‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 28 sur 102 · COURTOISIE DU MARQUIS DE MARIGNAN · texte numérisé non relu

COURTOISIE DU MARQUIS DE MARIGNAN

Marigoan savait exactement ce qui se passait dans la ville et n'ignorait pas la famine qui y sévissait. Par une attention courtoise qui n'a rien d'extraordinaire à l'époque — peut-être aussi, en Italien qui connaît ses compatriotes, pour exciter la défiance des Siennois à l'égard de leur gouverneur étranger, — il voulut que Monluc passât, comme il convenait à son rang, les fêtes de Noël,

— La vfiille de Noël, environ quatre heures après midi, le marquis de Marignau m'envoya par un sien trompette la moitié d'un cerf, six chapons, six perdrix, six flacons de vin Trebian et six pains blancs pour faire lendemain la fêle : ce que je ne trouvai pas étrange, de tant qu'à rextrémlté de ma grande maladie, il permit que mes médecins envoyassent vers les siens au camp pour recouvrer de Florence certaines drogues, et ses médecins mêmes y envoyaient et lui-même n'envoya par trois ou quatre fois des ortolans. Me laissa aussi entrer un mulet chargé de petits flacons de vin grec que M. le Cardinal d'Armagnac m'envoya... Toutes ces courtoisies sont très honnéles, et louables même aux plus grands ennemis s'il n'y a rien de particulier, comme il n'y avait entre nous, il servait son maître et moi le mien (1).

SOUFFRANCES DES SIENiMOIS. QUELQUES-UNS PARLENT DE

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