‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 71 sur 102 · LA PSYCHOLOGIE MILITAIRR DE MONLUC · texte numérisé non relu

LA PSYCHOLOGIE MILITAIRR DE MONLUC

Tout un traité de psychologie militaire est épars çà et là dans les feuillets des Commentaires. Avoir ses hommes parfaitement en main, les connaître par leurs noms, avoir étudié leurs complexions et humeurs diverses, voilà pour Monluc ce qui doit être la principale occupation d'un capitaine. La relation de vassal à suzerain avait

siDgulièresment, depuis cent ans^ perdu de ses exigences; mais la valeur personnelle de Thomme avait gardé toute sa force d'attraction, et un chef qui avait un passé glorieux attirait toujours à sa lumière un essaim de hardis et ardents compagnons. Il y avait ainsi, dans chaque camp, un petit nombre d'écoles de guerre où le maître prêchait d'estoc et de taille devant ses disciples. C'était un mauvais signe pour un capitaine d'être délaissé et sa réputation en souffrait grandement.

Comme les soldats connaissent un capitaine qu^à

son consentement est demeuré victorieux, tous les vaillants hommes recherchent d'être à lui, espérant que puisqu'il a eu si bon commencement, toutes choses lui doivent succéder heureusement et par ainsi ils seront employés. Car c'est le plus grand dépit qu'un homme de bon cœur puisse avoir, lorsque les autres prennent les charges d^exécuter les entreprises, et cependant il mange la poule du bon homme auprès du ieu. Ainsi vous vous trouverez toujours accompagnés de braves hommes, avec lesquels vous continuerez à gagner honneur et réputation. Et au* contraire si vous êtes malheureux au commencement, soit pour votre faute ou lâcheté, tous les bons hommes vous fuiront et ne vous demeurera que gens de peu de valeur, et avec ceux-là, quand vous seriez le plus brave homme du monde, vous ne pouvez gagner autre chose que mauvaise réputation (1).

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