui la petite troupe serait certainement restée sans la supériorité de ses armes.
Il est vrai que l'exploratrice n'en était pas à ses débuts militaires. Mariée en mai 70, à l'âge de dix-sept ans, elle a fait avec M. Dieulafoy, alors capitaine du génie, la campagne de France.
Depuis quelques années déjà, M. Dieulafoy est chevalier de la Légion d'honneur. Le Ministre de l'instruction publique a estimé que le zèle, le courage et la science de sa principale collaboratrice méritaient récompense égale. Aux applaudissements de tous, il a remis à l'exploratrice les insignes de la Légion d'honneur.
Le Journal officiel du lendemain a publié le décret suivant, rendu par le Président de la République :
« M'"'' Dieulafoy (Jeanne-Rachel-Paule Maigre) est nommée chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur. Mission de Susiane, 1881- 1886; découvertes et travaux archéologiques. »
Avant de se rendre en Susiane, le nouveau chevalier avait déjà exploré toute la Perse. M""^ Dieulafoy possède non seulement la langue.
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mais encore les idiomes du pays. C'est ainsi qu'elle a pu, en Susiane, engager quatre cents ouvriers, soit Arabes, soit persans, qui, sous ses ordres, ont creusé le sol et recueilli les mille objets qu'elle a rapportés : pans de murailles, lions émaillés, taureaux gigantesques, cachets, Yases , pierres gravées, inscriptions cunéiformes, etc.
Les frais de la mission de Susiane s'élèvent en tout à cinquante-trois mille francs. Or, les deux cent quatre-vingt dix-sept pierres gravées qu'elle a données à l'Etat valent, au prix marchand, soixante mille francs.
Quant aux guerriers, grandeur nature, quatre seulement d'entre eux ont été estimés par M. Feuardent, l'expert si connu, un million tout net.
D'après l'ensemble des renseignements fournis directement par les fouilles et par les inscriptions, ces bas-reliefs émaillés proviennent d'un palais bâti par Darius, détruit par Xerxès, reconstruit par Artaxerxès.Les décorations murales qu'on peut voir maintenant au Louvre appartenaient au premier palais.
Ceux qui croiraient qu'une exploratrice quia bravé ainsi les climats, les agressions continuelles et qui, pendant cinq ans, a vécu sous la tente, en plein désert mal hanté, est au