‹ Les Méningo-néphritesChapitre 13 sur 21 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Les différentes observations semblent calquées les unes sur les autres : un sujet atteint d’ictère grave ou de néphrite, aiguë ou chronique, avec œdèmes, azotémie, hypertension, soit isolés, soit associés, présente des manifestations nerveuses : coma, convulsions, céphalées ; sans aucun signe de la série méningée à proprement parler (en particulier pas de $S. de Kernig). |

On porte le diagnostic d’urémie nerveuse qui paraît évident, encore que parfois on soit gêné par une élévation thermique que rien n’explique. On pratique une ponction lombaire, soit curiosité scientifique, soit désir de soulager le malade. On retire alors un liquide parfois louche, le plus souvent clair, et on a la stupéfaction d’y déceler une réaction cytologique et surtout de mettre en évidence un microbe qui toujours a été le pneumocoque. Le malade meurt habituellement et, à l’autopsie, on a ordinairement la surprise de ne constater aucune altération macroscopique qui permette de déceler cette méningite dont l'existence a été une découverte de la ponction lombaire, Bien plus, il est très difficile de trouver le microbe par

dés examens histologiques, même soigneux.

Ainsi, ce qui caractérise essentiellement la méningonéphrite, c’est la double latence de la lésion méningée : latence clinique, latence anatomique.

1° Latence clinique. — T1 n’y a ni raideur de la nuque, ni signe de Kernig, ni signe de Brudzinski. A vrai dire, on peut se demander si les auteurs ayant porté le diagnostic d’urémie nerveuse pure, ont recherché avec un soin scrupuleux l'existence des signes méningés. Cependant, dans l'observation de Crouzon, il est noté que malgré l’attention la plus soutenue on n’a pas pu les mettre en évidence. Dans les observations que nous rapportons, et qui nous ont été confiées par M. le Docteur Thiers, il n’en a été trouvé aucun même ébauché. Ce que l’on note au contraire, ce sont des signes que l’on a l'habitude de constater au cours de l’urémie nerveuse la plus banale : obnubilation intellectuelle, coma, céphalées et surtout convulsions. Les signes nerveux sont des signes de la série urémique, maïs non de la série méningitique : on ne saurait trop insister sur ce fait. La meilleure preuve, d’ailleurs, est que tous les auteurs indiquent avec quel étonnement ils ont trouvé un microbe dans le liquide céphalo-rachidien, là où ils s’attendaient à ne trouver au maximum qu’une réaction cytologique. Cette carence de la séméiologie nous fait comprendre l'importance de l’examen du liquide céphalo-rachidien. C’est un diagnostic de ponction lombaire, que le diagnostic de méningonéphrite.

2° Latence anatomique. — Dans certaines observations, les auteurs mentionnent que l’autopsie leur a fait découvrir une méningite purulente typique,

OOAATÉ MERE

mais habituellement, au contraire, on s’est étonné de trouver des méninges saines chez un sujet dont le liquide fourmillait de microbes.

Dans leurs remarquable observation, Chauffard et Vincent ont insisté sur le caractère parfaitement normal des méninges de leur malade. Il en était de même dans les Observation II et III. Dans l’'Observation III, rien ne permettait de soupçonner la lésion méningée <t dans l’Observation Il, on avait l’aspect non d’une méningite, mais d’hémorragies méningées multiples, <omme il est classique d’en décrire dans le tableau ‘anatomique de l’ictère grave ; aussi était-on tenté de dire que ce malade avait saigné au niveau de ses méringes comme il l'avait fait au niveau de ses muqueuses ou de sa peau. D'ailleurs l'examen microscopique lui-même arrive difficilement à mettre en évidence la nature infectieuse du syndrome, l’observation de Chauffard, nos Observations II et III paraissent particulièrement impressionnantes à ce point de vue. Chauffard n’a pu trouver le microbe qu’au niveau des racines rachidiennes postérieures. Dans notre Observation III, les méninges cérébrales et les plexus choroïdes étaient normaux, et dans l’Observation IL un premier examen avait fait croire à l’absence de

microbe.

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