‹ Les Méningites VermineusesChapitre 25 sur 33 · I. — Quels produits ont utilisés les expérimentateurs · texte numérisé non relu

I. — Quels produits ont utilisés les expérimentateurs

Les premières recherches ont été faites par des auteurs itahens pour la plupart (Alessandrini, Rivarono, Radaelli, Berti, Gabbi, Petrarca). Parmi ceux-ci les uns utilisaient du liquide para-entérique d’ascaris, d’autres {(Messineo, Mingazzini) des extraits totaux de parasites obtenus la plupart du temps par broyage. En France, Brinda en 1914, prépare un extrait d’ascaris broyés, ou un extrait d'ascaris macérés pendant 24 heures dans du sérum physiologique. Il prépare également par le même procédé, des extraits de trois autres espèces de vers, chacun de ces extraits étant titrés 100 gr. d’extrait correspondant à 5 gr. de vers. Morenas opéra plus tard avec des produits analogues.

En 1919-1920, Simonin,dans une importante thèse sur les toxines vermineuses, fait remarquer qu'avec de tels procédés, on recueille des produits infiniment complexes contenant des acides, des albumines, des graisses, des aldéhydes,des acides aininés, des bases puriques, des alcaloïdes... toutes substances, peut-être étrangères au parasite vivant normalement dans l'intestin et dont, en tout cas, la nocivité s'explique parfaitement sans qu’on ait besoin de supposer aux vers une toxicité propre.

D'autre part, les extraits obtenus par broyage ne peuvent, nous semble-t-il, donner d’expériences bien concluantes. Les vers ne sont pas brovés dans l'organisme, ils ne peuvent guère intoxiquer leur hôte que par les produits qu'ils laissent suinter étant vivants dans les milieux où ils vivent, ou, à la rigueur, par les substances qu’on peut obtenir après leur mort de leur simple macération.

La même remarque s'applique aux essais pratiqués en partant du liquide para-entérique d’ascaris. Ce n’est pas une raison parce que ce liquide est relativement facile à recueillir au laboratoire pour en conclure que l’ascaris Pémet à l’extérieur et peut intoxiquer son hôte avec lui.

Simonin décide donc de n’utiliser que les produits élaborés naturellement par l’animal pendant sa vie parasitaire : produits des glandes céphaliques découvertes par Læœb et Smith, produits des glandes souscuticulaires, produits des glandes génitales.

Mais ces parasites vivent mal ou peu de temps

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hors de leur hôte et meurent le plus souvent en même temps que lui. Simonin dut donc quelquefois utiliser des macérations de parasites morts sur place, c’est-à-dire dans le corps même de leur associé et recueillis dès leur expulsion.

En outre, comme le remarque Simonin lui-même, il est dificile de conclure des accidents causés par un parasite étranger à l’espèce, que les mêmes accidents se produiraient de la même manière chez l’hôte normal. Mais il s’agit là d’une objection qu’on peut faire à toutes les expériences concernant des maladies propres à l’homme.

Enfin, quand on s’est procuré des parasites ayant vécu jusque-là chez un hôte qui les tolérait parfaitement, 1l paraît peu sage d’espérer trouver en eux des substances capables de provoquer des accidents, puisque justement, eux, ont fait la preuve qu'ils ne provoquaient pas d'accidents. On peut sans doute supposer ou espérer que ce qui n’était pas nocif pour l’un le sera peut-être pour un autre, mais on commence évidemment les recherches dans de mauvaises conditions.

Certains sujets tolèrent cent vers et ne tolèrent pas le cent-unième ; ils présentent tout à coup des accidents brusques puis guérissent après avoir expulsé ce cent-unième quoiqu’ils continuent à héberger les cent premiers. Ce qu’il faudrait pouvoir faire : c’est examiner ce vers qui, au milieu de tous les autres, paraît s'être révélé pathogène et dont la présence a entraîné des troubles tant qu'elle a duré.

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1 est possible que dans celui-là, on trouve des mo-

difications physiologiques ou pathologiques qui expliqueraient sa toxicité singulière. Malheureusement, cet examen est pratiquement impossible, le médecin n’est jamais là quand le corps du délit est expulsé et on ne le lui représente, le cas échéant, qu'humilié et méconnaissable.

Notons enfin qu'en 1926, Morenas reprend ces expériences (en opérant, il est vrai, au moyen d’extraits aqueux, glycérinés ou secs, de tænias d’ascaris ou d’oxyures broyés) mais en s’attachant plus nettement que ne l’avaient fait Simonin et ses prédécesseurs à distinguer dans les accidents observés, ceux qui relèvent de la seule intoxication et qui se produiraient dès la première injection, et ceux qui sont dus à l’anaphylaxie et ne se produisent qu’aux injections ultérieures.

II. — Expérimentalement, il est incontestable que les produits vermineux peuvent provoquér des accidents.

Au cours d’une mésaventure devenue classique, Von Linstow, maniant des ascaris et portant entre temps les mains à ses yeux, fut atteint d’une conjonctivité intense accompagnée de chémosis et qui dura plusieurs jours. Les ascaris secrètent donc, à tout le moins, une substance irritante pour la cornée.

Par la suite, Messineo et Mingazzini, Messineo et

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Calamida, puis Flury, Shimamura, Fuju, et en France, Leroy, Brinda, Simonin, Morenas réussirent, avec les produits d’origine diverse dont nous avons parlé plus haut, à provoquer la mort des animaux d'expérience ou en tout cas des accidents variés. Ces accidents portent surtout sur le système cardio-vasculaire (chute de la tension artérielle, arythmies cardiaques et respiratoires), sur l'appareil digestif (diarrhée, vomissements), enfin sur l’état général, quelques animaux dépérissant pendant quelques jours et mourant ensuite sans avoir présenté de

symptômes localisés (Brinda).

III. — Maïs quant aux accidents nerveux expérimentaux, ils sont rares malgré les apparences.

Certes beaucoup d’expérimentateurs ont obtenu des accidents nerveux, mais beaucoup de leurs expériences prêtent à de très graves critiques.

Si Messineo et Mingazzini ont obtenu des troubles nerveux moteurs après injection de produits ascaridiens, Cottaneo n'a pu reproduire leurs expériences qu'avec une dose de produits correspondant à des

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quantités énormes de vers.

Puis Cao a montré que Messineo se trouvait injecter à ses cobayes non seulement des produits de broyage des vers, mais aussi le liquide intestinal même où ceux-e1 vivaient avec tous ses germes et ses

impuretés. Allaria, avec le liquide recueilli dans les

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