‹ Les Méningites VermineusesChapitre 14 sur 33 · QE D · texte numérisé non relu

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l'intérêt théorique et pratique de l’éosinophilie san-

guine.

En résumé, brusquement ou après quelques prodromes, on trouve un malade prostré et parfois comateux, présentant des vomissements, de la céphalée, des contractures, un signe de Kernig, des troubles vaso-moteurs, bref un syndrome méningitique analogue à celui que l’on constate dans les méningites tuberculeuses les plus typiques et auquel ne manquent parfois n1 les paralysies oculaires, ni les signes cardiaques et respiratoires, ni même l’amaigrissement. Telle est, entrecoupée souvent de convulsions, la forme clinique la plus habituelle de la

méningite vermineuse.

Évolution.

Telle quelle, la durée de la méningite vermineuse est essentiellement variable. Certaines commencent, évoluent et se terminent en trois Jours. Certaines se prolongent pendant près d’un mois. En règle cependant, on peut dire que la méningite vermineuse dure assez longtemps pour ressembler à une méningite tuberculeuse, et assez longtemps au delà pour faire douter de ce diagnostic. C’est souvent parce qu’elle se prolonge anormalement sans s’aggraver beaucoup qu'on soupçonne sa nature vermineuse et qu’on administre des vermifuges aux-

quels on n’avait pas encore pensé.

J. Guyot

Sade R Normalement c’est l’expulsion des vers qui entraîne la guérison. Cette expulsion peut se faire spontanément ou après un vermifuge. Elle peut se faire par l’anus ou plus rarement par la bouche. Quelquefois le sujet expulse tous ses parasites en une séance, quelquefois 1l ne s’en débarrasse que par groupes distincts. Mais le plus frappant c’est la disproportion absolue qui existe entre l’intensité des symptômes observés jusque-là et le nombre des parasites en cause : certains sujets expulsent un ascaris par la bouche ou l’anus, s’en tiennent là et guérissent (Hautefeuille, Volle), d’autres douze ou quinze (Abel et Brenas, Ferrari), d’autres une trentaine ; d’autres ne guérissent (Colotta) que quand ils en ont éliminé 85 par l’anus et 5 par la bouche, et rien dans le tableau clinique n’avait pu faire prévoir combien on pouvait, pour ainsi dire, en attendre. On ne peut même pas conclure, comme 1l serait logique, que la guérison survient quand tous les parasites sont expulsés. Il y a des sujets qui éliminent trois vers sans Se porter sensiblement mieux, ils en expulsent ensuite trois autres et guérissent, alors qu’ils continuent à en héberger un nombre

important.

La guérison suit d’ailleurs l’expulsion dans un délai qui n’a lui non plus rien de fixe.

Le plus souvent, elle est zmmédiate (Hautefeuille, Lebon, un cas de Volle) : Alors la torpeur cesse

brusquement, les phénomènes méningés disparaissent

Eee

et l’enfant reprend ses habitudes et sa vie normale quarante-huit heures après qu’on le croyait mourant.

Lebon expose ainsi le cas d’une petite fille dont il soignait le père et qu'il avait vue bien portante à dix heures du matin. L’après-midi, il la retrouve mourante avec un syndrome méningé des plus graves. Il n’ose pas revenir le lendemain, persuadé qu'elle est morte, et la revoit le jour suivant jouant devant sa porte. Elle avait rendu entre temps un peloton d’ascaris !

Parfois, au contraire, l'amélioration est progressive, alors même que le sujet n’expulse plus de vers. Il faudra neuf jours (Guillain et Gardin), onze jours (Hautefeuille, Schachter), dix-hüit Jours, pour que tout rentre dans l’ordre peu à peu.

Enfin il est des cas où tout s’arrange sans expulsion et dans lesquels quelques semaines plus tard le rejet de quelques ascaris viendra tout expliquer. Cette expulsion pourra alors, comme le signalait déjà Lebon, passer entièrement inaperçue, l'enfant ayant repris ses habitudes depuis plusieurs jours

quand elle a lieu.

Signalons enfin que dans un cas de Volle, l’amélioration a suivi immédiatement l’administration du vermifuge et que les oxyures rejetés trois semaines

seulement plus tard paraissaient morts.

Le pronostic n’est d’ailleurs pas absolument

bénin.

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En premier lieu, des récidives sont possibles. Schachter insiste sur leur rareté, mais Barret a signalé néanmoins le cas d’un enfant de cinq ans auprès duquel il fut appelé pour une méningite et qui, d’après sa famille, avait déjà guéri, à l’âge de deux ans, d’une « méningite tuberculeuse » par la seule expulsion d’un ascaris. Le nouvel accident guérit de la même manière que le premier. P. Marie, d’autre part, à propos d’une communication, dit qu’il avait soigné un enfant chez qui un syndrome méningé

apparaissait à chaque pullulation d’ascaris.

Enfin la mort n’est pas exceptionnelle.

Sur les trente-cinq cas de Lebon, six sont morts, dont trois avaient cependant rendu des ascaris. Il est vrai que l’autopsie n’a pas été pratiquée dans ces cas et que, en l’absence de ponction lombaire à cette époque, on peut penser qu'il s’est agi là de méningites tuberculeuses chez des porteurs de vers.

Sur les 29 observations citées par Railliet, deux malades sont morts de méningite tuberculeuse associée à l’helminthiase, mais deux autres sont morts sans que l’autopsie ait révélé rien d’autre que la présence d’ascaris. Il faut remarquer à ce propos que, sur ces deux cas, celui de Vogel est mort porteur d’un ascaris, et l’autre, celui de Depierris, porteur de plusieurs centaines de ces mêmes vers. Des méningites mortelles à ascaris ont été encore

publiées plus récemment (Voir notamment Petro-

sini, 1924).

AR ira

Il s’agit là évidemment de cas isolés mais dont il faut connaître l'existence. La mortalité reste d’enstron 10% dans les méningites vermineuses envisagées aussi globalement que possible, et ce pourcentage est celui de bien des maladies qu’on envisage à Juste titre comme sérieuses. Néanmoins, le pronostic de la méningite vermineuse paraît encore essentiellement favorable, surtout si on le compare à celui que l’on aurait eu à porter en cas de méningite tuberculeuse. Dans l’immense majorité des cas, le malade revient à la santé vite, sans suites et sans séquelles, et perd bientôt jusqu’au souvenir de

l’alerte qu'il a subie.

Formes cliniques.

La forme habituelle de méningite vermineuse que nous avons prise pour type de description, simule, comme nous l’avons vu, presque entièrement la méningite tuberculeuse.

I. — Nous avons assez insisté sur les variations fréquentes des symptômes pour avoir peu de choses à dire des formes cliniques. Qu'il suffise de dire que chacun des grands syndromes peut passer au premier plan presque à l’exclusion des autres et qu’il existe des formes toniques où les contractures dominent; conpulsives, méningitiques pures, comateuses, ou, suivant la prédominance d’un seul symptôme, des formes : céphalalgiques, nauséeuses, ete. ; ouenfin, suivant la durée des formes : brèves, nor-

males ou prolongées.

IT. — En fait, ne présentent guère d’intérêt que l’énumération ou la description dequelques formes entièrementatypiques extrêmement rares, dont,en général, 1l n’a été publié qu’un (ou, au plus, deux) cas pour chaque forme et qui constituent des curio-

sités que nous devons signaler pour être complet

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