II
€0mxmt U0 Jttm^i i^int Tin ^manti^^
Lorsque Luizzi approcha de T horloge où il devait retrouver Laura y il fut obligé de percer un groupe assez nombreux de jeunes élégants qui se pressaient autour de deux femmes qui les accablaient de railleries ; Tune déciles se tourna vers lui , c'était madame de Farkley.
Laura s^empara rapidement du bras d^Ar-
mand et perça le cercle dont elle était entourée. On lui fit place avec cette courtoisie moqueuse qui respecte la femme parce qu^elle est femme, mais qui montre en même temps que le res* pect ne s^adresse qu^au sexe et non pas à la persojtne. Armand et madame'dë Farkley étaient à peine à quelques pas du groupe , que celle-ci lui dit d^un ton languissant :
— Vous êtes monsieur de Lui^zi , n^est-ce pas?
— Oui, madame.
— Vous arrivez de Toulouse?
* — Oui , iHadàme. *
— C'est vous que j'ai eu le plaisir de voir chez madame de Marignon ?
— Oui, madame.
•— Mais savez-vous bien , monsieur, que vous avez été précédé ici par une réputation colossale?
— Moi, madame? et à qnel titre, mon Dieu?
Je suis Phomnie lé 4)lus obscur de France.
— Obscur, parce que vous êtes discret , monsieur ; car il vous est arrivé , ditK>n , - des aven-
tares qui auraient suffi pgw mettre un homme à la mode; si elles n^étaient datées de Toulouse.
— En vérité^ madame, je n^ai aucune envie de me rappeler le passé quand je suis près de vous.
— En vérité, monsieur, vous êtes ingrat eijvers le passé; car on m^a assuré qu^il est difficile de rencontrer une personne plus complé* temént belle que cette pauvre marquiscflpii^yâl, et une femme plus charmante que la petite marchande, madame... madame... comment Tappeliez-vous?
— Je puis vous jurer que ces souvenirs n'ont rien de bien flatteur, et que, ne fussé-je pas près devons, je voudrais encore les oublier.
— Voilà' qui est mal, monsieur, et voilà en quoi les hommes manquent tout à fait de justice et de générosité. Je ne pense pas qu'une liaison doive être éternelle ; qu'un homme que des
intérêts graves , une grande ambition, peuvent entraîner loin d'une femme qu'il a aimée, doive ^ lui garder une inaltérable fidélité d'amour; c'estimpossible : mais du moment qu'il ne l'aime
â46 LESîatÉIifOI^ES
plus pu qu'il eu ^t oèMu^^qu'iLse h$6^ fonennwÀ ou aop détrfiG^ I VQilà c^qui ii)açeipb{e odieux et méprisable.
— Yoilà des €ïimea dout.jje ne suis pas çqu*^ pable du moins y dit I^uizzi y et je vous prot^iste que personne ne professe un plus profopd respect pour les deux femmes doQtv(His ye^^? dQ parler.
-^^ÊÊà voici une autre jsorte de ridiç^lie $ reparut madame de Farkley y en se jetant dauç^ ment eu arrière pour s'appuyer , ei]^uite plua doucement sur le bras de Luiz^i, et lui fairQ sentir ce.tte frêle élasticité de son corps qui Si^ pliait et ft^ twdait à chaque pas pair ua mouvwiepi d' un abandon et d'une volupté indicibles.
— ' Que voulez^vous difo, madame^ unatiutre swt^ deridioule ? y en a-lrU donc à r^^pecter des fâsimes qui méritent de Tétre ?
Madame de Farkley sepenohav^rsLuizii de^ manière à ce que ses deux bras fussent passés dans le Âaai^ et marchant ainsi , la poitrine ap-> puyée à son épaide y die lui dit presque dans l'oreille:
MINABLE. 2fr
^ '^ VoQ» étés un enbnt ^ baron* * Cette parole fat prononcée de ce ton de rapèriorité séduisante , qui, dans la bouche d^une feiyinie comme madame de Farkley ^ semble dire à un homme comme liuizzi ;
-^ Vous ne sarez pas tout ce que tou& valer^ et TOUS perdrez nûllç chances de réussir^ parce que vous êtes trop modeste*
Le baron crut devoir le {^ndreainsÂj cependant il répondit^
«'^ Je ne compr^ids pas plus que je «ois un enfant^ ^e je ne comprenais pourquoi j^ étais ridicule. - :
^ Ni ridicule y ni enfiint , si fous le vouldif y jevoi»deman,ftl»rdo.del'<«pression : votis' B^étes pas Trai ^ ou plutôt tous n^étes pas- nàtu*
^ Il y a une chose que je suis Assurément ; c'est bien gauche , ce^ je ne comprends paà da- ▼antage^
•^ £h bien I reprit madame de Faràley en continuant ce man^e de coquetterie physique pour ainsi dire , qui consiste dans une attitude de
ai» LES MËMOIitSS
corps ^ dans destinflexions de yoiic, daos nMinain ^
ravissaotç habilement dégantée pour irelever une barbe de masque qui découvre des: Lèvres plei*' nés de. volupté jouant sur des dents virginales > dans ces mille petites ruses qui détaillent une. feomie, beauté à beauté, aux yeux d'un homme qui l'examine.; eh bien ! reprif-dle, jévaism'ex-* pliquertout à fait. Vous ayez de rhonneurdans le cœur, monsieur le baron , et personnellement j'aurais à vous remercier de Tintention d'une bonne façon à mon égard , si vous ne yous étiez trompé comme tout le monde sur ce^ qui estar^ rivé ce soir : c'est pour cela que j'oserais vous donner, à vous qui êtes encore un assez jeune homme, un çoaseiF que vou^lerez bien de suivre. Vous ne savez ni avouer, ni nier une femme , et cependant c'est en cela que consista tout l'art de savoir vivre avec ^es. Jevousprends pour exemple : je viens de vous parler de deux femmes; je suppose, car je ne sais riende ce
qui est, je suppose que l'une des deux seulement vous ait appartenu ; eh bicp 1 vous m'avez: répondu sur l'une et sur l'aqt^e avec la même.
BGT DIABLE. â49
phrase insignifiante et banale; Si cette phrase a un sens, si elle est yraie, vous faites injure à Tune dédies en protégeant du même mot celle qui a fait une faute et celle qui n^en a pas fait : si cette phrase est , eomn^e je le disais , insi* gnifiante et banale , yous faites encore iujure à celle qui n^a pas été coupable en né la défendant pas mieui que celle qui Ta été.
— Mais si aucune ne Ta été , madame , que pouvais-je répondre ?
— Oh ! reprit Laura vivement, ne chimgeons pas la question; j^ai supposé qu^il y en avait une de coupable; en ce cas, croyez-vous m^avoir bien répondu?
— Oui y madame , car la discrétion est une vertu du monde tout au moins.
— Et c'est cette vertu avec laquelle on déshonore presque toutes les femmes. Tout se sait , tout se sait exactement dans de pareilles aventu- . turcs, monsieur ; mais lorsqu'onne peut pas douter d^une intrigue , et qu^on voit un homme la nier , les femmes lui en savent gré , et elles ont grand tort : en effet, le lendemain, si cet homme
aSO LES MÉMOIRES
se trouve par hasard dan^ leursrelatiODS liabitiielles, il est assez: probable qu'cm lui supposera une nouvelle intrigue > et comme ces femmes n^oot pas cru pour une atitre les protestations de cette vertu que vouis appelez discrétion, on ne croira pas davantage pour elles les mêmes proiestatiiMis discrètes*
— * Mais à ce compte , madame , reprit Luizzi, il faudrait donc à la première question répondre la vérité? Puis, considérant madame de Farkley d^un air impertinent, il ajoutai : il y a des femmes pour qui cette théorie devrait être bien dangereuse.
— Qui sait , monsieur , répondit madame de Farkley, sans paraître émtie ^ qui sait quelles sont les fenimes qui auraient à redouter cette exacte vérité? Un amant, monsieur, e'est comme ^ le chiffre ^ posé dans la vie d'yne f^nme ; s^il arrive après lui un fat qui se va^te de èe qu^il n'a pas obtenu , le monde pose ce 2éro après le chiffre fatal, et le monde lit 4<>, répète 40. Soyez sùr^ monsieur , que , d«is rnistence d^une
ou DIABLE. asi
fj^mine 9â esk bonne arithmétique galante y un amant et un fat. équivalent à dix amants. .
. h\kmi trouva que madame de Farkiey plaidait sa propre cause d^une manièreassezdireete; OQUUne il crut pouvQir lui répandre sans y mettra trop.d94étour y il reprit : :
— Et sans doute, madame , vous poussez ce système numérique dans toutes ses conséquen-' ces , et vous supposez qu'un second fat équivalant à un second , la renommée d'une femme va de 4 à «l OO9 à 4 000 amants , ainsi de $uite , selon le nombre des fats ?
— Ea vérité , monsieur , rjeprit madame de Farkiey, j'en connais qui n'auraient pas eu un jour à donner à ceux qu'on leur prête , si Ton en fiaisait une liste exacte ; mais il y a encore des femmes plus malheureuses que celles dont je viens de vous parler.
— Cela me parait diffîmle , dit Luizzi.
•^ inespéré vous le prouvw^ Il y a telle femme à qui l'on prête tous les amants du monde, et qui n'en a pas eu un seul.
^ Paa tto seul? ditLuizi;i en finassant sur le
mot et en regardant Laura d'un air plein de raillerie.
— Pas un seul ! monsieur le baron^ réponditelle^ pas même vous.
Luizzi demeura assez embarrassé de cette apostrophe ^ et répondit assez gauchement :
— Je n'ai jamais eu cette présomption , inadame.
— Et vous avez tort ; car vous êtes peut-être le seul homme pour lequel on eût bien voulu laisser une fois à la calomnie le droit de n'être que la vérité.
— - Et sans doute j'ai fait évanouir maladroitement toute cette bonne volonté.
~ C'est ce que je ne puis vous dire ce soir , monsieur , car \j'aperçois mon père , et il faut que j^aille le rejoindre.
— Ne le saurai-je jamais? dit Luizzi. *
— C'est aujourd'hui samedi ; lundi c'est le dernier bal de l'Opéra , si vous voulez vous trouver ici à la même heure, peut-être aurai-je quelque chose de plus h, vous apprendre ; à
Dtr DIABLE. 2S5
moins que ce que fai à'dire à mon père ne m^oblige ayons revoir plus tôt.
Madame de Farkiey s^éloigna et laissa Luizzi fort embarrassé de ce qu'il venait d'entendre. Avant de rentrer chez lui il fut Tobjet des plaisanteries de tous les élégants dont il était connu, et M. deMareuilles entre autres lui dit d^un ton presque de mépris :
— Il parait, mon cher Armand^ que vous avez beaucoup de temps à perdre.
— En quoi , s'il vous plaît? dit le baron.
— Deux bals masqués pour madame de Farkiey , mon cher , car nous avons entendu votre rendez-vous pour lundi, c'est beaucoup trop en vérité , et vous me paraissez le plus grand niais de la terre , si demain vous n'êtes pas chez elle à midi, pour vous excuser de ne pas y être à présent.
, Luizzi réfléchit un moment ; puis , voulant se tirer de la perplexité où l'avait mis la conversation étrange de cette femme , il regarda Mareuilles d'un air sérieux, et lui dit-:
— 'Étes-vous bien sûr^ monsieur delMiareuilleS;
âS4 LES HÉMOmES
de ne pas faire defetaîté pôarinon coiUfite, dlttiB
ce moment?
M. de Mareuilles se troublai vivement à ces mots de Luizzi; mais le baron ne put savoir si c^était la honte d^étre véridiquement accusé de mensonge, ou Findignation d'en être faussement accusé , qui fit pâlir le fat. Tous les amis de Mareuilles crurent ; à ce qu'il paraît , à ce dernier sentiment ; car ils éclatèrent tous de rire ,
en disant à celui-ci :
— Ah ! très-biea! très^bi^ , ne va pas te fâcher, au moins; Luizzi est superbe , paro)^ . d'honneur: il croit à la vertu «de notre belle Laura , il est capable de Tépouser en troisièniea noces; car vous saurez ^ mon cher monsieur le Jbaron. de Luizzi , qu'elle est déjà veuve de deux marisv
De Mareuilles qui , dans le premier moment, avait paru pr^ à répondre à Luizzi par une provocation, prit tout à coqpun air bon homme, et , tendant la main au baron, il lui dit:
--* Vovo'ns , imm cher Armaïrd , nas^d'enfan-
im DIABLE. 2K5
ûUeig/Q ; cette femme a encore an plus grand tort que celufd'avoir beaucoup diamants , c^est celui de les compromettre et de les exposer d'une manière indigne. Son premier mari a été tué en duel pour elle ; le second de même , et ce n'est pas sa foute si beaucoup d'entre nous ne se sont pas coupé la gorge ensemble pour une vertu sur laquelle nous ayons eu du moins le bon esprit de nous expliquer y ayant d'en venir à des extrémités. Du reste , madame de Farkley vous a donné un rendez-vous pour après-demain ; après^demain c'est le lundi gras ; eh bien ! si le mardi matin il vdus prend encore fantaisie de vous battre pour elle , ce jour-là je serai à votre dispotitioil , èe jour-là seulement , entendonsnous bien ; car j'aime à faire les choses en leur temps , et je vous déclare que , le mercredi des cendres ^ les folies du carnaval sont finies pour moi.
^ Ma foi^ répondit Luizzi , nrécontent de hii y mécontent de tout le monde y ne sachant véritablement ce qu'il devait penser y et impatient de cette perpkaâté perpétuelle où il passait
2g6 LES IfflÈBfOIRES
sa vie ; ma foi , dit-il , je ne vous réponds ni
oui ni non : à mardi matin •
— A mardi matin , 'dirent tous ces jeunes fous en ricanant ; nous irons tous demander à déjeuner ^ baron , et nous eispérons que madame de Farkiey daignera nous faire les honneurs de la table.
Tant d^assuranee laissa Luizzi confondu; il reculait devant l'idée que le monde put parler avec ce mépris d^une femme qui ne Teùtpas mérité ; il rentra chez lui bien décidé encore une fois à ne s'en rapporter qu^à lui-même de Topinion qu'il devait avoir des autres ^ et il s'endormit dans cette sage résolution.
Mais il était écrit quelque part que de nouveaux incidents le forceraient d'en changer malgré lui.
Le lendemain , au moment où il se levait , son valet de chambre lui remit plusieurs lettres ; Tune d'elles était de madame de Marignon , et le style ainsi que le sujet en étonnèrent grandement le baron:
Voici quelle était cette lettre :
DU DtAËLË. â^t
« Monsieur,
» Lorsque M. de Marenilles vous présenta » chez moi, il m^en demanda la permission, » Le nom que vous portez et la considération » qui devrait en être la suite , ne sont pas , je » dois vous le dire , uine autorité sufflsante pour »> que vous ayez cru pouvoir vous dispenser » de ce devoir. Assurément , Tartiste que vous « avez amené sans m^en prévenir est un homme » d^un immense talent; mais il y a des conve- , » nances au-dessus de tous les mérites , il y en
» a aussi au-dessus de tous les noms , et quoi- » que le vôtre soit illustre , monsieur le baron, » il ne Test pas assez pour vous affranchir de D celles que le monde impose à tous ceux qui » cherchent à s'y faire respecter. Je ne m'ex- » plique pas davantage. Pardonnez à une » femme y qui par son âge pourrait être vo- ' » tre mère , de vous donner des conseils dont » votre jeunesse a besoin, et veuillez croire à la » sincérité des regrets que j'éprouve de ne plus
» pouvoir vous compter au nombre des per- » sonnes qui veulent bien honorer mon salon )> de leur présence. »
Lorsque Luizzi lut cette lettre qui lui donnait uu congé si formel , il bondit dans son lit, en poussant les exclamations les plus extravagantes.
— Ah ça , se disait-il y est-ce que je deviens fou ou stypide? qu'est-ce que c^est que ce chanteur que j^ai mené chez^ madame de Marignon? En~ qi^pi ai-je manqué aux convenances, de façon à me faire chasser (car on me chasse) , de chez elle? Est-ce d^avoir été m^asseoir à côté de madame de Farkley : cettç femme est donc une j^lle publique, et je suis son jouet :'c^est se com- , promettre que de la regarder , que de lui parler; ahl je veux avoir le cœur net de tout ceci.
Aprè^ cette réflexion , il chercha uue plume
pour répondre à madame de Marignon ; mais
au moment où il commençait sa lettre , il se
. prit à penser que Timpertinence qu^on venait de
lui faire méritait une sévère leçon :
> — Ah l se diUl , on me fait bonie de m'étre assis à côté de madame de Farkiey, on la chasse et on me chasse; eh bien, pardieul je veux apprendre à madame de Marignon que lorsqu'on fait son amie intime d'une mad^e du Bergh et d'une madame Fantan , on devrait être moins scrupuleuse sur le compte des gens qui se présenteqt chez vous.
Et se montant sur cette idée , il ajouta encore :
-^ Et madame de Marignon ellc'^ même , quelle est-elle? d'où vient-elle? quelle est sa vie? Il faut que je le sache à Tinstant même , et que ce soit elle qui me demande en grâce de lui faire Thonneur de rentrer chez elle.
Et sur ce/Luizzi fit sonner sa sonnette, et le Diable parut aussitôt.
— Mons Satan , lui dit le baron , point de préambule, point de réflexion, point de dissertation morale^ ou immorale ; tu va3 me raconter tout de suite la fin d^ Fbistoire de madame du Bergh, puis celle de madame Fantan, puis celle de madame de Marignon.
m LES MÈMOlflÈS
— Cela fait trois histoires à Rapprendre, trois histoires de femmes? En voilà pour trois semaines au moins , il faut que tu m^accordes un délai.
— Non , je Veux , j'exige que tu commences tout de suite , et puisque le bruit de cette clochette a le don de te faire sentir plus cruelle* ment tes éternelles tortures , je les rendrai si épouvantables que tu obéiras sans délai. Commence donc !
— Pour commencer tout de suite , c'est la moindre des choses, mais c^est finir qui est diabolique i je suis tout prêt à commencer , si tu veux me dire quand tu veux que j'aie fini : je f ai demandé trois semaines.
— Je ne te donnerai pas trois jours ^ repartit Luizzi.
— Je n^en exige que deux , répondit le ï)iable. C^est aujourd'hui dimanche , il est midi ; eh bien, mardi à pareille heure^ quand tu sauras de madame de Farkley ce qu'elle est; à rheure où tous tes amis viendront ici te demander une explication ) tu pourras leur répondre :
tu pourras répondre aussi à madame de MarigooD /car tu sauras tout ce que lu veux savoir.
— Soit, dit Luizzi, et puisque ce récit doit être si loug , tâche de commencer tout de suite.
— Je tâcherai surtout de Fabréger , repartit le Diable ^ et si tu veux m'y aider ça te sera facile.
— Et comment cela ?
—En ne m^interrompant point, et en me laissant conter à ma guise.
-Soit!
Luizzi était couché, le Diable se mit dans un vaste fauteuil , il tira la sonnette-, et dit au valet de chambre de Luizzi :
— Le baron n'est chez lui pour personne , entendez-vous bien , pour |)ersonne.
Le valet de chambre se retira , et le Diable ayant allumé un cigare, se tourna vers Luizzi et lui dit :