LE MALHEUR DE PAVIE. UNE AUTRE CHANSON MILITAIRE OUI
n'est pas CELLE DE LA P ALICE.
Le noble seigneur Rance (1 ) n'empêcha pas Bourbon de gagner la partie finale à Pavie. Le roi François P' y fut pris, et Monluc aussi. Mais la grandeur a ses inconvénients ; pendant que le roi de France voguait vers TEspagne où l'attendait un accueil peu courtois, Monluc, qui n'avait pas grand'finance, fut mis en liberté. Il revint à pied de Pavie en Languedoc : excellent exercice pour
(1) C*était un gentilhomme romain, Renzo diCeri, qui appartenait par alliance à la famille des Ursins.
Le canaétable de B iReproduclion du ilii^ée de VersailUi).
les jambes d'un jeune homme de vingt-trois ans qui n'en était déjà plus à s'étonner des disgrâces de la fortune. Il put chanter encore une fois tout à son aise sur le chemin; mais il ne s'agissait plus de célébrer la gloire du noble seigneur Rance : la complainte à la mode maudissait les traîtres qui avaient abandonné le roi à Pavie :
— Qu*a fait la chansonnette ?
Ce sont gentils galans Qu'étaient en la délaite Bien marris et dolens.
Voyant le roi, leur maître, Combattre vaillamment, Mais par des gens déshonnétes Fut laissé lâchement (1).