‹ Les memoires de ParisChapitre 31 sur 48 · LES VIEILLES LUNES · texte numérisé non relu

LES VIEILLES LUNES

des décrets qui précèdent, secouant entre ses doigts les douze flèches, disait maintenant à une grande blonde à tapage :

— Si madame voulait essayer? Je lui jure qu'il n'y a rien de plus amusant...

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Les Couveuses d'enfants

Un fait assez rare s'est produit le 8 février 1888, à la Clinique d'Accouchement, 89, rue d'Assas. Une pensionnaire, Marie Jarousse, a mis au monde, un mois avant terme, trois enfants : deux filles et un garçon.

Un enfant, né normalement, pèse de 3,000 à 3,500 grammes. Les trois enfants de Marie Jarousse ne pesaient guère ensemble plus qu'un garçon bien constitué. Il y a huit ans, aucun de ces pauvres petits n'eût vécu seulement dix minutes ; mais, en 1880, les éminents professeurs de la Clinique eurent l'idée de faire, pour les enfants, ce qu'on fait pour les poussins. Ils construisirent une grande caisse dans laquelle arrive , par des tuyaux , une chaleur presque égale à celle du sein de la mère. Au milieu de cette caisse, sont placés, sur une planche, les

paniers pleins de coton dans lesquels sont couchés, tout nus, les enfants.

Encore trop faibles pour téter, on les gave à l'aide d'un petit appareil en caoutchouc.

Telle fut la première couveuse inventée, mais on croit avoir tout dit sur l'amour maternel. Écoutez encore : A mesure que les enfants devenaient forts, les mères dépérissaient. Ils promettaient de vivre, elles mouraient, se demandant ce qu'on faisait de leurs bébés, angoissées de se dire qu'on les traitait comme des animaux. Le professeur Tarnier, les 'agrégés Chanlreuil et Budin, qui, ayant fait paraître ensemble sous le titre : « Allaitement et hygiène des enfants nouveau-nés » un livre à l'usage des mères, comprennent les inquiétudes de celles-ci; aussi ont-ils renoncé à la couveuse générale qu'ils n'emploient plus que quand il y a urgence. Ils ont fait un certain nombre de petites couveuses dont chacune est placée auprès du lit de la mère. Le couvercle de la boite est en verre. Penchée sur l'oreiller , la mère suit les mouvements de son enfant qu'on ne sort de la couveuse qu'aux heures du gavage, qui s'opère dans une pièce voisine.

Près du lit de Marie Jarousse sont deux couveuses. Les petites filles, si menues, sont dans

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