‹ Les Méningites VermineusesChapitre 24 sur 33 · ENG: AU · texte numérisé non relu

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La recherche des anticorps ne semble guère entrée dans la clinique.

Pourtant de nombreux auteurs se sont, comme nous le verrons en étudiant la pathogénie, attachés à leur mise en évidence. Commencés pour le tænia échinococcus, les travaux de ces auteurs ont été ensuite étendus, d’abord au bothriocéphale, puis à l’ankylostome, aux tænias, et aux ascaris. Ils ont,en général, pleinement abouti et l’on a décrit dans le sang des porteurs de vers : des précipitines (Isaac et Van den Velden), des sensibilisatrices (Ghedini) et l’on a pu obtenir des déviations du complément. Les réactions en question sont d’une technique théoriquement assez facile, mais pratiquement, on trouve peu de laboratoires qui les fassent, et, d’autre part, leur spécificité n’est pas considérée comme absolue ; tout au plus les regarde-t-on comme des « réactions de groupe ». Elles ont donc peu d’inté-

rêt pour le diagnostic.

Enfin, la recherche des œufs dans les selles sera toujours indispensable.

On doit opérer sur des matières fraîches ; on lave ces matières à plusieurs reprises avec d’assez grandes quantités d’eau. Les eaux de lavage sont décantées et centrifugées ensuite suivant la technique de Carle et Barthélemy. On examine ensuite le culot au microscope.

Les œufs de tœnia sont généralement encore con-

tenus dans un des anneaux terminaux et on ne

peut les reconnaître qu'après dissociation de cet

anneau.

Ceux de bothriocéphales sont trouvés au contraire directement ; leur forme est elliptique et leur colo-

ration brune.

Les œufs d’ascaris sont de forme ovoïde ; 1ls sont entourés d’une coque lisse, elle-même cerclée d’une

zone moulurée.

Les œufs d’oxyures sont lisses, ovalaires sans accidents ; leur présence est plus rarement constatée que celle des œufs d’autres parasites. Il semble, en effet, que les oxyures pondent peu, durant leur séjour dans l’intestin, et Henry a constaté que des matières fraîchement émises et ne contenant que peu ou même pas d'œufs, se couvraient après émission d’une couche blanchâtre d'œufs ?

Enfin les œufs de trichocéphales ont la forme d’un

citron et sont surmontés d’une sorte d’opercule,

V. — Véritables éléments du diagnostic positif : l’expulsion des parasites et la guérison consécutive.

Mis à part le cas des trichocéphales, avec lesquels la recherche des œufs est pratiquement le seul moyen de constater l’existence du parasite (on sait, en effet, que les trichocéphales adultes ne sont presque jamais expulsés spontanément), la découverte

du parasite lui-même est évidemment la preuve la

PS jte

meilleure de l’infestation, et la disparition des troubles après expulsion de ce parasite, le meilleur critérium de leur nature vermineuse. Rappellons encore, comme nous l’avons dit, que ce eritérium lui-même n’est pas encore absolu ; que la guérison peut suivre de loin seulement l’expulsion, qu’elle peut la précéder, qu’elle peut survenir après expulsion partielle ou même sans expulsion du tout.

Il n’y a aucune raison, pensons-nous, de nier en pareil cas @ priori l’origine vermineuse de la méningite.

Nous ne sommes, comme nous allons le voir, pas encore parfaitement au fait des conditions pathogéniques qui déclanchent la méningite. Tout ce que nous savons, c’est que la seule présence de parasites dans l'intestin ne suffit pas à la produire ; il est donc parfaitement logique d'admettre que la méningite guérisse alors que cette présence continue.

En somme, le diagnostic de méningite vermineuse n’est pratiquement jamais fait qu'après coup. On écarte un peu devant les résultats de la ponction lombaire celui de méningite tuberculeuse ; on n’ose pas en l’absence de tuméfaction parotidienne, parler d’oreillons ; on passe en revue toutes les méningites à lymphocytes que l’on connaît et parmi elles, on entrevoit la méningite vermineuse, mais on n’ose l’affirmer que quand le parasite est expulsé et le

malade guéri. Et l’on fait bien car elle est rare.

Pathogénie.

Depuis que lexistence des méningites vermineuses est admise, plusieurs théories ont été proposées pour les expliquer.

Nous citerons pour mémoire, la théorie de la migration larvaire.

D’après cette théorie, les vers, dans leurs déplacements à travers les corps, iraient irriter directement le cerveau et en provoquer les réactions. A la rigueur admissible, dans certains cas, pour les nématodes qui peuvent, en effet, se déplacer à travers le corps, elle ne vaut pas pour les autres espèces et est généralement abandonnée.

D’autres auteurs, en général anciens, font de la méningite une manifestation réflexe, une réponse brutale de l’organisme aux excitations mécaniques qui viennent frapper la muqueuse intestinale : les vers, en s’agitant dans l'intestin, en en irritant les parois par leurs mouvements ou leurs morsures, provoquent une réaction de l’encéphale, des contractures, des convulsions ; tous phénomènes sans substratum anatomique et essentiellement transitoire.

L'hypothèse d’une réaction méningée purement réflexe est abandonnée à peu près aussi par tout le

de OÙ ce

monde. Acceptable avant qu’on ne connût les modifications du liquide céphalo-rachidien, cette hypothèse est incapable d'expliquer ces modifications elles-mêmes.

De tout temps d’ailleurs, les adversaires de cette théorie avaient fait remarquer que l'intestin montre une tolérance remarquable pour tous les corps étrangers et qu'on n’a jamais signalé de réactions méningées qui soient dues certainement à leur présence.

On ajoutait que les convulsions sont surtout fréquentes chez les porteurs de tænias et que cet animal est, de tous les parasites, celui qui se montre le moins brutal pour la muqueuse intestinale. On admettait donc que la théorie réflexe pouvait expliquer les troubles vaso-moteurs et certains phénomènes comme la mydriase par exemple, mais on a rapidement conclu qu’elle ne pouvait rendre compte de réactions méningées véritables.

Pour d’autres, parmi lesquels il faut citer Turcan, Morenas, la réaction méningée vermineuse n’est qu'un cas particulier d’un phénomène beaucoup plus général ; l’anaphylaxie. — Les substances vermineuses sont essentiellement peu nocives par ellesmêmes, mais la sensibilisation progressive de l’organisme aboutit un beau Jour, au moment d’une décharge nouvelle, à des réactions violentes et qui peuvent être graves.

Enfin, presque tous les auteurs, tout en reconnaissant à l’anaphylaxie un rôle considérable dans

la plupart des accidents vermineux, pensent que la

réaction méningée elle-même doit relever d’une action plus directe des produits vermineux qui se comporteraient comme de véritables toxiques.

La méningite vermineuse se rattacherait alors au groupe des méningites produites par des poisons exogènes comme le plomb (Mosny) ou endogènes.

Pour établir la toxicité des produits vermineux ou pour montrer que ces produits peuvent provoquer des accidents anaphylactiques, d'innombrables expériences ont été faites. Nous ne relaterons de ces expériences que ce qui nous paraîtra utile pour l’in-

telhgence de la genèse des méningites vermineuses.

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