‹ Les Méningites VermineusesChapitre 21 sur 33 · HA: PR · texte numérisé non relu

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C’est donc surtout sur la recherche des signes d’infestation que l’on sera forcé de se rabattre pour pouvoir former quelques présomptions. Quels :ont ces signes ? Depuis que Bremser a décrit la «maladie vermineuse », 11 n’y a peut-être pas un accident pathologique quel qu’il soit, qu’on n’ait attribué aux vers. Certes la coutume qu'ont certains parasites d’émigrer en tous les points du corps explique le nombre et la variété des accidents observés. Mais surtout, certains de ces accidents n’ont été signalés qu’une seule fois et plus ou moins complètement contrôlés. Il faut faire un tri parmi les troubles signalés et ne considérer comme révélateurs de linfestation que ceux qu’une longue expérience a désignés pour tels.

Le plus typique, à ce point de vue, celui que les mères de famille observent et signalent le plus volontiers, est le prurit nasal. La pathogénie de ce symptôme ne paraît pas avoir été élucidée, mais la sagesse populaire lui a conféré à la longue une valeur presque pathognomonique. Même si l’on n’attache personnellement à ce signe qu’une valeur modérée, il sera sage, dans certaine clientèle, de s’enquérir cependant de lui.

Il est normal, par ailleurs, de s’informer de l’état des fonctions digestives — les selles sont rarement modifiées ; par contre, les troubles de l’appétit semblent fréquents. C’est la boulimie qui est classique ; le vers étant censé prélever sa part des aliments.

En fait, c’est l’anorexie qui paraît l'emporter de

rire

beaucoup en fréquence. On trouve fréquemment aussi un catarrhe rhino-pharyngé. Enfin Colotta signale l’hyperirophie des papilles fongoides de la langue qu'il considère comme un signe rare mais de valeur absolue.

L’urticaire est fréquent ; certains auteurs le regardant comme une conséquence des perturbations digestives, d’autres, comme nous le verrons, comme une mamifestation de l’anaphylaxie vermineuse. On peut en rapprocher les œdèmes, du type Quincke, qui, nous l’avons dit, précèdent quelquefois de quelques jours le début de la méningite.

Enfin les accidents nerveux sont fréquents dans les antécédents des enfants atteints de méningite vermineuse, Sans se souvenir que les vers ont été trouvés, paraît-1l, en cause, dans des cas de : douleurs névralgiques, troubles sensitifs objectifs, paragueusies, chorées, paralysies des membres, voire « d’hypotonie sphinctérienne, de stupidité, ou de phobie de la musique », il faudra chercher dans lanamnèse des convulsions qui auraient pu se produire dans les premières années. On aurait ainsi la preuve, sinon de l’infestation vermineuse, du moins de la prédisposition névropathique. |

Il est inutile de se dissimuler que ces accidents, même si l’on n’envisage, comme nous venons de le faire, que les plus significatifs, ne prouveront pas encore qu'on se trouve devant une méningite vermineuse : qu'un enfant ait eu des démangeaisons

nasales, qu’il soit anorexique ou boulimique, qu’il

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ait des papilles fongoïdes hypertrophiées, on pourra peut-être en conclure qu’il a ou qu’il a eu des vers, non que la méningite est elle-même vermineuse ; pourrons-nous donc davantage nous fier à la recherche des antécédents de tuberculose et tirer de cette recherche des présomptions valables ?

Il nous suflira pour répondre à cette question de citer deux observations particulièrement remarquables :

Celle de Mériel, où un enfant né de parents bacillaires tous deux et lui-même porteur de lésions tuberculeuses fit néanmoins une méningite à ascaris ; et celle de Muracciole, où le diagnostic de méningite tuberculeuse paraissait particulièrement bien établi chez un adulte de 19 ans qui crachait des bacilles de Koch, et qui devait d’ailleurs mourir de granulie deux mois plus tard, et qui cependant guérit d’un syndrome méningé par la seule expulsion d’un ascaris. S1 nous ajoutons que ce dernier malade était par surcroît syphilitique, on comprendra que l’étude des antécédents ne peut, elle non plus, être un

facteur bien solide de diagnostic.

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