ET SES PAREILS
Ce sont là de belles paroles et il y en a beaucoup de semblables dans Monluc. Par sa situation à mi-côte entre Taristocratie de cour et la bourgeoisie, il participe à la fois des préjugés de Tune et des saines vertus de l'autre. Il admet que Charles de Bourbon fut contraint au crime par les affronts reçus ; mais l'idée d'un crime pareil, il la repousse, pour sa part, bien loin de lui, II excuse ou, plutôt, il explique le connétable ; il ne l'approuve pas. A ce point de vue comme à tant d'autres, ses Commentaires sont précieux : ils marquent nettement une des phases de l'évolution accomplie par la noblesse, depuis le jour où elle avait dépouillé la forme féodale jusqu'à Té-
(1) Comm. et lettres de B. de Monluc, t. UI, livre vu, p. 450-452,
poque où elle ne fut plus pour la royauté qu'une immense école de Saint-Cyr. La Fronde fut le dernier terme de cette transformation, et Ton y vit pour la dernière fois le vieux principe de l'obéissance au suzerain en lutte avec le principe nouveau de Tobéissance au prince et à la patrie. Pour bien des raisons Monluc n'éprouve pas le besoin d'être le champion du passé ; il représente la nouvelle doctrine qui n'équivoque plus sur les droits du roi, et c'est là la cause de son altitude, si nette et si ferme, pendant les guerres de religion. Le levain des vieilles rébellions féodales qui fermentait dans l'âme des révoltés pour le Christ l'aveugla sur la grandeur et la sainteté de leurs revendications ; il les traita en sujets infidèles, et non en chrétiens mourant pour leur foi.
CE ou ÉTAIT DEVENUE AU XVI® SIÈCLE LA GRANDE QUERELLE