QUATRIÈME ET DERNIERE PERIODE PRÉSIDENTIELLE
I E résultat des élections fut une surprise pour tous ''^ les partis, car bien que ma réélection fût certaine, personne ne se doutait que j'obtiendrais une majorité aussi considérable. Voici les chiffres officiels :
Krüger . . . . i 2858 voix Schalk Burger SjSo — Joubert. . . . 2001 —
En conséquence, je prêtai serment pour la quatrième fois en qualité de président d'Etat, à la date du 12
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mai 1898 (1). A la session du Volksraad de la même année, le D" Leyds fut réélu secrétaire d'État à la presque unanimité; mais il fut envoyé en Europe peu de temps après en qualité d'ambassadeur extraordinaire. Sa succession échut à Abraham Fischer, un des hommes d'État les plus actifs et les plus sagaces du Sud- Africain, membre à cette époque du Conseil exécutif de l'État libre. Celui-ci n'ayant pas cru devoir accepter la charge qu'on lui confiait, le scrutin désigna W. Reitz, l'ex-président de l'Orange, qui venait d'être nommé juge au Transvaal. C'était un choix heureux car M. "W. Reitz était considéré, même par ses adversaires, comme un des hommes les plus loyaux dont la personnalité ait jamais été mêlée aux choses politiques, sans compter qu'il était admirablement rompu aux affaires en raison de sa situation passée.
Une autre nomination avantageuse pour la République fut celle de J. C. Smuts, en qualité de procureur général. Smuts qui représente la jeune généra-
(i) Le discours qu'il adressa au peuple à cette occasion dura près de trois keures. Le président y analyse le substratum de ses idées politiques et religieuses et y passe en revue la situation et les devoirs du pays, le tout sous forme de harangues adressées successivement aux deux Volksraads, au Conseil Exécutif, aux députés de l'Etat libre, au corps diplomatique, aux Burghers, aux immigrés naturalisés et récents, aux juges, à ses deux compétiteurs, aux pasteurs, aux instituteurs et à la jeunesse.
Nous publions, sous forme d'appendice, ce discours tout à fait typique et qui fait ressortir merveilleusement la personnalité politique et sociale de Krüger.
(JVoîe de l'éditeur)
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ti on des Afrikanders, est un des juristes les plus éminents et les plus érudits du Sud- Africain. Rien, d'ailleurs, dans la simplicité de ses allures extér^ures, ne décèle la volonté de fer qui anime cet ho/nme de haute énergie. Agé de 3o ans à peine, et sais aucune instruction militaire préalable, il avait pris les^rmes pour défendre son pays et n'avait pas tardé à devenir un des plus brillants généraux boërs, de sorte qu'i son nouveau grade dans la magistrature il fut appelé àjoindre celui de commandant général à la suite. 11 est certainement appelé à jouer encore un grand rôfe dans l'Histoire future de l'Afrique du Sud.
Une occasion s'offrit bientôt pour Sir Alfred Milner de tourmenter la République et de lui mettre le talon sur la nuque : ce fut la question Bunu. De temps immémorial, le roi du Swasieland jouissait du droit de faire mettre à mort n'importe lequel d'entre ses sujets, si fantaisie lui en prenait. Quand la République entreprit de gouverner le Swasieland, elle songea naturellement à mettre un terme à cet état de choses. Or, au commencement de l'année 1 898, le roi Bunu assassina un de ses chefs nommé Umbaba (1 ) et quelques autres de ses sujets. Des témoins
(i) Umbaba était un ami particulier des Boërs, tandis que le jeune Bunu ne subissait qu'à contre-cœur leur protectorat. Il vivait, d'ailleurs, dans une perpétuelle surexcitation provoquée par ses nombreuses orgies.
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affirmèrent que Bunu avait accompli ce meurtre luimêrre. Mandé à comparaître devant ]e parquet de BremersQorp, il tenta d'abord de se soustraire à cet appel ; puis, q^and il se décida à obtempérer, il se fit accompagner d'u>e nombreuse escorte armée jusqu'aux dents, et prit vis-à>.vis de Krogh, le commissaire spécial du Swasieland, une attitude menaçante. Krogh dut, en conséquence, abandonner l'affaire et Bunu put retourner tranquillement chez lui.
Le Gouvernement de la République se détermina alors à envoyer d^s troupes au Swasieland afin de protéger la vie et les biens des indigènes et contraindre au besoin Bunu à se justifier devant les autorités compétentes. Cependant k haut commissaire anglais avait jugé nécessaire, lui aussi, de se saisir de l'affaire sans autre but apparent que de tailler quelques croupières de plus au Gouvernement boër. Peut-être espérait-il, d'autre part, que la question Bunu lui fournirait une occasion d'entraîner la République dans une guerre avec l'Angleterre. 11 prétendait notamment que le gouvernement n'avait pas le droit de traduire Bunu devant la cour de justice du Swasieland, bien qu'aux termes d'une clause figurant dans la convention antérieure les affaires criminelles du Swasieland dussent être jugées par la cour suprême de Bremersdorp.
Quand Bunu vit que son affaire se gâtait du côté boër.
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il se réfugia dans le Zoulouland et se réclama de la protection des autorités anglaises, de sorte que le gouvernement transvaalien dut consentir à un compromis en vertu duquel Bunu réintégrerait ses foyers sous la condition de payer une simple amende. Ensuite de quoi le traité du Swasieland s'enrichit d'une clause supplémentaire énumérant et spécifiant tous les cas qui relevaient de la compétence des tribunaux transvaaliens.
A cette époque déjà, et principalement à partir de la solution de la question Bunu, les Anglais, tant à Londres que dans le Sud-Africain, avaient pris vis-àvis de la République une attitude des plus provocantes. A J ohannesburg s'était fondée, à l'instigation de Rhodes, évidemment, une branche-annexe de la South-Afr. League, dont tous les efforts convergèrent vers un but unique : entraîner la République dans un conflit avec l'Angleterre. Du moins ne recuja-t-elle devant aucun moyen si mesquin ou si grossier qu'il fût, pour arriver à ses fins.
Les autorités boërs ayant fait arrêter quelques métis sujets anglais, qui voyageaient sans passe ports contrairement à la loi, la ligue de Johannesburg jeta feu et flamme et organisa un meeting de protestation, à l'amphithéâtre, contre les agissements de la République. Mais les Burghers, dont le sang commençait à
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s'échauffer, se rendirent en nombre à ce meeting qui dégénéra en une véritable bagarre, à telles enseignes que les ligueurs furent reconduits à coups de canne. Ces désordres ne pouvaient que servir la cause des Jingos qui ne les suscitaient que dans le but de s'en faire, tôt ou tard, une arme contre le gouvernement.
Mais un autre incident allait surexciter les esprits davantage encore, en raison de la façon odieuse dont il devait être exploité et dénaturé par la presse anglaise. Chamberlain lui-même ne rougit pas d'accueillir en cette occurrence, les mensonges colportés par les journaux, alors qu'il lui eût été si facile de se renseigner exactement. Dans la nuit du 1 8 décembre 1 898, un sujet anglais, du nom de Poster, se prit de querelle avec un autre sujet anglais nommé Edgar, qui roua son adversaire de coups et le laissa pour mort sur la place. Poster fut transporté à l'hôpital, et mourut quelques jours après des suites de ses blessures. Quant au meurtrier, il avait pris la fuite aussitôt le coup fait, poursuivi par des agents que quelques témoins de la scène avaient appelés sur les lieux. Parmi ces agents se trouvait un certain Jones, fils d'un ancien cocher de la reine d'Angleterre, mais qui, devenu agent de la police nationale, jouissait de ses droits de Burgher.
Jones, qui avait vu Poster étendu à terre et le tenait pour mort, s'élança sur les traces du meurtrier qui se
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réfugia chez lui et barricada sa porte. Comme il s'agissait d'un flagrant délit, la police avait, d'après les lois criminelles en vigueur sur le territoire de la République et dans les États Sud-Africains, voire en Angleterre, le droit de pénétrer, fût-ce par la violence, dans la maison où s'était réfugié l'assassin, et de s'assurer de sa personne. Jones enfonça donc la porte derrière laquelle se tenait Edgar qui lui asséna aussitôt un violent coup de barre de fer. L'agent, en état de légitime défense, riposta par un coup de feu et étendit son homme raide mort.
Il était évident que l'agent n'avait fait que son devoir. C'était l'opinion de tous les esprits impartiaux, et c'était celle aussi du Parquet qui, néanmoins, pour prévenir toute récrimination du Colonial Office, poursuivit l'agent pour meurtre.
11 est à peu près inutile de dire que la cour d'assises l'acquitta.
Maintenant voici comment Chamberlain travestit toute cette aff^aire : — la police s'était introduite de nuit et sans aucun mandat, dans une maison particulière, sous prétexte d'arrêter un individu réputé coupable d'un meurtre sur l'affirmation, reconnue fausse plus tard, d'une seule personne, et elle avait tué cet homme parce qu'en se défendant contre les agents, il avait frappé l'un d'eux avec un bâton, — La duplicité peut-elle être poussée plus loin, et un ministre ne devrait-il pas avoir
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honte de signer des dépêches officielles dénaturant à ce point la vérité ?
Mais c'étaient là autant de signes précurseurs de la crise qui se préparait. L'Angleterre, de jour en jour, multipliait ses excitations contre la République, et par la voie de la presse continentale ou coloniale, et par les insinuations haineuses des groupes jingoïstes. Ceux-ci, précisément, venaient d'essuyer une défaite aux élections législatives du Cap, où le parti Afrikander avait triomphé au grand dépit de Cecil Rhodes. Alfred Milner luimême sortit à cette occasion de ses attributions de gouverneur et se montra sous son vrai jour en donnant son appui officiel aux jingos. La crise, dès lors, était ouverte et il était facile de prévoir qu'en l'absence de concessions réciproques, elle tournerait à une catastrophe. Je dis « réciproques » car il est évident que quand deux parties sont enprésence, les concessions, faites par l'une des deux seulement, demeurent forcément stériles, surtout si l'autre s'acharne à pousser les choses dans le sens opposé (c'est-à-dire, ici, dans le sens de la guerre). Pour s'assurer du reste que c'est bien du côté du gouvernement de la République qu'était l'esprit de conciliation pendant les négociations qui ont abouti à la dernière guerre, il suffit de prendre connaissance des notes qu'il échangea avec le Cabinet de Londres.
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Ce fut le droit de vote qui servit de prétexte à Milner et à Chamberlain, pour susciter les complications qui devaient amener la guerre. Aussi est-il bon de constater ici que dès le commencement de l'année 1899, j'avais provoqué, tant à Heidelberg qu'à Rustenburg, des assemblées de Burghers que j'essayais, par tous les moyens, de gagner à mes vues nouvelles sur certaines questions brûlantes : la nécessité notamment de réduire de cinq ans le stage de quatorze ans exigé jusqu'alors pour obtenir les droits électoraux complets. J'ajouterai même que dans une dernière réunion tenue à Johannesburg, j'exprimai l'espoir que ce délai de neuf ans pourrait être réduit encore dans un avenir prochain. 11 est malheureusement plus que probable, que de telles concessions durent alarmer Chamberlain et Milner, et précipiter ainsi le dénouement de la crise, attendu que l'un et l'autre étaient fermement résolus à acculer la République à la guerre, et que les réformes préconisées par moi, risquaient soudain de leur enlever tout prétexte à conflit. Sir Alfred Milner était d'ailleurs parti pour l'Angleterre où son séjour n'eut d'autre objet que d'arrêter avec Chamberlain le plan d'exécution du programme impérialiste. Quand il revint toute l'affaire était réglée.
La ligue de Johannesburg ouvrit les hostilités en adressant à la reine d'Angleterre une pétition énumérant une foule de soi-disant griefs relevés contre la Répu-
bJiquepar les immigrés britanniques et réclamant l'intervention du Gouvernement anglais. M. Fraser, l'agent britannique qui, en l'absence de Conyngham Green, parti en Angleterre avec Milner, remplissait les fonctions de chargé d'affaires à Pretoria, refusa d'accueillir cette pétition. Mais il fut si vertement tancé à ce sujet par Chamberlain que le titulaire du poste se garda bien d'imiter son attitude dans la suite. Milner avait en même temps informé son gouvernement que tout le Sud-Africain était travaillé par une agitation anti britannique, — encore que lui-même eût télégraphié deux ans auparavant, à propos du jubilé de la reine, que tous les Afrikanders, du Cap étaient animés du plus pur loyalisme vis-à-vis de l'Angleterre.
Un deuxième pétitionnement fut organisé par ]si'Ligue, dont les listes se recouvrirent cette fois de 2 1 .684 signatures de sujets britanniques, signatures obtenues par fraude, bien entendu, comme il appert de plusieurs déclarations faites sous serment, par devant les autorités républicaines, et affirmant que chacun des signataires apposait tous les noms qui lui passaient par la tête, y compris ceux d'individus décédés ou absents. Et le fait n'a rien d'invraisemblable, étant donné que les gens chargés de recueillir les signatures étaient rétribués selon le chiffre de noms qu'ils rapportaient. Peu de jours après un contre-pétitionnement réunissait, entre les
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mains du gouvernement, à Pretoria, 23.ooo noms, dont les signataires, étrangers de toutes nationalités, se déclaraient satisfaits de la façon dont le pays était administré. Mais Chamberlain n'eut cure de cette manifestation authentique et sincère. 11 lui fallait une arme lui permettant d'attaquer la République, et cette arme il la tenait enfin avec la fausse pétition qui lui fut envoyée d'urgence par le chargé d'affaires Green.
Entre temps, lord Milner avait adressé au Cabinet de Londres une dépêche qui eût fait honneur à l'imagination du plus inventif des reporters. Cette dépêche disait, en substance, que le moment était venu pour l'Angleterre de donner une preuve énergique de son intention de ne pas se laisser chasser du Sud-Africain, son droit d'intervention étant plus que jamais justifié par ce fait que des milliers de sujets britanniques, fixés dans la République, étaient journellement abaissés au rang d'ilotes. Chamberlain répondit par une dépêche datée du lo mai 1899, dans laquelle il accusait réception de la pétition adressée à la reine, énumérait une fois de plus tous les griefs des étrangers et proposait à Sir Alfred Milner d'entrer en rapports avec moi pour examiner la question au point de vue diplomatique. Mais avant que cette dépêche fût arrivée à destination, le président Steijn, mû par un très sincère désir de mettre fin à cette situation troublée, nous avait déjà fait la même pro-
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position, à moi et à Sir Alfred Milner, et nous l'avions acceptée. Une conférence s'ouvrit donc à Bloemfontein, le 3 1 mai 1 899.
J'étais assisté de Schalk Burger et de A.-D. Wolmarans, membres du Conseil exécutif, et du procureur général Smuts.
Abraham Fischer, membre du conseil exécutif de l'Etat libre d'Orange, s'offrit très aimablement à servir d'interprète. Disons tout de suite que la conférence ne put aboutir. Sir Alfred Milner ayant prouvé, dès le début, qu'il n'avait pas le moindre désir d'arriver à une entente. Voici, en effet, les exigeances qu'il formulait :
1° Obtention du droit de vote au bout de cinq années.
2° Modification de la loi concernant la naturalisation.
3° Augmentation du nombre des nouveaux Burghers admis à siéger au Volksraad.
Je proposai, après mûre délibération d'amender ces exigences comme suit :
1° Naturalisation au bout de deux ans. Droit de vote complet au bout des cinq années suivantes (par conséquent, au bout de sept ans en tout au lieu de quatorze ans prévus jusqu'alors par la loi).
2° Augmentation du nombre des étrangers admis à siéger au Volksraad.
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3° Une loi sur la naturalisation analogue à celle en vigueur dans l'Etat libre.
Le président entendait, toutefois, qu'il fût spécifié que le droit de vote serait subordonné à la justification d'une certaine fortune, et la naturalisation à la preuve que l'impétrant jouissait dans son propre pays de tous ses droits civils et politiques. De plus il demandait qu'en échange des concessions faites par lui le gouvernement anglais admît le principe de la solution, par un tribunal spécial d'arbitrage, de tout conflit survenu entre les deux états. Mais Milner se contenta de déclarer que ces concessions étaient absolument insuffisantes.
Au cours des pourparlers, j'attirai l'attention du gouverneur sur la grande quantité de signatures inauthentiques relevées sur la pétition qu'on sait. A quoi Milner répondit : « Bon, nous allons examiner la chose ». Mais en même temps il demandait si j'étais sûr que le contre-pétitionnement n'eût pas donné lieu, lui aussi, à des signatures apocryphcb. Pour prouver la bonne foi du gouvernement, j'offris de constituer immédiatement une commission d'enquête qui examinerait en détail les deux pétitions, et je déclarai même que j'étais tout disposé à autoriser l'Angleterre à adjoindre quelques membres anglais aux membres boërs de cette commission. Seulement je désirais que la commission
elle-même ne fût pas instituée au nom de l'Angleterre, ni qu'il lui fût donné aucun caractère officiel, de façon à ne pas prêter à la République, vis-à-vis de l'Angleterre, la fausse apparence d'une attitude de soumission vis-àvis d'un gouvernement suzerain. Si bien qu'en fin de compte. Sir Milner déclara, comme il fallait s'y attendre, que mieux valait laisser les choses en l'état. 11 ne consentit pas, du reste, à rabattre quoi que ce fût de ses prétentions qui constituaient, disait-il, « un minimum irréductible » ; et il ajoutait qu'il n'aborderait même pas les autres litiges — nombreux selon lui — tant que la question du droit de vote n'aurait pas eu une solution conforme à ses désirs.
Le même soir, j'invitai Milner à fixer la continuation des pourparlers au lendemain matin; mais celui-ci me fit répondre qu'il considérait la chose comme inutile, et que la conférence était close. Aussitôt après mon retour à Pretoria, le secrétaire d'Etat écrivit au chargé d'affaires britanniques une lettre au sujet du projet de tribunal d'arbitrage dont il avait été question au cours des négociations, et auquel Milner, en somme, semblait lui-même favorable; dans cette lettre, datée du 9 juin, le secrétaire d'État faisait au gouvernement britannique les propositions suivantes :
1 . Tout dissentiment futur entre les deux gouvernements, résultant d'interprétations divergentes de la
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Convention de Londres, devra, en conformité de l'article 3, être soumis à un tribunal d'arbitrage, exception faite des difficultés de moindre importance.
] 1 . Ce tribunal se composera d'un arbitre désigné par le gouvernement républicain et d'un arbitre choisi par le gouvernement de Sa Majesté parmi les juges suprêmes de la République Sud- Africaine, du Cap ou du Natal. Ces deux arbitres devront s'entendre sur le choix d'une troisième personne appelée à présider le tribunal et qui ne pourra être sujet d'aucun des deux gouvernements. Si les deux arbitres ne peuvent tomber d'accord, le président du tribunal sera choisi par les deux gouvernements.
III. La déclaration impliquant le renvoi d'un litige devant le tribunal arbitral sera subordonnée au consentement mutuel des deux gouvernements afin que chacun d'eux conserve le droit de réserver tels points qui lui paraîtraient trop importants pour être soumis à un arbitrage, le principe même de l'arbitrage devant rester sauf.
IV. Le tribunal d'arbitrage devra lui-même désigner l'endroit où il siégera et agir selon ses inspirations quant à la condamnation des parties aux frais, à moins que ce point n'ait été réglé d'avance entre les deux parties.
V. La procédure du tribunal d'arbitrage pourra être conforme à celle fixée à La Haye en 1895 par l'Institut
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de droit international, à moins qu'elle ne soit en désaccord avec les articles précédents où que les deux parties en aient décidé autrement.
VI . Pour donner une sanction aux arrêts d'un tel tribunal ses décisions auront force de loi pendant cinq ans.
La lettre finissait en exprimant l'espoir que ces propositions seraient favorablement accueillies par le gouvernement de Sa Majesté qui mettrait par là un terme à la situation troublée dont le Sud-Africain souffrait depuis si longtemps. Faisons remarquer que les paragraphes du projet ci-dessus s'inspiraient précisément de l'éloignement qu'avait toujours manifesté le gouvernement anglais pour un tribunal d'arbitrage composé d'étrangers et auquel, d'ailleurs, il n'eût jamais consenti à soumettre toutes les questions sans exceptions.
En attendant, j'avais, de mon côté, soumis de ma propre initiative, au Volksraad, un projet de loi réalisant les réformes ci -après :
I. Obtention du droit de vote au bout de sept ans de séjour dans le pays.
II. Entrée en jouissance immédiate de ce même droit pour tous ceux qui auront résidé 9 ans dans le pays. Pour ceux justifiant de 2 ans au moins de résidence, le délai supplémentaire exigé ne sera plus que de 5 ans.
III. Tous les fils nés sur le territoire de la République seront électeurs, de droit, à leur majorité.
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IV. Augmentation de la représentation des pionniers du Witwatersrand à raison de quatre membres supplémentaires dans chaque Volksraad.
Cette loi fut adoptée le 19 juillet. Mais dans l'intervalle le War-office avait terminé les plans et projets relatifs à la façon dont la guerre contre la République devait être conduite. Lord Wolseley avait même soumis à son gouvernement des plans permettant, selon lui, de s'emparer des deux Républiques. (A cette époque on n'avait pas encore eu connaissance de tous ces agissements).
Le 26 juillet arriva la réponse du chargé d'affaires britannique relative à la question d'arbitrage. Elle disait simplement que Sir Alfred Milner ne pouvait pas appuyer cette offre auprès du Cabinet de Londres parce qu'il estimait que satisfaction devait être donnée d'abord aux griefs des étrangers ; et d'ailleurs il donnait à entendre que k projet du secrétaire d'Etat Reitz lui semblait, en principe, inacceptable par son gouvernement par ce fait, pour n'en citer qu'un, qu'il exigeait que le président du tribuual arbitral n'appartînt ni à l'une ni à l'autre des deux nations arbitrées.
Au commencement de juillet, Pretoria et Bloemfontein avaient reçu la visite simultanée de MM. Hofmeyer et Herholdt, les chefs du parti afrikander du Cap. Leur démarche auprès du gouvernement républicain
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avait pour but de ]e décider à simplifier davantage encore la récente loi sur le droit de vote, en lui donnant un effet rétroactif de sept années au lieu de neuf, c'est-àdire en conférant d'office les droits électoraux à tous ceux qui habitaient le pays depuis sept ans au moins, et en faisant de ce laps de temps un délai fixe et invariable pour l'obtention du droit de vote en général. Leurs instances furent très favorablement accueillies par le gouvernement et le Volksraad, disposés tous deux à faire de nouvelles concessions dans l'intérêt de la paix.
Le 18 juillet le ministère du Cap, informé sans doute du résultat de la mission de MM. Hofmeyer et H erhol dt, fit paraître une note dans laquelle il affirmait sa conviction personnelle que rien ne justifiait, pour l'instant, une immixtion de l'Angleterre dans les affaires intérieures de la République. Mais en même temps le « Conseil étranger » télégraphiait à Londres, le 20 juillet, qu'il n'était pas satisfait de la nouvelle loi (votée le 19).
Le 27 Juillet, Chamberlain envoyait une dépêche dans laquelle il résumait les événements qui s'étaient passés depuis la conférence, et déclarait, une fois de plus, que le gouvernement républicain violait à tout instant la lettre et l'esprit de la Convention de Londres de 1884 ; il affirmait, une fois de plus aussi, que le texte d'introduction du traité de 1881 (suzeraineté) avait toujours force de loi. 11 déclinait la proposition d'un tribunal
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d'arbitrage, en concédant, toutefois, que certains points puissent être soumis à une autorité judiciaire spéciale.
Le j" août, une nouvelle dépêche de Chamberlain adressée au haut commissaire, émettait l'avis que l'Angleterre et la République devraient nommer une commission mixte pour la revision de la loi sur le droit de vote, c'est-à-dire une commission qui rechercherait les modifications à introduire dans cette loi, au cas où elle ne favoriserait pas suffisamment les étrangers.
Or, cette proposition de Chamberlain était une violation manifeste de la Convention de 1884, puisqu'elle impliquait une immixtion directe de l'Angleterre dans les affaires intérieures de la République. C'est ce que fit ressortir le secrétaire d'Etat dans sa réponse du 1 2 août, où il exprimait l'espoir que Chamberlain ne songeait pas à s'appuyer sur des illégalités. Selon lui, d'ailleurs, le but que se proposait Chamberlain avec son projet de commission pourrait être tout aussi facilement atteint par une série de questionnaires et d'enquêtes concernant la nouvelle loi. 11 terminait en faisant remarquer qu'on ne pouvait juger des effets d'une loi avant qu'elle fût en vigueur, ni savoir par conséquent s'il y avait lieu de la reviser.
Le i5 août le procureur général Smuts eut un entretien avec le chargé d'affaires britannique à qui il demanda si le gouvernement de Sa Majesté se conten-
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ferait du délai de sept ans (avec effet rétroactif) et de J 'augmentation des sièges représentatifs des étrangers, et s'il adhérerait, dans ce cas, à une commission d'entente. M. Green répondit qu'il ne savait pas si le gouvernement de Sa Majesté était disposé à renoncer à ses prétentions, mais que la situation lui paraissait critique, car le gouvernement avait fait des promesses aux étrangers et se croyait tenu de les réaliser, fût-ce par la force. Et il ajoutait que la seule solution possible lui paraissait être que la République se rendît aux desiderata formulés par Sir Milner à Bloemfontein.
Le 19 août, le secrétaire d'Etat écrivait au chargé d'affaires britannique une lettre par laquelle il proposait au gouvernement anglais les solutions suivantes :
I. Le gouvernement de la République Sud- A fricainc est prêt à soumettre au Volksraad et au peuple un décret (avec effet rétroactif) réduisant à cinq ans le délai exigible pour l'obtention du droit de vote, conformément aux exigences formulées par le haut-commissaire à Bloemfontein.
II. Huit sièges nouveaux seront attribués à la population des champs d'or du Witwatersrand, dans le premier Volksraad et au besoin dans le second, de telle sorte que les nouveaux membres élus, ajoutés à ceux déjà existants, représenteraient un ensemble de trentesix sièges.
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III. Les nouveaux Burghers participeront, comme les anciens, aux élections présidentielles et à celles du commandant en chef des troupes.
IV. Le gouvernement de la République est prêt à prendre en considération tout conseil amiable émanant du gouvernement de Sa Majesté, et relatif à ces questions.
V. Le gouvernement de la République Sud-Africaine exprime, en retour, ses vues personnelles ci-après:
a) Le gouvernement de Sa Majesté ne considérera pas ces concessions comme un précédent à invoquer dans les négociations futures, et renoncera pour l'avenir à toute immixtion dans les affaires intérieures de la République.
h) Le gouvernement de Sa Majesté ne maintiendra pas ses prétentions à la suzeraineté, et écartera désormais ce prétexte à conflit.
c) Un tribunal d'arbitrage recruté en dehors de tout élément étranger (à l'exception de l'Etat libre) sera constitué dès que la loi sur le droit de vote entrera en vigueur.
VI. Sitôt que le gouvernement de Sa Majesté aura souscrit à ces propositions le gouvernement de la République proposera au Volksraad de s'ajourner en vue d'un référendum, de telle sorte que le projet tout entier pourra être dûment accepté et ratifié en l'espace de quelques semaines.
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VJ 1 .Dans l'intervalle il pourra être procédé àlafixation des attributions et du mode de fonctionnement du tribunal arbitral de façon à éviter toute perte de temps et à mettre fin, le plus tôt possible, aux troubles actuels.
Le secrétaire d'État concluait en disant que son gouvernement comptait que Sa Majesté envisagerait la situation sous son vrai jour, idest, que le gouvernement de la République tenait la loi actuelle pour suffisamment avantageuse pour les immigrés et que ces nouvelles concessions ne lui avaient été dictées que par un sincère désir de mettre fin aux mésintelligences survenues entre les deux gouvernements, et épargner au pays les conséquences d'une guerre de race dont le Sud-Africain ne se relèverait peut-être jamais. La République, au reste, s'estimerait très heureuse que la plus grande diligence fût apportée soit à l'acceptation soit au rejet de ses propositions.
Le 2 1 août, le secrétaire d'État écrivait au chargé d'affaires britannique, une nouvelle lettre confirmative de celle du 19, en insistant sur ce point que les propo sitions relatives au droit de vote et à la représentation étaient subordonnées à l'acceptation par Sa Majesté des conditions énoncées au § V dans la lettre précédente.
Ces propositions avaient d'ailleurs été rédigées à la suite d'une nouvelle entrevue du procureur général avec M. Green, entrevue d'où le premier emportait la certi-
tudc qu'elles seraient acceptées et soumises, par conséquent, à une commission d'enquête ultérieure.
hc 25 août le « Conseil étranger » et la Ligue sudafricaine déclaraient que les modifications apportées à la loi sur le droit de vote étaient insuffisantes, et ils réclamaient de nouvelles réformes, notamment le désarmement des Burghers, et la démolition des ouvrages fortifiés.
Le 26 août dans une allocution prononcée au cours d'une garden-party donnée dans sa villa de Highbury, Chamberlain avait dit : « On peut tirer des réformes de M. Krüger comme on tire de l'eau d'une éponge; seulement, ou il accompagne ses concessions de conditions inacceptables ou bien il nous interdit toute enquête relative à l'application pratique de ces réformes. En attendant, le temps coule au sablier de l'histoire; il faut que le nœud soit tranché, ou sinon nous serons forcés d'avoir recours à d'autres moyens. »
Là-dessus il envoyait une dépêche datée du 3o août, dans laquelle il insinuait que la nouvelle loi sur le droit de vote ne devait pas être entravée par des restrictions trop lourdes, que le gouvernement de Sa Majesté ne pouvait pas comprendre pourquoi le gouvernement républicain n'adhérait pas à un projet d'enquête entreprise en commun. Le Cabinet anglais était disposé à nommer une commission unilatérale chargée d'étudier la loi
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récente et d'émettre des vues nouvelles, qui seraient soumises ensuite au gouvernement républicain, et il espérait qu'un certain nombre de conditions, telles que la subordination des droits des Burghers à l'enregistrement en temps utile et à la conduite personnelle tomberaient d'elles-mêmes. En ce qui concerne les autres questions, celle par exemple d'une intervention anglaise éventuelle, le gouvernement de Sa Majesté espérait que l'exécution des promesses faites et une attitude plus équitable envers les étrangers lui épargneraient le souci de s'occuper des affaires intérieures de la République, encore qu'elle ne pût renoncer aux droits que lui accordait les Conventions (N.-B. La Convention de 1881 était abrogée comme on sait.) Quant à la question de suzeraineté, Chamberlain s'en référait à une dépêche antérieure où déjà il avait affirmé que la suzeraineté subsistait toujours.
11 se déclarait d'ailleurs prêt à entrer en pourparlers relativement à la constitution et à la sphère d'action d'un tribunal arbitral d'où seraient exclus tout étranger et toute influence étrangère.
Enfin il demandait qu'une nouvelle conférence eût lieu, au Cap, entre le président et le haut-commissaire, et terminait sa lettreenrappellant au gouvernement républicain que d'autres griefs subsistaient qui ne pouvaient être résolus par l'attribution de droits politiques aux
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étrangers, ni ne pouvaient être soumis à un tribunal arbitral. Chamberlain a prétendu plus tard que cette dépêche équivalait à une acceptation des conditions du gouvernement républicain, mais il est vraisemblablement le seul de son avis.
Le 3 1 août Sir Milner télégraphiait à Chamberlain : « 11 semble que tout le monde ici s'accorde à souhaiter une action prompte et énergique. Le Sud-Africain britannique est prêt à recourir aux moyens extrêmes. Si les choses devaient traîner en longueur, une réaction très manifeste s'élèverait contre la politique de sa Majesté. » Comme réponse à la dépêche de Chamberlain du 3o août le secrétaire d'Etat, écrivit le 2 septembre, au chargé d'affaires britannique que le gouvernement républicain apprenait avec le plus profond regret que le C abinet rejetait les propositions contenues dans ses notes des i8 et 19 août, alors que les pourparlers officieux lui avaient fait espérer qu'on les considérait comme acceptables. En conséquence le gouvernement républicain retirait ses offres purement et simplement ; il se déclarait prêt, d'ailleurs, à soumettre de nouvelles propositions au Volksraad, s'il lui était prouvé que ce fût un moyen d'éclaircir et d'améliorer la loi. Quant à la commission unilatérale préconisée par le Cabinet elle lui semblait de peu de valeur, ou tout au moins prématurée, puisqu'elle devançait la mise en vigueur de la loi.
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Passant aux observations de M. Chamberlain relatives aux conditions posées dans la note du 1 9 août, le secrétaire d'Etat articulait que :
a) En ce qui concernait Y intervention le gouvernement républicain n'avait jamais eu la pensée ni le désir d'inciter le gouvernement de Sa Majesté à abandonner un droit que la Convention de Londres de 1 884, et aussi le droit international, lui reconnaissaient pour la protection des sujets britanniques.
h) Que le prétendu maintien de la suzeraineté se trouvait déjà si clairement démenti par la dépêche du 16 avril 1898 qu'il était inutile de revenir sur les détails de cette affaire, le gouvernement républicain s'en tenant au texte de cette dépêche. 11 s'estimait heureux, d'ailleurs, de voir que le gouvernement de Sa Majesté était disposé à entrer en négociations pour la constitution d'un tribunal arbitral. Toutefois croyait-il devoir demander des éclaircissements sur les points suivants :
1° Etait-il bien entendu que les Burghers de l'Etat libre pouvaient faire partie du tribunal arbitral ?
2° Quels étaient au juste les points qui seraient soumis aux décisions de ce tribunal?
3° Quels étaient, d'autre part, les points qui ne lui seraient pas soumis? Car le gouvernement de Sa Majesté faisait allusion à ces points, mais sans les spécifier, et cette désignation par trop sommaire risquait de faire
avorter le désir légitime de la République qui était d'arriver à une solution définitive de tous les points litigieux. En ce qui concernait la nouvelle conférence proposée, on attendrait les instructions complémentaires du Cabinet. Les propositions faites par le gouvernement républicain lui paraissaient, d'ailleurs, très libérales en ce qu'elles allaient au delà des prétentions formulées par Sir Milner à Bloemfontein ; du reste, les conditions auxquelles elles étaient subordonnées n'impliquaient nullement le renoncement des droits attribués au gouvernement anglais par la Convention de 1884. Aussi le gouvernement républicain avait-il été loin de s'attendre à se heurter à une fin de non-recevoir, et persistait-il à espérer une solution définitive de tous ces dissentiments, rappelant, d'ailleurs, qu'il était prêt à adhérer à la constitution de la commission mixte proposée autrefois par le ministre Chamberlain.
Le 1 2 septembre M. Green, répondant à cette note, au nom de son gouvernement, déclarait que le Cabinet ne pouvait plus revenir sur ses propositions antérieures relatives à une commission mixte; qu'il était, d'ailleurs, prêt encore à adhérer aux propositions faites, mais à l'exclusion de toutes conditions, s'il parvenait à acquérir la preuve, par une commission soit mixte, soit unilatérale, que le nouveau schéma législatif ne contenait pas de dispositions de nature à le rendre inacceptable. Le
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gouvernement anglais entendait aussi que les nouveaux membres du Volksraad fussent autorisés à s'exprimer dans leur langue propre. 11 terminait sa lettre en insistant sur l'urgence d'une réponse catégorique, et il donnait à entendre qu'au cas où elle ne serait pas favorable et décisive, le gouvernement de Sa Majesté s'adjugerait le droit de reprendre toute la discussion ab ovo et de prendre l'initiative des mesures indispensables à sa solution.
Le secrétaire d'Etat répondait, à la date du j5 septembre, que son gouvernement voyait avec peine que le Cabinet renonçait à ses dispositions conciliantes du début et prenait une attitude toute nouvelle. Les propositions du gouvernement républicain (en date des 19 et 2 1 août) avaient été faites en toute bonne foi et dans la certitude qu'elles étaient acceptables, certitude confirmée par l'accueil fait aux démarches préalables du procureur général Smuts.
Le gouvernement républicain n'avait fait ses propositions que pour parer au danger dont son indépendance était menacée par la réapparition des prétentions à la suzeraineté; il savait bien d'ailleurs que cette indépendance était compromise par ses propres concessions; ce danger néanmoins lui paraissait moindre que celui résultant des continuelles immixtions du gouvernement anglais dans les affaires intérieures de la République. 11 ne
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pouvait donc pas admettre que le Cabinet exigeât le retrait des conditions posées alors, que, tout onéreuses qu'elles parussent à la République, elle ne les avait faites que pour obvier à des risques plus imminents. En ce qui concernait la langue dans laquelle devaient s'exprimer les nouveaux membres du Volksraad, le gouvernement ne pouvait entrer dans les vues émises à ce sujet, et se défendait d'avoir jamais fait pareilles promesses. Pour conclure, le secrétaire d'État exprimait l'espoir que le gouvernement de la République se déciderait finalement à faire trancher tout conflit par Ja commission mixte qu'il avait lui-même proposée.
Le 25 septembre, nouvelle réponse du chargé d'affaires britannique, notifiant que son gouvernement avait maintes fois donné à entendre que son intention n'était pas de léser la République Sud- Africaine (N.-B. N'empêche qu'il la lésait sans trêve), ni de se targuer d'aucuns droits d'intervention, si ce n'est de celui que lui attribuaient les Conventions (N.-B. 11 n'y en avait qu'une!). Cette lettre concluait en déclarant qu'il était inutile de poursuivre les négociations sur les bases primitives, le Cabinet se voyant dans la nécessité de prendre une attitude nouvelle et de chercher des moyens personnels de résoudre les difficultés créées par les agissements de la République. Ces moyens seraient expliqués dans une dépêche ultérieure.
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Sur ces entrefaites, le gouvernement républicain était ouvertement menacé dans un discours prononcé le 20 septembre 1899, par M. Hays Fischer, membre du Parlement anglais : « L'ère des atermoiements est close; le gouvernement doit envoyer maintenant en Afrique des forces suffisantes pour nous donner la certitude qu'un ultimatum suffira à mettre les Boërs à la raison, et afin que nous ne soyons pas obligés d'avoir recours à des moyens extrêmes comme celui qui consisterait à leur prendre le pays qui leur est si cher. »
Dès le 17 septembre, d'ailleurs, le secrétaire d'État, Reitz, ayant demandé au haut commissaire des explications au sujet de la concentration des troupes anglaises aux frontières de la République, celui-ci lui répondit que ces troupes étaient destinées à protéger les intérêts britanniques et à parer à toute éventualité.
Le 22 septembre, l'Angleterre mobilisait un corps d'armée à destination de l'Afrique australe, et, le 28 septembre, ordonnait le départ de la majeure partie de ces troupes. Le gouvernement républicain, de son côté, fit appeler sous les armes la majorité des Burghers, afin de prendre position aux frontières et d'être prêt à faire face à toute agression de la part des Anglais. Le 20 septembre, le secrétaire d'État demandait à l'agent britannique si son gouvernement avait pris une décision (relative aux moyens personnels dont il était question
dans la dépêche du 25 septembre). Chamberlain répondit lui-même, à la date du 2 octobre, qu'une dépêche explicative était en préparation, mais que sa rédaction prendrait quelque temps encore. Le ministre, évidemment, ne cherchait qu'à gagner du temps, de façon à pouvoir réunir en Afrique des troupes suffisantes avant d'expédier sa dépêche, qui ne devait être qu'un ultimatum.
Avant que les choses en fussent venues à cette extrémité, le président Steijn de l'État libre avait tenté l'impossible pour écarter la guerre.
Le 19 septembre, le haut commissaire avait télégraphié au président Steijn qu'un certain nombre de troupes stationnées d'ordinaire au Cap allaient être envoyées dans le Nord afin d'assurer la ligne de communications entre la colonie et les possessions britanniques du Nord, et qu'une partie de ces troupes étaient destinées aux frontières de l'État libre d'Orange. Il déclarait que cette information n'avait d'autre but que d'éviter tout malentendu pouvant résulter d'une agglomération anormale de troupes aux frontières de l'Etat d'Orange. 11 ajoutait que le gouvernement de Sa Majesté espérait encore une solution pacifique; mais que si cet espoir devait être déçu, il comptait que l'État libre d'Orange observerait une stricte neutralité.
Le président Steijn répondait le même jour qu'il ne
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voyait pas dans quelle mesure les difficultés soulevées pouvaient justifier l'emploi de la force.
Eu égard à la situation tendue qui régnait dans le Sud-Africain, il ne pouvait que déplorer ce déploiement de troupes aux frontières de l'Etat libre, certain que les Burghers y verraient une menace pour la sécurité de leur pays. Si donc cet état de choses devait entraîner des conséquences regrettables, la responsabilité n'en incomberait pas à l'Etat libre. Le président concluait en déclarant qu'il ne verrait pas sans peine s'altérer les relations qui avaient toujours existé entre l'Angleterre et l'Etat libre d'Orange.
Le 27 septembre le Volksraad orangiste adoptait une résolution disant qu'il ne voyait aucun prétexte à une guerre, que si elle éclatait, elle ne pouvait être qu'une guerre entreprise contre l'ensemble des populations du Sud-Africain, et, qu'en tous cas quoiqu'il pût advenir, l'Etat libre d'Orange resterait fidèle aux devoirs que lui imposait son alliance politique avec la République Sud- Africaine. En même temps le Volksraad adjurait le gouvernement de faire son possible pour amener une solution pacifique. A la suite de cette résolution, le même jour (27 septembre), le président Steijn adressait une dépêche au haut commissaire, par laquelle il en appelait aux liens de sang et d'amitié qui unissaient l'Etat libre, aussi bien à la colonie du Cap qu'à la République
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Sud-Africaine, liens que primait toutefois le lien plus étroit encore qui unissait les deux Républiques.
11 ajoutait que c'était ce même sentiment d'amitié par où il se sentait lié envers la Grande-Bretagne comme envers la République qui l'avait décidé à proposer la conférence de Bloemfontein ; que c'était surtout à l'Etat libre et à d'autres amis de la paix, qu'on était redevable des réformes significatives accomplies en si peu de temps par la République Sud- Africaine; et qu'enfin l'Etat libre avait toujours fermement compté que l'attitude de l'Angleterre se bornerait à donner des conseils amiables mais non pas à s'immiscer dans les affaires intérieures de la République.
Or, cette immixtion se produisait juste au moment où la République, à l'instigation de l'Etat libre, s'efforçait de faire droit aux revendications des Uitlanders. Toutefois, ce revirement du gouvernement anglais n'avait pas empêché l'Etat libre de conseiller à la République Sud- Africaine, de déférer au désir du Cabinet de Londres, dans l'espoir qu'une reprise des négociations aboutirait à la conciliation. Aussi, grande avait été la surprise du gouvernement de l'Etat libre, en apprenant que le Cabinet anglais retirait la proposition qui pouvait mettre fin à ce regrettable antagonisme. Bref, le gouvernement de l'Etat libre se déclarait toujours prêt à offrir ses bons offices pour arriver à une solution pacifique, mais ces
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bonnes intentions étaient comme par le passé, entravées par les points suivants :
a) Ignorance du but final et de la portée exacte des prétentions du gouvernement anglais.
b) Constatation du fait que le gouvernement anglais, en dépit de ses affirmations réitérées qu'il ne songeait pas à intervenir dans les affaires intérieures de la République, n'en poursuivait pas moins une politique dont le but semblait diamétralement opposé. A preuve qu'en dépit de ses prétendues dispositions amicales le gouvernement anglais continuait d'augmenter l'effectif de ses troupes coloniales et faisait de grands préparatifs militaires qui ne pouvaient avoir d'autre but qu'une politique de violence.
En conséquence, le président s'estimerait très heureux si, en attendant l'arrivée de la dépêche annoncée, les mouvements et l'augmentation des forces militaires aux frontières des deux états étaient suspendus, il s'estimerait heureux aussi d'être mis au courant des moyens préconisés par le gouvernement de Sa Majesté pour arriver à une solution pacifique du conflit.
Le 2 octobre, le président Steijn informait le haut commissaire qu'en raison de l'insuffisance de protection des frontières et de l'agitation qui régnait, en raison aussi de l'augmentation des forces militaires étrangères sur ces mêmes frontières, il se voyait obligé de mobi-
liser les Burghers qui réclamaient des mesures énergiques pour la défense de leur pays. 11 ajoutait qu'il attendait toujours une réponse à sa dépêche du 27 septembre. Le haut commissaire répondit le jour suivant qu'il regrettait cette mobilisation intempestive, alors que le président devait savoir que la République Sud- Africaine avait groupé des forces considérables aux frontières du Natal. Le président répondit le 3 octobre que la concentration des Burghers de la République Sud- Africaine aux frontières du Natal était la conséquence naturelle des mouvements de troupes anglaises aux frontières du Transvaal; il estimait, quant à lui, qu'aucune agression n'était à redouter de la part de la République Sud- Africaine, si toutefois une action hostile des troupes anglaises n'y fournissait prétexte. 11 rappelait qu'il n'avait pas encore reçu de réponse à sa dépêche du 27 septembre.
Le haut commissaire informait le président, le même jour, que les mouvements des troupes anglaises avaient pour origine les craintes exprimées parles habitants des districts ouverts, mais qu'ils n'étaient pas en rapport avec les forces considérables massées par la République Sud-Africaine aux frontières du Natal.
Le président repartit de même, le 3 octobre, que les craintes des habitants des districts ouverts ne légitimaient pas la concentration, d'ailleurs injustifiable de
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toute manière, des troupes anglaises. Cette concentration n'avait eu du reste, d'autres effets que d'entraver les efforts tentés dans le sens d'une solution pacifique ; la complication de la situation devait être attribuée, d'autre part au ton amer et hostile, non seulement des hommes d'État responsables, mais de la presse anglaise toute entière, ainsi qu'aux menaces perpétuelles que corroboraient à présent les nombreux préparatifs militaires faits en Angleterre. Et il restait fermement convaincu que la responsabilité de tout ce qui adviendrait au cas d'une rupture définitive, devait retomber sur ceux qui avaient provoqué l'entrée en scène de l'élément militaire et de la politique de menaces et d'intervention. Au surplus il était forcé de convenir qu'eu égard aux agissements de l'Angleterre, l'attitude du gouvernement transvaalien ne lui paraissait pas répréhensible, étant donné surtout qu'il n'avait toujours pas obtenu de réponse à son télégramme du 27 septembre, réponse qui eûtvraisemblablementenrayéla mobilisation des Burghers des deux Républiques. Loin de là, les transports de troupes et l'activité militaire étaient poussés avec plus d'activité encore par les Anglais. Le président n'était pas à même de juger si les forces anglaises massées à la frontière de la République Sud-Africaine étaient en rapport avec celles de la République, mais il ne pouvait pas oublier que la presse anglaise et l'opinion géné-
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raie avaient toujours affirmé que les troupes actuellement stationnées en Afrique étaient plus que suffisantes pour faire contrepoids aux forces indisciplinées de la République.
Cependant l'Angleterre poursuivait ses préparatifs, légitimant ainsi l'opinion des Burghers qui, de plus en plus, pressentaient un acte de violence, Steijn offrit encore une fois sa médiation, mais le haut commissaire lui répondit, le 4 octobre, qu'il estimait inutile de protester contre les allégations du président, attendu que les troupes anglaises prenaient leurs positions de défense bien en deçà des frontières du Natal, tandis que les Burghers se massaient tout auprès de ces frontières. ]1 ne doutait pas cependant du maintien de la paix et il était convaincu que toute proposition loyale, d'où qu'elle vînt, serait favorablement accueillie par le gouvernement de Sa Majesté.
Le 5 octobre le président écrivit qu'il était prêt à faire une proposition nouvelle mais qu'il serait de toute ustice vis-à-vis de la République Sud-Africaine que le gouvernement anglais suspendît au préalable tout transport de troupes et interdît le débarquement de celles qui se trouvaient en mer. Le président espérait apprendre le plus rapidement possible si ses vues agréaient à Son Excellence; il se faisait fort d'obtenir ensuite du gouvernement républicain la garantie qu'aucune incursion ne
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serait faite sur quelque point que ce fût du territoire de Sa Majesté. 11 appuierait d'ailleurs toute proposition loyale de nature à aboutir à une entente durable.
Le haut commissaire répondit, le 6 octobre, qu'il regrettait que le président posât comme condition à la poursuite des négociations une garantie de nature à gêner le gouvernement anglais dans la disposition de ses troupes sur son propre territoire. 11 allait de soi que le gouvernement de Sa Majesté ne pouvait pas donner une garantie pareille. Si toutefois le président pouvait lui donner l'assurance qu'aucun mouvement hostile n'aurait lieu au cours des négociations, il était prêta engager son gouvernement à observer la même attitude. A quoi Steijn répondit le même jour qu'il lui était impossible de demander à la République de poursuivre les négociations en présence de l'afPluence toujours croissante des troupes dirigées vers les frontières de la République dans le but indéniable de la forcer à accepter les conditions qu'il avait plu au gouvernement de Sa Majesté de lui fixer.
Le président émettait encore l'avis qu'il existait d'autres moyens de protéger le territoire britannique contre toute agression de ses voisins, et que lui-même s'emploirerait volontiers dans ce but, mais que la République Sud-Africaine ncn était pas moins fondée pour l'instant à considérer comme un acte d'hostilité manifeste
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la continuation en pleines négociations de la concentration des troupes des frontières. Le y octobre enfin, le président Steijn reçut une réponse à sa dépêche du 27 septembre, disant que le gouvernement anglais avait, à maintes reprises, exposé ses vues relativement à ses différends avec la République Sud- Africaine, et que, par conséquent, il ne pouvait supposer que son attitude donnât lieu à des méprises. Toutefois, quant aux explications demandées par le président de l'État libre au sujet des mouvements et préparatifs militaires, on pouvait lui répondre que ces préparatifs étaient motivés par la soudaine transformation de la Républiqne en une sorte de camp retranché. Malgré le rejet de ses propositions par la République Sud-Africaine, le gouvernement anglais était disposé à étudier la solution sur de nouvelles bases, sans perdre de vue, toutefois, cette grave considération, que les deux Républiques étaient actuellement sur le pied de guerre.
Le même jour, 7 octobre 1 899, une proclamation du conseil de la Reine paraissait en Angleterre qui convoquait le Parlement, décidait l'appel des troupes de la réserve, et ordonnait la mobilisation d'un nouveau corps expéditionnaire.
Le 9 octobre, le Président Steijn adressait encore au haut commissaire un télégramme où il s'incrivait en faux contre l'affirmation que les préparatifs militaires anglais
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étaient motivés par l'attitude de la République Sud- Africaine, et proposait une fois de plus le retrait mutuel et simultané de toutes les troupes en voie de concentration de part et d'autre, et la suspension des préparatifs anglais.
Tel est le récit fidèle et détaillé des négociations qui ont précédé la guerre. Quiconque juge les choses avec impartialité devra convenir que le gouvernement anglais, et en particulier le haut commissaire et Chamberlain ont fait tout ce qu'ils ont pu pour empêcher une solution pacifique.
La République Sud-Africaine n'avait pas tardé à s'apercevoir que le but du gouvernement anglais était de rendre un conflit inévitable, et qu'il n'ajournait l'envoi d'un ultimatum qu'afin de se donner le temps de réunir les forces suffisantes pour écraser le Transvaal. Aussi, dès que le gouvernement républicain fut persuadé que la guerre était devenue inévitable et que toutes nouvelles concessions seraient vaines, il résolut de prendre une attitude énergique, et, le 9 octobre, envoya à l'agent britannique une dernière note qu'on a depuis appelée notre ultimatum. Cette note faisait ressortir une fois de plus que l'Angleterre n'avait pas le moindre droit de s'immiscer dans les affaires locales de la République ; que c'était par pur esprit de conciliation que le gouvernement républicain avait consenti à entrer en pourpar-
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lers avec le gouvernement anglais au sujet de la question du droit de vote, question qui relevait exclusivement de la compétence du gouvernement et du Volksraad de la République ; que, loin de répondre à ces procédés amiables, le gouvernement anglais était entré dans la voie des menaces ; que, depuis la rupture des négociations, la République attendait toujours les propositions auxquelles le Cabinet de Londres avait fait allusion ; que, eu égard aux forces militaires dirigées vers ses frontières, la République s'était vue obligée de mobiliser ses Burghers pour assurer la défense du territoire; que l'intervention du gouvernement anglais dans les affaires intérieures de la République constituait une violation de la Convention de 1884, de même que le déploiement de ses troupes aux frontières créait une situation intolérable; que la République, enfin, considérait comme son devoir de mettre un terme à cette situation, dans son propre intérêt, aussi bien que dans l'intérêt de tout le Sud-Africain, et, qu'en conséquence, elle priait instamment le gouvernement de Sa Majesté de donner son assentiment aux dispositions ci -après :
a) Tous les points litigieux seront réglés à l'amiable par un tribunal arbitral ou par tout autre moyen pacifique susceptible de mettre les deux gouvernements d'accord.
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h) Toutes les troupes envoyées aux frontières de la République seront rappelées.
c) Toutes les mesures d'augmentation des effectifs militaires prises depuis le i" juin 1899 seront rapportées dans un délai discuté, en toute loyauté, par les deux gouvernements, et sous la garantie donnée par la République Sud-Africaine qu'aucune agression ou hostilité ne seront dirigées par l'une ou l'autre des deux Républiques contre les territoires de Sa Majesté pendant les négociations. Si l'Angleterre adhère à ces conditions, le gouvernement de la République est prêt à retirer ses propres troupes des frontières.
d) Les troupes anglaises actuellement en mer ne devront être débarquées dans aucun des ports de l'Afrique australe.
La dépêche concluait en priant le gouvernement anglais de donner réponse pour le i 1 octobre avant 5 heures de relevée, ajoutant que si une réponse favorable n'était pas arrivée dans ce délai, la République se verrait, à son grand regret, obligée de considérer les agissements du gouvernement anglais comme unz formelle déclaration de guerre dont les conséquences ultérieures ne pourraient lui être imputées, et qu'elle considérerait également comme une déclaration de guerre tout mouvement de troupes vers les frontières qui pourrait avoir lieu dans l'intervalle ci-dessus fixé.
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Le ] 1 octobre M. Green apportait la réponse du gouvernement anglais aux termes de laquelle celui-ci déclarait qu'il lui était impossible d'accepter les conditions posées par le gouvernement de la République Sud-Africaine. En même temps le chargé d'affaires demandait son passe port pour quitter le pays ; et voilà comment la guerre éclata en dépit de toutes les concessions, de toute la bonne volonté, et de toute la bonne foi dont la République avait fait preuve.
Le Volksraad dont la session n'était pas clause, s'ajourna dès qu'il parut évident que les hostilités allaient commencer; il avait, du reste, déclaré à l'unanimité, tout comme le Volksraad de l'Etat libre, qu'il était prêt à verser son sang pour le droit et pour la liberté, et tous les deux ont renouvelé ce serment dans leur dernière séance au milieu du deuil et des soucis delà guerre.
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