‹ Les Méningites VermineusesChapitre 28 sur 33 · UE · texte numérisé non relu

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inoffensifs au passage bien des poisons. Qu'il s’agisse d’une substance toxique par elle-même, comme le venin de serpent, ou d’un produit seulement capable de déterminer un choc comme le blanc d'œuf, on sait que dans les deux cas l'absorption par voie digestive de ces corps, qui introduits par voie intraveineuse donneraient les accidents les plus graves, est inoffensive. C’est même précisément pour éviter cette intervention du foie qu'il regardait comme probable, que Simonin,au cours de ses expériences, a toujours refusé d’injecter ses produits dans le territoire de la veine porte. Si l’on veut bien se souvenir d'autre part que les vers intestinaux, par leur définition même, résident dans l'appareil digestif et que pas un de leurs produits ne peut pénétrer dans l’organisme autrement que par la voie portale, on comprendra que, normalement détruits par le foie, ces produits puissent quelquefois, comme le font si souvent les albumines digestives ellesmêmes, pénétrer à la faveur d’une défaillance hépatique dans la grande circulation.

Ainsi s’expliqueraient l’innocuité habituelle des vers et la remarquable tolérance de l’organisme à leur endroit. Ainsi s’expliquerait que l'apparition des accidents et leur gravité soient sans relation apparente avec le nombre des vers. Ainsi s’expliquent, quand la défaillance hépatique est légère, ces phénomènes d’intoxication vermineuse fruste (œdème, urticaire, prurit, éosinophilie) qui ressem-

blent tant aux chocs ordinaires.

Des.

Aiïnsi s'explique aussi qu'en cas de défaillance hépatique grave, les produits vermineux lancés à flots dans la circulation s'y comportent comme s'ils étaient injectés dans les veines.

On parle pour l’intoxication vermineuse de « toxicité enclose ». Mais, dans quoi serait-elle enclose ? Pour le kyste hydatique, c’est dans l’intérieur même de l'embryon hexacanthe normalement imperméable ; mais ici, rien de semblable : les vers vivent, naissent, meurent, excrètent et secrètent à l'air hbre. S'il y a toxicité enclose dans certains cas, comme la chose paraît certaine, c'est dans toute l'étendue du système porte que se prolonge le vase

clos.

Traitement.

Le traitement de la méningite vermineuse est celui de l’infestation causale. Si celle-ci est ignorée, c’est l’ascaris que l’on visera à tout hasard par la

santonine. Si elle est connue, on attaquera :

L’ascaris par la santonine.

L’oxyure par la santonine. Le tænia par la fougère mâle.

Le trichocéphale par le thymol.

Contre la méningite même, il faut signaler, en cas de formes convulsives, qu’on pourra essayer, l’opothérapie parathyroïdienne. Brinda a obtenu de bons

résultats de ce traitement chez ses animaux d’expérience.

Conclusions.

I. — Les méningites vermineuses sont des accidents très rares, surtout si on envisage en regard, la proportion énorme de porteurs de vers sains.

Elles sont presque toujours (dans 90 % des cas) dues à des ascaris ; plus rarement à des oxyures ou à des tænias ; nous avons constaté quelques cas dus

à des trichocéphales.

IT. — Les méningites vermineuses sont avant tout polymorphes. Aucune particularité clinique ne permet de les dépister sûrement. Bien plus, la torpeur, les manifestations oculaires, cardiaques et respiratoires, longtemps considérées comme excluant la mémngite vermineuse, s’y rencontrent très sou-

vent.

HIT. — L'évolution, tout en étant le plus souvent favorable, ne l’est cependant pas autant qu’on le

croit généralement. La mortalité totale reste d’envi-

ron 100.

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