‹ Les mémoires (extraits);Chapitre 2 sur 64 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

France, et de sa seconde femme, Charlotte de l'Aubépine. Sa noblesse était fort ancienne, encore que sa prétention de descendre de Charlemagne ne soit guère moins risible que celle qu'avait M. de Clermont-Tonnerre de descendre à la fois des empereurs d'Orient et d'Occident. Mais, si sa noblesse était bonne, les destinées de sa famille avaient été fort obscures pendant tout le seizième siècle ; et il fallut la faveur particulière de Louis XIII pour tirer Claude de Saint- Simon de la foule et en faire un duc et pair (1635). Claude de Saint-Simon paraît, au reste, avoir mérité cette faveur et cette élévation. Il avait de grandes qualités : fidélité, probité, fierté, désintéressement. Il avait aussi des défauts : opiniâtreté, disposition à l'humeur et à l'aigreur, promptitude excessive à l'emportement, qualités et défauts qui se retrouvèrent plus marqués encore chez son héritier. Le père est comme

— Sainte-Beuve a dit l'essentiel sur ce personnage : « A la manière dont Saint-Simon nous parle de son père, et même si l'on en rabat un peu, on voit en celui-ci un homme de qualité, fidèle, assez de'sintéressé, reconnaissant, et en tout d'une étoffe morale peu commune à la cour. Son attitude envers Richelieu est digne autant que sensée; il n'est ni hostile ni servile... Si j'avais à définir en deux mots le père de Saint-Simon, je dirais que c'était un favori, mais que ce n'était pas un courtisan, car il avait de l'honneur et de l'humeur. »

Page 1