‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 6 sur 102 · NOBLESSE ET PAUVRETÉ DE LA FAMILLE DES MONLUC · texte numérisé non relu

NOBLESSE ET PAUVRETÉ DE LA FAMILLE DES MONLUC

Les Monluc (1) étaient une branche de la vieille famille des Montesquiou. Comme les trois quarts des petits gentilshommes au commencement du XVI* siècle, ils étaient à peu près ruinés, si tant est qu'ils eussent jamais été riches. On ne mangeait pas toujours à sa faim chez les Monluc.

— Et encore que je sois gentilhomme, néanmoins si 8uis-Je parvenu degré par degré, comme le plus pauvre soldat qu'ait été de longtemps en ce royaume : car je suis

(1) Monluc était une chàtcllenie située en face d'Ai$;uiIIon, sur In rive gauche de la Garonne. Le nom primitif est peut-être Bonluc (Bonus lucus).

12 BLAISE DE MONLUG.

renu au monde fils d*un gentilhomme que son père avait vendu tout le bien qu'il possédait^ hormis huit cents ou mille livres de rente ou revenu. Et comme j'ai été le premier de six frères que nous avons été, il a fallu que je fisse connaître le nom de Monluc de notre maison, avec autant de périls et hasards de ma vie que soldat ni capitaine ait jamais été (1).

LE PETIT BLAISE DE MONLUC DEVIENT PAGE DE MADAME DE LORRAINE, PUIS ARCHER SOUS M. DE BAYART.

Huit cents ou mille livres, c'était maigre pour tant d'appétits dévorants. Aussi le petit Biaise quitta de bonne heure le pigeonnier paternel. Il fut d'abord page du duc Antoine de Lorraine, qui le donna à sa femme : c'était une fonction domestique OÙ les jeunes nobles faisaient leur apprentissage, et OÙ ils emboursaient à l'ordinaire plus de coups de fouets que de gratifications. Monluc, qui fut sans doute un page noiraud et mal commode, n'était pas homme à se Vanter de ceux qu'il avait pu recevoir. Il eut ensuite, suivant l'usage encore existant à cette époque, une place d'archer dans une compagnie de gens d'armes et il y servit sous les ordres de M. de Bayart. Après quoi, son éducation terminée, il revint au logis. Il avait alors dix-sept ans.

(1) Comm, et lettres de B. de Monluc, t. l. livre i, p. ?9.

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