OBSERVATION V
(Résumée)
(CHAUFFARD ET VINCENT. Méningite urémique toxique et infectieuse. Société Médicale des Hôpitaux de Paris, Séance du 15 avril 1910, pages 357-365.)
La malade est une femme de 36 ans, éthylique, ayant présenté de nombreuses angines et qui avait fait un premier séjour dans le service, pour des troubles digestifs. A ce moment, le diagnostic avait été : gastrite et gros foie éthylique ; néphrite chronique hypertensive (23/18) d’origine indéterminée.
Quatre jours avant sa nouvelle admission, la malade, sans phénomènes prémonitoires, présente brutalement une série de convulsions et tombe dans le coma ; l’interne de garde lui fait une saignée.
A l'entrée : coma ; Cheynes-Stokes ; mouvements transversaux des globes oculaires ; signe de Babinski bilatéral ; réflectivité téndineuse normale, absence de Kernig. Incontinence; vomissements de temps en temps; “température : 39°. On pratique deux ponctions lombaires, La première (18 heures après la crise convulsive) : liquide céphalo-rachidien s’écoulant en gouttes rapides, parfaitement clair. I] est plus albumineux que de normal. 3,60 gr. d’urée. Dans le culot, nombreux polynucléaires intacts. Très nombreux pneumocoques, mais qui ont poussé faiblement en bouillon-ascite et dont linoculation à la souris blanche a été négative.
La température monte encore et la malade meurt avec 40°.
L’autopsie des centres nerveux n’a donné aucun renseignement macroscopique : leur aspect était entièrement normal et rien ne permettait de soupconner, à leur vue que, avant la mort, le liquide céphalo-rachidien contenait de très nombreux pneumocoques. -
L'examen histologique lui-même a été en grande partie négatif : les méninges corticales étaient absolument saines ainsi que les plexus choroïdes. C’est avec une
grande difficulté et uniquement parce que l’on connaissait le résultat de la ponction lombaire qu'au niveau des méninges médullaires on trouve, de temps en temps, un polynucléaire et plus rarement encore un pneumo- “coque. Par contre, au niveau des nerfs radiculaires, on note des foyers inflammatoires manifestes, vers le pôle interne des ganglions : prolifération des cellules fixes du tissu conjonctif entourant chaque fascicule nerveux avec, par places, des nappes de polynucléaires contenant du pneumocoque. Ainsi, une pneumococcémie s’est localisée sur les racines rachidiennes postérieures et a provoqué l’envahissement &u liquide céphalo-rachidien.