ENCORE UN SOUVENIR DE LA FAMEUSE JOURNÉE DE CERISOLES
S'il n'était pas suranné de demander aujour*
(1) Corn m. ei leltres de B. de Monluc, t. I, livre i, p. G2-C3. MONLUC 8
d'huî des leçons au passé, je dirais que plus d'un précepte de Monluc et son propre exemple avant tout peuvent encore être utiles à nos conten^porains. En dépit de ses sourcils hérissés et de ses gestes brusques, les soldats le recherchaient parce qu'ils avaient confiance en lui. Ils lui en donnèrent une preuve touchante, le jour de Cerisoles :
— Les Allemands marchaient grand pas droit à nous. Je m'en courus devant la bataille et mis pied à terre, car j'avais laissé un mien laquais toujours devant le bataillon avec ma pique. EtcommeM.de Tes et les capitaines me virent descendre, tous crièrent à une fois: « Remontez, capitaine Monluc, remontez, et vous nous conduirez au combat. » Alors je leur répondis que si j'avais à mourir ce jour-là ne pouvais mourir en plus honorable lieu qu'avec eux la pique au poing. Je criai au capitaine la Burthe, sergent-major, qu'il courût toujours autour du bataillon quand nous nous enferrerions et qu'il criât lui, et les sergents derrière et parles côtés : « Poussez, soldats, poussez, afin de nous pousser les uns et les autres. » Et ainsi vînmes au combat (1).