‹ Les Méningites à Pneumocoque IIIChapitre 19 sur 23 · SET A · texte numérisé non relu

SET A

dont l’état général est profondément atteint, qui présente depuis un certain temps une mastoïdite à allure torpide, sans signes fonctionnels ni physiques nets, accompagnée d’un écoulement auriculaire peu abondant. Ceci s’opposant aux otites qui reconnaissent d’autres agents microbiens et dont les complications osseuses s’annoncent généralement à grand fracas.

Chez le diabétique cependant, l’oto-mastoïdite revêt souvent une allure sournoise qui ne permet pas cliniquement de la distinguer de l’oto-mastoïdite à mucosus. Îl y a donc grand intérêt à examiner les urines des malades qui présentent une mastoïdite latente.

La méningite à mucosus ressemble aussi beaucoup à certaines méningites des nouveau-nés dont l’origine auriculaire n’est généralement reconnue qu’à l’autopsie.

Seul l'examen bactériologique permet un diagnostic de certitude, et ceci met une fois de plus en évidence l'intérêt qu'il y a à pratiquer systématiquement l’examen bactériologique du pus d’une otite qui présente quelques caractères atypiques, ou d’une mastoïdite opérée qui semble devoir évoluer normalement, mais où cependant persiste une légère hémicrânie, une suppuration un peu plus abondante que ne le laisserait supposer l’état de la plaie opératoire.

La ponction lombaire, pratiquée au moindre soupçon de méningite, permet seule un diagnostic du germe en cause. De ce diagnostic rapide, dépend un traitement dont la précocité et la bonne conduite

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peuvent augmenter l'efficacité. C’est dire le soin que l’on doit apporter au dépistage du mucosus, sa présence étant l’indice d’un danger immédiat.

En présence d’une méningite à mucosus, si on ne la connaît d'avance, il faut rechercher la porte d’entrée du germe. C’est à l'oreille que l’on pense tout d’abord : l'examen clinique peut être négatif, l’examen auriculaire lui-même ne permet pas toujours de déceler de lésions au niveau du tympan, la diminution de l’audition est un phénomène plus constant. Dans certains cas, seule une radiographie révèlera une otomastoïdite latente, responsable des accidents méningés, et nous avons vu plus haut que l’interprétation radiologique peut être difficile lorsqu'il s’agit d’une vieille otite chronique.

Si l’on ne trouve rien du côté de l’oreille, il faut explorer les sinus, particulièrement les sinus frontaux, et là encore la radiographie pourra rendre de grands services. L'origine sphénoïdale d’une méningite n’est généralement pas reconnue, l’infection n’allant des sinus sphénoïdaux aux méninges le plus souvent que par l’intermédiaire de l’os temporal.

Traitement

Le traitement de la méningite à mucosus comprend essentiellement deux parties : le traitement de la méningite elle-même et le traitement du foyer infectieux primitif, ou traitement étiologique. Nous parlerons ensuite du traitement préventif.

Le traitement de la méningite elle-même est soit médical, soit à la fois chirurgical et médical.

Traitement médical.

Les principaux moyens mis à notre disposition pour lutter contre cette infection sont : la chimiothérapie, la sérothérapie, le drainage forcé des espaces sous-arachnoïdiens.

10 LA cHIMIOTHÉRAPIE.

- a) Le médicament: le plus couramment employé est l’urotropine. Elle s’administre par voie intra-veineuse, à la dose de 7 à 8 grammes par jour, en solution à 40 %,. A cette dose, la voie imtra-veineuse est préférable, car elle évite les accidents urinaires que donnerait la voie digestive.

* b) Nous signalerons le permanganate de potassium (Norr treatment), ear 1l fut employé avec succès par WeinserG dans un cas de méningite à mucosus. Cet auteur prescrit toutes les 4 ou 6 heures un lavement à garder de 120 cc. d’une solution de permanganate éontenant environ 13 centigrammes (2 grains) pour 3/4 de litre d’eau (1 pint 1 /2). |

-c) Kormer emploie l’éthylhydrocupréine (optochin) en raison de son action en eitro sur le pneumocoque [IT Rarnorr rapporte également un cas de guérison avec ce traitement. Le mélange d’éthylhydrocupréine et d’une solution d’anticorps fut également utilisé par Kormer qui .njectait 5 à 10 cc. de

Jean Mignon &

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ce mélange par voie sous-occipitale, et 25 ce. dans chaque carotide.

20 SÉROTHÉRAPIE.

Il existe un sérum antipneumococcique III dont l’action protectrice expérimentale n’est pas douteuse, comme nous l’avons vu plus haut en étudiant les propriétés du pneumocoque IIT, mais elle n’est pas considérable. La préparation de ce sérum nécessite un germe très virulent, et il ne protège les animaux de laboratoire qu’à doses assez élevées. Chez l’homme, son efficacité ne semble pas constante, 1l y a cependant quelques résultats favorables, même par voie sous-cutanée, mais leur petit nombre ne permet pas de conclure de façon définitive, bien qu’ils permettent quelque espoir. Le sérum antipneumo III peut s’employer soit eninjections intra-rachidiennes,intraveineuses ou sous-cutanées, ces trois voies étant généralement associées en cours de traitement.

Le sérum antipneumococcique I agit également sur le pneumo III, on peut donc employer en cas de besoin soit du sérum type Ï ou du sérum polyvalent.

Le cas de guérison apporté par NEUMANN n’a reçu que du sérum antistreptococcique, et celui guéri également de Sreinxozz et GLEIcH uniquement du sérum antiméningococcique.

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