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XIV PRÉFACE

Louis XIII. Et sa personne était comme son style. Les jeunes courtisans de Versailles le considérèrent, dès l'abord, avec plus d'étonnement que de sympathie. Ils sentaient obscurément en lui un homme d'une autre race, et comme le dernier des féodaux et des frondeurs. Sa sévérité de mœurs et sa piété contribuèrent aussi à faire de lui un être d'exception, surtout aux temps de la régence. Cette piété, qu'il tenait de sa mère, paraît avoir frappé les contemporains. Ils y reviennent souvent. Dans une boutade fort brutale contre lui, d'Argenson.le qualifie de « petit dévot sans génie » . Sa « dévotion » doit avoir été grande, en effet, car elle faillit l'empêcher de commencer ses Mémoires. Un auteur de Mémoires devait apprécier mille personnages, distribuer ici l'éloge et là le blâme, et, comme il traitait les honnêtes gens en honnêtes gens , traiter les fripons en fripons. Une telle tâche n'impliquait-elle pas force médisances et était-elle bien le fait d'un vrai chrétien? Il soumit ses scrupules à Rancé, que son père lui avait fait connaître, et à qui il avait voué un attachement respectueux; et il ne fallut rien moins que l'approbation du fameux solitaire pour qu'il se décidât enfin à commencer ses Mémoires, en 1694. Il était alors au service. Présenté à Louis XIV, il

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