LE PORTRAIT DE UENRI II
La louange est mince pour le défenseur de Metz et le libérateur de Calais ; mais Monluc, qui consomme tant d'encens pour son usage personnel, le distribue aux autres par petites pincées. Il n'a guère fait d'exception que pour son royal maître Henri II, sur le compte duquel la postérité n'est pas tout à fait d'accord avec lui. Voici le portrait
(1) Comm. et lettres de B. de Monluc, t. II, livre iv, p. 275. (2)6*owm. et lettres de B. de Monluc, t. II, livre iv, p. 258.
assez court qu'il eo trace, et qu'il ue faut pas prendre au pied de la lettre \ les jugftments de ModIuc sur les personnes sont quelquefois sujets h caution :
— Depuis la mort de ce bon prince, mon mattre, j'ai souhaité la mienne cenl fois que je n'étais mort comme lui aux grandes traverses que l'on m'a données : qui n'eût étéen la puissance des hommes de me les donner s'il eiH été en vie : car il n'oubliait jamais les services que l'on lui faisait, tout petits fussent-ils, et n'était en la
puissance des hommes de lui ôter la bonne opinion qu'il avait des personnes quand ils lui faisaient service. Et au contraire quand un homme avait fait quelque chose malfaite en son service, quelque bonne mine qu'il fit, pour complaire à ceux qui lui voulaient ôter la mauvaise opinion qu'il en avait prise, cela ne lui partait jamais de sur son cœur, comme monsieur le maréchal de Saint-André m'a plusieurs l'ois dit et déclaré sa complexion.Il était fort son privé elle connaissait très bien... (1).