‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 18 sur 102 · COMMENT ON LEVAIT DEUX COMPAGNIES SOUS FRANÇOIS · texte numérisé non relu

COMMENT ON LEVAIT DEUX COMPAGNIES SOUS FRANÇOIS

En huit jours, il eut sous la main ce qui lui était nécessaire. Il était si pressé qu41 ne songea pas à regarder de très près la marchandise humaine qui s'offrait à lui Tout ce qu'il y avait de plus louche et de plus taré en Gascogne et aux pays voisins postula avec succès pour ses deux compagnies : jamais on n'avait vu pareille réu-

fiLAISE DE MONLUC.

nion de bandits, de batteurs d'estrade et de détrousseurs de grande route. Pour comble d'imprudence, Monluc, qui trépignait de les voir marcher pas à pas comme des tortues sur le chemin de l'Italie, les quitta près de Toulouse pour gagner au plus vite le roi et le grand-maître. Ce fut le bouquet, et Monluc reconnaît de bonne grâce la faute grave qu'il commit alors.

— Un chef ne doit guère abandonner sa troupe, si ce n'est par grande occasion. Le désir que j'avais d'être des premiers me fit quitter la mienne, ce qui fut cause de ce désordre (i).

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