‹ Les Mendelssohn-Bartholdy, et Robert SchumannChapitre 25 sur 41 · Dans le F raser* s Magasine d*avrU · texte numérisé non relu

Dans le F raser* s Magasine d*avrU

de SOQ admiration pour tout ce qui est beau et grand, de son esprit cultivé, de son goût parfait, et de ses nobles sentiments. i>

Je ne m'arrêterai, pas à Tana^yse des œuvres de Félix Mendelssohn-Bartholdy; M. Barbedette (loc. oit.) s'en est trop bien acquitté pour que je veuille courir sur ses brisées, et, d'ailleurs, je partage enlièreraent sa manière de voir à ce sujet. Je renvoie donc le lecteur à l'excellente biographie qu'il a publiée, et dont j'ai déjà parlé. Quelques mots seulement sur son talent de virtuose.

Son exécution lui était toute personnelle; elle n'avait rien des finesses merveilleuses de celle de Moschelès, rien des séductions délicates et mélancoliques de Chopin, rien des étonnants tours de force de Liszt, rien qui sentît le charlatanisme. Il charmait et fascinait ses auditeurs, en se servant des moyens les plus simples et les plus classiques. Je n*en veux pour preuve que ce qu'en a dit une des plus admirables pianistes d'aujourd'hui, madame Clara Schumann :

« Mes souvenirs du talent de Mendelssohn font partie des plus délicieux de ma vie artistique. C'était pour moi un idéal plein de génie et de feu, uni à la perfection technique. Peut-être prenait-il quelquefois les mouvements un peu vite, mais jamais au détriment de la musique. Il ne m'est jamais arrivé de le comparer à d'autres virtuoses ; il ne voulait pas entendre pirler des simples effets d'exécution ; il était toujours

le grand musicien, et, en Técotitant, on oubliait Texécutant, pour jouir amplement du plaisir de la musique. Je l'ai entendu jouer du Bach, du Beethoven, ses propres compositions, et je n'oublierai jamais Timpression qu'il produisit sur moi. »

Félis, qui l'entendit à Paris en 1832, dit de lui : « Obligé de satisfaire à de nombreuses occupations, il ne put jamais donner à l'étude du piano \e temps qu'y consacrent les virtuoses de profession; mais ses mains avaient une adressé naturelle si remarquable, qu'il put briller partout où il se fit entendre. Il n'y avait pas de musique de piano si difficile qu'il ne pût exécuter correctement, et les fugues de J.-S. Bach lui étaient si familières, qu'il les jouait toutes dans un mouvement excessivement rapide. Son exécution était expressive et pleine de nuances délicates. 3)

Mendelssohn connaissait encore d'autres instru* ments que le piano. Il aimait à tenir la partie d'alto, et en plus d'une occasion il joua en public le premier violon dans son Ottetto. Dans son jeune âge^ il avait étudié le violon, mais il le négligea ensuite pour ne s'occuper que du piano et de Torgue. Il en jouait pourtant lorsqu'il fallait compléter un ensemble, et ceux qui l'ont connu disent qu'ils s'amusaient fort de le voir assis devant son pupitre et lutter avec les diffi* cultes de sa partie comme un simple petit garçon. On a la preuve qu'il connaissait parfaitement les ressources de cet instrument, dans sa musique de violon, où se trouvent peu de difficultés que ne par-

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vienne à surmonter un artiste d'un talent ordimHre.

Physiquement, Mendelssohn fut un des plus beaux hommes que l'on puisse voir. Ses grands yeux formaient la partie la plus remarquable de son visage. Quand il était au repos, il avait l'habitude de baisser les paupières et de rapprocher leurs cils comme les personnes qui ont la vue basse; mais, quand il s'animait, ses yeux étincelaient et donnaient à sa figure un éclat extraordinaire. Dans le feu de Timprovisation, ils se dilataient si étrangement, qu'ils semblaient du double plus grands, et les pupilles, naturellement brunes, passaient au noir foncé. M. Chorley prétend qu'aucun de ses portraits ne le reproduit fidèlement.

« Pas un peintre, dit-il, n'a su perpétuer son aspect lorsqu'il écoutait de la musique qui lui plaisait. Rien en lui n'était affecté; il n'avait pas besoin de courir après l'esprit; il en avait à revendre, c'était une intelligence pure et sincère. Peut-être, ajoute M. Chorley, n'y eut-il pas de peintre contemporain assez fort et assez simple à la fois, pour bien saisir la physionomie d'un tel homme. »

Il y a dans ces quelques mots une exagération qu'il faut pardonner à l'ami et à l'admirateur. — M. Sébastien Hensel donne de son oncle un portrait dessiné par son père, Wilhelm Hensel, et affirme qu'il était d'une ressemblance frappante.

Le meilleur des portraits de Mendelssohn, au dire des personnes qui l'ont le mieux connu, est celui que peignit en 1844, à Berlin, son ami, le peintre Edouard

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Magnas, et qui appartient aujourd'hui à madame Olto Goldschmidt (Jenny Lind), à laquelle Magnus luimême roflril. En 1831, à Rome, Horace Yernet avait fait aussi un portrait de Félix ; mais, malgré toutes les recherches, ou n'est pas parvenu à le retrouver, pas plus qu'un autre peint en 1840, par un peintre nommé Schramme.

Félix Mendelssohn-Barlholdy eut cinq enfants : CharleS; Marie, Paul, Félix et Lilli. Félix mourut en 1851, les quatre autres ont survécu à leur père et à leur mère, morte à Francfort six ans après son mari, le 25 septembre 1853. Aucun n'embrassa la carrière musicale et ils eurent raison. Avec un tel nom, l'héritage paternel aurait été trop lourd à porter.

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