I. — Syndrome torpeur
C’est à dessein que nous le plaçons en tête de notre description. Il nous a paru peut-être le plus
constant et le plus significatif. Cependant les au-
ER
teurs « classiques » (Lebon notamment) et ceux qui ont ensuite reproduit leur opinion insistaient à l’envie sur le peu d'intensité de la somnolence comparée à celle de la méningite tuberculeuse. Il semble qu’il y ait là surtout une vue théorique, pour ainsi dire, a priort.
Presque toutes les observations détaillées parues récemment (les observations I et III de Volle, celle de Guillain et Gardin, celles de Muracciole et de Turcan) signalent au contraire, l’intensité toute partculière de la prostration, et déjà dans les 29 cas rapportés par Railliet, 1l en est 8 où est notée une torpeur tout spécialement remarquable, souvent même étiquetée « coma ». Non seulement, le malade est couché en chien de fusil et présente l’aspect hostile habituel aux méningitiques, mais souvent même 1l a perdu cet aspect hostile et atteint à un véritable tuphos dont les excitations le sortent peu ou pas.
Dans quelques cas même, la prostration est plus profonde encore et le malade d’une pâleur cireuse, les joues excavées, les yeux ouverts et immobiles au fond des orbites creuses, apparaît déjà semblable à un mort. Cet état, qu’on trouve signalé dans quelques observations et notamment dans deux cas. de Lebon, peut se constituer en quelques heures et n'implique pas forcément un pronostic fatal. Le malade de Beutter (absolument sans connaissance » a guéri rapidement et sans séquelles.
Dans le premier cas de Volle cette somnolence,
Re
apparue tout à coup, a été quelque temps le seul signe.
Il faut noter cependant que cette torpeur s’interrompt par instant et semble évoluer par crises, ce qui est d’ailleurs un caractère commun à tous les signes des méningites vermineuses.
Parfois, dans ces intervalles de lucidité, le malade présente de l’agitation. Il ne s’agit presque jamais de crises maniaques violentes, il n’existe pratiquement jamais d’hallucinations visuelles ou auditives. Il semble plutôt que le malade soit « instable » ; 1] cherche à changer constamment sa position et fatigue son entourage de demandes et de récriminations continuelles. Quelquefois cette agitation n’est que nocturne et peut alors se rapprocher davantage d’un délire véritable, tout en restant en général,
un délire calme à type onirique.
IT. — Syndrome méningé proprement dit.
Il ne manque, et pour cause, jamais complètement et nombre d'observations portent même pour toute étude clinique : « Tableau classique de méningite tuberculeuse ». Cependant il est souvent peu intense ou tout au moins incomplet. Il est d’ailleurs à noter qu'il existe une sorte de balancement entre les différents syndromes que nous séparons pour cette raison, et que les malades, présentant, par exemple, le trépied classique et le signe de Kernig
sont moins comateux et moins convulsifs et que