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d'ensemble. Jusqu'à lui, les observations manquaient presque entièrement et, de l’avis de Lebon lui-même, l'existence des méningites vermineuses passait plutôt pour une légende généralement admise que pour une certitude contrôlée. Son premier cas (qui fut mortel), faillit même échapper à son observation pour cette raison justement qu'on l'avait appelé pour un enfant « qui mourait des vers » et qu'il avait différé sa visite, ne croyant pas ce genre d'accidents possible.
L’article de Lebon parut dans le Journal des connaissances médicales pratiques (ancien Journal des connaissances médicales et pharmaceutiques) et traitait («du Diagnostic différentiel entre les méningites vermineuses dues à la présence d’ascaris lombricoïdes et les méningites tuberculeuses ». Il y rapportait ses deux premières observations et indiquait en avoir, à la suite de celles-là, observé trente-cinq autres.
Depuis lors, et pendant la fin du xrx® siècle, de très nombreuses publications parurent où les méningites vermineuses étaient d’ailleurs mêlées avec
les manifestations neurologiques les plus diverses.
En 1894, Dupré créa le terme de « meningisme » qu'il appliquait « à l’ensemble des symptômes éveillés par la souffrance des zones méningo-corticales et indépendants de toute altération saisissable ». Entraient dans cette définition l’hystérie, les affections
d’origine dentaire, celles liées à la pneumonie, aux
HR toxiques (alcool, santonine, urémie) et à l’helminthiase.
En 1904, Nobécourt et Voisin rejettent le terme de méningisme. Il faudrait, disent-ils, qu'il n’y eut aucune participation anatomique des méninges ; ce qu'aucun examen n’a jamais prouvé.
Toutefois aucun auteur n’admettait qu'il pût s'agir de méningites véritables. En effet, l'affection guérissait en général et surtout on pensait que le liquide céphalo-rachidien restait normal.
À vrai dire, dès 1909, Marfan insistait sur la possibilité de modifications du liquide céphalo-rachidien,mais à part quelques rares exceptions (Armand Dellile, Esbach) les ponctions lombaires n'étaient jamais pratiquées et, quand elles l’étaient, le seul aspect du liquide, qu’on trouvait : eau de roche et sans tension, faisait négliger un examen plus complet.
Jusqu'à l’observation de MM. Guillain et Gardin (1922), l'intégrité du liquide céphalo-rachidien resta donc un axiome, ou, pour mieux dire, un postulat. Muracciole dans sa thèse de Montpellier (1919) y insiste encore et admet le terme de « pseudomeningite » appliqué aux méningites parasitaires. Bien plus, on voyait dans cette intégrité un des principaux éléments de diagnostic et Rouillard, au cours d’une étude sur les accidents vermineux, s’exprime encore ainsi en 1921 : «...et quelques observations incontestables d’états méningés simulant la
méningite tuberculeuse ; l’absence de modifications
du liquide céphalo-rachidien.. prouve l’origine vermineuse ».
En 1922, à propos d’une méningite à tænmia, MM. Guillain et Gardin affirment qu'il s’agit bien de méningites véritables et apportent le premier examen complet de liquide céphalo-rachidien où toutes les recherches donnent les résultats qu’on peut s’attendre à trouver dans la plus classique des méningites. Depuis cette époque, de nombreuses observations semblables ont été publiées et la méningite vermineuse est admise par tout le monde. Volle lui a consacré sa thèse (Lyon, 1928-1929) et les travaux
récents ont surtout porté sur sa pathogénie.
ÉTIOLOGIE
I. — Quels sont les vers qui peuvent donner des méningites ? On rencontre dans les observations (quoiqu’avec une fréquence inégale, comme nous le verrons), les vers suivants dont nous ne fe-
rons que rappeler les principaux caractères :
À. Des CESTODESs.
Parmi eux le T. inerme, hôte du bœuf, est rarissime chez l’homme.
Le T. saginata du porc est, par contre, fréquent.
Bien loin cependant que l’infestation par cet ani-
Tree.
mal soit «une suite du peu de conduite des parents » comme le pensait Sydenham (1), elle succède simplement à l’absorption de viande de porc mal cuite. Contrairement à l'opinion populaire, on sait que les Tænias (et tout spécialement le 7. solium), peuvent se trouver plusieurs dans le même tube digestif. Roger a publié un cas où 7 Tænias cohabitaient.
Le Bothriocéphale ne paraît pas avoir été incriminé, du moins pour des cas de méningite authen-
tique.
B. Des NéMmMaATopss.
Et notamment l’Ascaris Lumbricoïdes cosmopo- Lite, très fréquemment rencontré, pénétrant dans l’organisme à la suite d'absorption de salades mal cuites ou de particules de terre. d
L’'oxyures vermicularis nous vient des matières fécales qui souillent les légumes, certains fruits (fraises). Souvent aussi les œufs sont transmis par simple contact d’un enfant parasité à un enfant
sain.
Enfin le trichocephalus trichinus, le plus fréquent
en France ; il pénètre dans l’organisme comme l’ascaris, en même temps que l’eau, la terre ou des sa-
lades.
II. — Quelle est la fréquence de l’infestation par çes vers ? L’infestation par l’un quelconque ou
par plusieurs en même temps de ces parasites est si