UN
LE PROBLEME POSOLOGIQUE
La dose de pénicilline joue-t-elle un rôle dans la production des accidents méningés?
MarrEI et SIMONIN le pensent, «étant donné que la réaction la réaction la plus violente observée par nous fut celle d’un malade subissant deux ponctions lombaires quotidiennes à 30.000 U. O. chacune, au lieu des 20.000 U. O. habituelles». C’est aussi l’opinion d’autres auteurs (H. LŒFFLER, SIEGAL, DE SÈZE). Cependant ROSEMBERG et RAMELKAMPF, entre autres, ont observé des réactions méningées avec des doses plus faibles.
Pour LŒFFLER, nous l’avons vu, les doses de pénicilline intrarachidiennes qui préviennent une rechute sans entraîner de réactions secondaires semblent être de 10.000 à 20.000 unités par jour. Les réactions méningées secondaires s’observent avec des doses supérieures à 40.000 unités *). —— D'autre part, des doses quotidiennes inférieures à 5.000 unités sont généralement suivies de rechute.
LÉONETTI est du même avis au début de son travail: «Pour les adultes 10 à 20.000 unités par jour. Pour les enfants 5 à 10.000 unités par jour». Mais à la fin du même travail il préconise: «par voie intrarachidienne 20.900 unités deux fois par jour (30.000 même dans les cas très graves) chez l’adulte, 10 à 15.000 chez l’enfant», du moins pendant les deux premiers jours, car il ajoute: «Au bout de 48 heures, on note sinon la guérison, tout au moins la disparition des pneumocoques du liquide céphalorachidien ainsi que l’apyrexie et la nette régression du syndrome méningé... Ensuite on aura recours, si besoin est, à des injections quotidiennes», il veut dire uniquotidiennes.
Parmi les cas rapportés par KissEL et BAssor, il y eut un exitus brusque chez un malade qui avait reçu la dose énorme, par voie rachidienne, de 250.000 unités de pénicilline. Cette forte dose provoqua, une heure et demie après l’injection, des crises d’épilepsie subintrantes, qui aboutirent à la mort 16 heures plus tard. —
*) Cf. le premier cas d’Erickson et coll., le deuxième cas, mortel, de Kissel et Bassot (250.000 unités!), et le cas de Vézina.
Re
Cette observation a la valeur d’une expérience de laboratoire — involontaire bien entendu et malheureuse -- mais extrêmement instructive.
Doit-on toujours cesser de faire des injections intrarachidiennes de pénicilline lorsqu’elles sont suivies d’accidents méningés ?
MATTEI et SIMONIN ne le pensent pas: «II faut éviter de suspendre dans tous les cas de méningite pénicillique une pénicillothérapie intrarachidienne qui peut rester nécessaire malgré l’hyperlymphocytose passagèrement provoquée par le remède.» Mais ces auteurs reconnaissent qu’il n’est pas possible de donner un critère de l’arrêt ou de la continuation de la pénicilline en pareil cas. «C’est en définitive l’aspect clinique du malade. qui inspirera la décision à prendre.»
bee