‹ Les mémoires du Président KrügerChapitre 15 sur 18 · LE PRESIDENT EN EUROPE · texte numérisé non relu

LE PRESIDENT EN EUROPE

I E lendemain, le président Krüger commençait son -'-^ long pèlerinage vers l'Europe, un voyage dont l'issue et les incidents possibles ne pouvaient alors être prévus ni prédits. A Krokodilpoort, où il avait passé la nuit, il prit place dans le wagon-salon du directeur de la Compagnie Sud-Africaine Néerlandaise. Le train s'arrêta quelques heures à Hectorspruit pour permettre à Krüger de faire ses adieux au président Steijn et à quelques amis venus pour le saluer au passage. Puis le voyage continua par Komatipoort, la dernière station du Transvaal, et la station frontière Resano-Garsea, où le train fut remis aux mains de la compagnie portugaise. A Lourenço-Marquès où l'on arriva à la tombée de la nuit, le train fut aiguillé sur une voie de garage de façon à permettre au président de débarquer inaperçu et

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de gagner sans encombre la demeure du consul général Pott. Son intention était d'y fixer sa résidence jusqu'au départ du premier paquebot pour l'Europe. Mais le jour suivant, le gouverneur portugais se présentait chez le président et lui dit qu'il était chargé par son gouvernement, d'offrir l'hospitalité au président dans sa propre demeure. Voyant que ce dernier hésitait devant cette offre qu'il tenait pour suspecte, le gouverneur finit par avouer que son invitation était un ordre impératif auquel le président devait se soumettre bon gré, mal gré, sinon qu'on l'y contraindrait par la force. Pas n'est besoin de dire que cette attitude du gouvernement portugais n'était imputable qu'à la pression exercée sur lui par le gouvernement anglais. Et de fait le gouverneur portugais de Lourenço-Marquès ne gouverne que de nom, le véritable maître du pays étant le consul anglais de Delagoa-Bay.

11 faut rendre cette justice, toutefois, au gouverneur Machado, contraint à une tâche pénible visiblement remplie sans enthousiasme, qu'il traita le président très cordialement, sans lui permettre toutefois de sortir autrement qu'en sa compagnie. La suite du président qui demeurait également dans la maison du gouverneur était logée à la même enseigne, c'est-à-dire que personne ne pouvait faire un pas sans être accompagné d'un adjudant; de plus, toute conversation avec les passants était

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rigoureusement interdite. Dans les premiers jours, le président avait été autorisé à s'entretenir librement avec les deux personnes qui composaient sa suite particulière et avec quelques amis qui venaient le visiter, mais cette autorisation même finit par lui être retirée à la suite d'une plainte du consul anglais.

Cette situation dura quelques semaines, pendant lesquelles le président put se considérer comme littéralement séquestré dans la maison du gouverneur. Ces tristes journées furent marquées par une date extraordinairement fêtée jadis au Transvaal, celle du soixantequinzième anniversaire du président. C'était alors, du matin au soir, dans la maison présidentielle, des flots de Burghers accourus de tous les districts pour lui apporter leurs vœux de prospérité.

Aujourd'hui, séparé à jamais peut-être de son pays, de son peuple et de sa famille, le prisonnier du gouverneur portugais n'avait même pas le droit de recevoir les Burghers qui se trouvaient dans la ville; tout au plus ceux-ci pouvaient-ils le fêter dans la rue, et il est certain qu'aucun d'eux n'y manqua.

Un rayon de pure lumière devait jaillir enfin à travers la nuit de toutes ces détresses : la reine de Hollande offrait de ramener le président en Europe sur l'un de ses navires de guerre. Cette généreuse initiative, hautement appréciée par le peuple boër, mettait du moins

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fin à l'insécurité qui avait si durement plané sur le voyage et sur le sort même du voyageur.

L'embarquement du président à bord du Gelderland ne put avoir lieu que le 21 octobre. Inutile de dire que le commandant et les officiers de ce vaisseau firent au président un accueil des plus chaleureux. Le trajet de Delagoa-Bay à Dar-es-Salam où le Gelderland mouilla le 5 novembre, ne fut marqué par aucun incident. Au début, le président souffrit, pour la première fois de sa vie, d'un peu de mal de mer, mais bientôt on put le revoir la pipe à la bouche, ce qui prouvait suffisamment qu'il avait su triompher du mal. A Dar-es-Salam, quelques fonctionnaires allemands vinrent à bord du Gelderland et prièrent le président d'assister à un banquet qu'ils projetaient d'organiser en son honneur, mais il les en dissuada, invoquant le deuil que lui imposaient les malheurs de son pays et de son peuple. La même invitation se renouvela à Djibouti, le président y opposa la même excuse. Dans les parages de Suez tous les navires rencontrés saluaient le pavillon du Ge/Jer/df/j^; sur le pont de ceux qui passaient assez près, des passagers se groupaient pour acclamer le président. 11 y eut même un navire français qui vira de bord et changea sa route pour venir saluer le Gelderland. Seuls, la plupart des navires anglais — et nous en rencontrâmes cinq près des côtes de Sardaigne — ne saluaient point. De Port-Saïd à

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Marseille, le président eut à se défendre contre de nombreux reporters qui tentèrent en vain de l'interviewer. La traversée fut, d'ailleurs, des plus pénibles. Ja Méditerranée était démontée par le mistral et le navire tanguait et roulait au point que le président fut repris du mal de mer.

Comme le voyage allait prendre fin, le commandant du Gelderland invita le président et sa suite à un dîner officiel. A cette occasion, le salon du navire fut décoré de drapeaux hollandais parmi lesquels figurait le pavillon transvaalien que les écoliers américains de Philadelphie avaient envoyé au président.

Le 23 novembre enfin le Gelderland entrait dans le port de Marseille.

Les membres de la délégation sud-africaine (à l'exception de Wolmarans qui était malade), ayant à leur tête le D'' Leyds entouré de quelques notabilités françaises et hollandaises, dont le professeur Hamel, de l'Université de Groningue, étaient venus à Marseille, pour y recevoir le président. Tout Marseille avait envahi les quais, et quand la chaloupe qui portait les membres de la délégation sud-africaine accosta le Gelderland, ce fut une immense acclamation d'un bout à l'autre de la rade. Du pont du navire, on ne distin-

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gnait qu'une houle de chapeaux et de mouchoirs agités. Tous les petits vapeurs à l'ancre étaient euxmêmes recouverts de véritables grappes humaines.

Après avoir exprimé toute sa reconnaissance au commandant du Gelderland et à ses officiers, le président prit place à bord d'un canot qui le conduisit au quai où l'attendait une manifestation plus éclatante encore.

Tandis qu'il s'avançait au milieu des vivats de la foule, leprésidentdu « Comitépour l'indépendance des Boërs » qui venait de se former en France, lui souhaita la bienvenue, disant qu'il était l'interprète de la ville de Marseille tout entière et que, d'ailleurs, l'accueil enthousiaste que lui faisait le peuple avait plus de portée que tout ce qu'il pourrait exprimer avec des mots. Le président répondit qu'il acceptait cet accueil avec reconnaissance, bien qu'en raison du deuil où était plongé son pays, il ne fût pas venu dans l'intention d'être fêté.

« Cette guerre, poursuivit-il, confine aux limites de la barbarie. Dans le cours de ma vie, j'ai eu à combattre pas mal de tribus cafres à peu près sauvages, mais ces Cafres étaient loin d'être aussi barbares que les Anglais qui brûlent les fermes et réduisent femmes et enfants à la dernière misère, sans même leur assurer un abri et le pain. J'espère que Dieu n'abandonnera pas le peuple boër. Si le Transvaal et l'État libre doivent

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perdre leur indépendance, ce ne sera qu'après l'anéantissement des deux peuples, femmes et enfants compris. »

Les manifestations et les acclamations ne firent que redoubler tout le long du chemin que suivit le président pour se rendre à l'hôtel, à telles enseignes qu'elles portèrent ombrage à des touristes anglais qui s'avisèrent de jeter, du haut d'un balcon, des gros sous dans la foule dans l'espoir d'amener quelques bagarres. Cet espoir ne fut pas déçu, d'ailleurs, car un groupe de manifestants outré du procédé, se mit aussitôt en devoir de prendre l'hôtel d'assaut, et il fallut le concours de la police pour protéger les auteurs de cet acte inconvenant.

Au moment de toucher terre, le président avait envoyé un télégramme au président Loubet, afin de le remercier des témoignages de sympathie émanant de son gouvernement et de son pays. Le préfet de Marseille répondit à ce télégramme au nom du président. Le lendemain 24 novembre, Krüger prit le rapide pour Paris, acclamé tout le long du trajet comme il l'avait été depuis l'instant de son débarquement. A toutes les stations où le train s'arrêtait, des délégations venaient lui apporter des fleurs et lui exprimer leur sympathie émue. A Lyon, même, il dut descendre de wagon pour répondre à l'accueil de la foule, et le maire lui remit, à cette occasion, une médaille commémorative.

A Paris, l'enthousiasme atteignit des proportions

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ndescriptibles. Tout le monde se souvient de la réception faite à Krüger à la gare de Lyon. Plusieurs discours furent prononcés, dont un par le vice-président du conseil municipal à qui Krüger répondit que « le seul fait de fouler le sol de Paris lui inspirait une nouvelle confiance, car les armes de la Ville — un vaisseau qui jamais ne sombre — semblaient lui présager que les Républiques non plus ne sombreraient point. »

Une foule innombrable était massée aux abords de la gare et sur tout le trajet de la gare à l'hôtel ce furent des cris incessants de « Vive Krüger! vive l'arbitrage! » et les fleurs pi cuvaient dans la voiture qui emportait le président. A l'hôtel même il dut paraître plusieurs fois au balcon pour que les Parisiens pussent l'acclamer, et ces scènes se renouvelèrent quotidiennement pendant toute la durée de son séjour.

A quatre heures de l'après-midi eut lieu la réception officielle à l'Elysée par le président Loubet, qui rendit sa visite à Krüger aussitôt après, selon le cérémonial en usage pour les visites de souverains et de chefs d'État.

Pendant ce séjour à Paris, qui dura du 26 novembre au 1^" décembre, le président visita la plupart des attractions de la ville y compris la Tour Eiffel, l'Hôtel de Ville, et l'Exposition universelle où il fut particulièrement touché à la lecture des inscriptions qui figuraient sur les murs du pavillon du Transvaal et qui toutes expri-

maient les vœux les plus ardents pour les Boërs. A l'Hôtel de Ville il fut reçu par le conseil municipal assemblé ayant à sa tête son président qui lui adressa une allocution vibrante exprimant l'admiration de la France pour le courage héroïque des deux Républiques : « Quand les Républiques, conclut-il, sont réduites au silence, c'est aux peuples qu'il appartient de parler » paroles qui impliquaient l'espoir d'une future intervention arbitrale.

A une allocution prononcée d'autre part par le président du conseil général, Krüger répondit : « Si les Boërs, qui continuent la lutte en dépit des bruits qu'on fait courir sur leur défaite irrémédiable, pouvaient apprendre l'accueil qui m'a été fait en France, ils seraient certes fortifiés dans leur résolution de vaincre ou de mourir. » Le président remercia aussi la presse pour la façon dont elle avait exposé les agissements des Anglais durant la campagne, ajoutant que, si on pouvait envoyer des reporters sur les lieux mêmes, le monde apprendrait avec stupéfaction les cruautés commises par les soldats du corps expéditionnaire anglais.

Après avoir consacré tout son temps à la réception des délégations officielles ou privées, il partit le i cr décembre pour Cologne. Jusqu'à la frontière française le voyage ne fut, comme celui de Marseille à Paris, qu'une qu'une suite d'ovations. A chaque station le président

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était acclamé par une foule enthousiaste qui manifestait spontanément sa sympathie pour la cause boër. ]1 en fut de même en Belgique. Il est triste de penser que les chères espérances qu'un tel accueil avait fait naître chez le président devaient sitôt s'écrouler.

A Cologne la réception fut une des plus enthousiastes dont la ville eût jamais été témoin. Cet enthousiasme causa même un accident dont la gare d'arrivée fut le théâtre. Par suite de la foule qui se pressait partout, une poussée se produisit, quelques curieux furent précipités sur le perron par une embrasure, et l'un d'eux se cassa la jambe et mourut des suites de cet accident. Pour éviter l'encombrement, le président dut gagner son hôtel par des chemins détournés.

On sait que Krüger comptait voir l'Empereur d'Allemagne mais, au dernier moment, il reçut un télégramme l'informant que Sa Majesté, obligée de partir pour la chasse, ne pouvait pas le recevoir. Le président décida aussitôt de repartir pour La Haye. 11 n'en avait pas moins reçu de nombreuses délégations et exprimé personnellement ses profonds regrets à la veuve de l'homme à qui l'accident de la gare avait coûté la vie.

Le voyage à travers l'Allemagne et la Hollande vit se répéter les démonstrations et les manifestations sympathiques auxquelles le président était maintenant habitué. Chaque arrêt groupait autour du train nombre de corpo-

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rations, de sociétés venues avec leurs bannières et leurs insignes pour saluer le président et acclamer la cause boër. Cet enthousiasme, comme bien l'on pense, ne fit que croître à mesure qu'on approchait de La Haye où le train stoppa à la tombée de la nuit. Ici les environs de la gare et toutes les rues conduisant à l'hôtel où le président devait descendre, étaient envahis par une foule en délire. De la frontière hollandaise le président avait envoyé à la reine un télégramme de respectueuses salutations. Après avoir reçu la visite des ministres, Krüger se rendit dès le lendemain à la Cour pour présenter personnellement ses hommages à la reine et la remercier de sa généreuse intervention. 11 reçut quelques jours plus tard une invitation à un des dîners officiels de la cour, puis une visite du prince consort qui vint le voir à son hôtel. Son séjour à La Haye dura plus Iontemps qu'il ne l'avait pensé d'abord, car au retour d'une visite faite à Amsterdam où il avait été fêté comme d'habitude (une grande cérémonie y avait été organisée en son honneur au palais du peuple et à l'église) il se sentit très fatigué et dut finalement s'aliter, atteint d'une fluxion de poitrine; son état fut même pendant quelques temps assez alarmant.

Rétabli, il se rendit à Utrecht où il fit un séjour de deux mois et demi qu'il utilisa pour se soumettre à une délicate opération que l'état de ses yeux avait fini par

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rendre indispensable ; cette opération, pratiquée par son médecin ordinaire, ]e docteur Heymans, et par le professeur Snellen, eut d'ailleurs un résultat des plus favorables. Krüger, accompagné de sa suite, se rendit ensuite à Hôlverson, à la Villa Casa Cara, qu'il habita pendant huit mois. Son repos n'y fut point absolu, car, outre une visite de quelques semaines qu'il fit à son ami A. D. W. Wolmarans qui résidait à Schevening, il dut se rendre dans plusieurs villes hollandaises qui attendaient impatiemment sa venue.

Une de ces tournées le mena à Rotterdam ; là il put contempler au Tiergarten, un petit arbre qu'il avait lui-même planté en 1884; puis à Dordrecht, où il fit un pieux pèlerinage à la vieille église où siégea le sinode de 1818-1819 dont les décisions eurent une si grande influence sur la Confession à laquelle il appartient. 11 visita également Kampen qui est la Mecque des Églises réformées. Ces deux dernières villes lui firent une réception des plus chaleureuses et des plus cordiales.

A peine de retour à Hôlverson, il était atteint par le coup le plus dur qui pût le frapper : un câblogramme lui apprenait la mort de sa femme. Une seule pensée lui permit de résister à ce malheur suprême, c'est que cette séparation n'était que temporaire et qu'il irait bientôt rejoindre la morte. Cet espoir lui donna aussi la force d'écrire à sa fille. M""" Malan, une longue

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lettre de consolation et de pieux réconfort ; il accepta même une nouvelle invitation de son ami Wolmarans qui le retint auprès de lui quelques semaines dans l'intention de le distraire un peu de son chagrin. Rentré à Hôlverson, le président mena une vie des plus retirée, consacrant tous ses loisirs à la lecture de la Bible.

Dans les premiers jours du mois de décembre 1901, Krüger se fixa à Utrecht dans la villa « Oranjelmt ». C'est là qu'il reçut la nouvelle de la brillante vicroire remportée par Delarey sur Lord Methuen. 11 en éprouva une grande joie, mais comme une des personnes de son entourage exprimait l'espoir que Delarey probablement retiendrait Methuen prisonnier, il dit : « Je serais le premier à désapprouver cet acte, mais j'espère bien d'ailleurs que Delarey se hâtera de remettre son prisonnier en liberté, car nous autres Boërs nous devons, jusqu'à la fin, nous conduire en Chrétiens, quelque inhumains que se montrent les Anglais à notre égard ». Aussi accueillit-il avec une joie franche la nouvelle de la mise en liberté de Methuen. Une série d'autres événements heureux vint réjouir en ce temps-là le cœur du président, de sorte que les choses semblèrent prendre — pour peu de temps, hélas — une tournure conforme à ses espérances.

Sa confiance absolue dans la vaillance des combattants boërs ne s'est pas démentie un seul instant pen-

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dant toute la durée de la guerre; il l'a toujours et partout hautement affirmée, en y joignant, toutefois, ce correctif que, pour l'issue suprême, il fallait s'en remettre à la décision que les circonstances inspireraient aux chefs de l'armée. Pendant la négociation des préliminaires, il n'eut que cette seule réponse à opposer à tous ceux qui lui demandaient ce qu'il pensait de la paix : « 11 n'arrivera que ce que Dieu voudra ». Et quand on apprit enfin la conclusion de la paix, il dédia aux chefs Boërs ces mots de la Bible (11 Corinthiens, 8, 3) : « Je dois leur rendre ce témoignage qu'ils ont fait leur possible, et même au-delà ».

En ce qui le concerne personnellement, il déclara qu'il ne se laisserait pas abattre bien que cette paix ne fût pas telle que les Burghers l'auraient souhaitée : « car, conclut-il, non seulement l'effusion de sang, et les tortures épouvantables qu'endurèrent les peuples des deux Républiques sont terminées, mais je suis persuadé qu'en dépit des apparences parfois contraires Dieu n'abandonne jamais les siens. Et c'est pourquoi, je m'en remets à la volonté du Seigneur. Je sais qu'il ne permettra point l'anéantissement du peuple opprimé. 11 est le maître tout puissant qui tient tous les coeurs dans sa main et les dirige selon sa souveraine sagesse. »

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