CHAPITRE VI
PRONOSTIC et TRAITEMENT
Le pronostic de la méningonéphrite est particulièrement sombre. À l’exception du malade de Crouzon, nos quatre observations se sont terminées par la mort. On conçoit facilement, en effet, la gravité d’une telle affection. Primitive : elle est l’indice d’une septicémie par un microbe virulent qui est plus fort que l’organisme qu'il a envahi. Secondaire : nous avons dit qu’elle n’avait que la valeur d’une septicémie préagonique, au même titre que la péricardite brightique. C’est assez dire que la constatation de microbes dans le liquide céphalo-rachidien d’un urémique, équivaut à peu près fatalement à un arrêt de mort.
Le traitement, en effet, n’existe à peu près pas. Si on se trouvait en présence d’un microbe pour lequel on possède un sérum thérapeutique puissant, on pourrait espérer guérir le malade de sa méningite, sans qu'il soit cependant àl’abri d’une nouvelle septicémie possible. Mais ce n’est pas le cas du pneumocoque qui reste souvent indifférent au serum préparé contre Jui. On est réduit alors à une thérapeutique antiinfectieuse générale pour essayer de stimuler les défenses de l’organisme, surtout lorsqu'il s’agit d’une
méningonéphrite primitive.
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Parmi les différents moyens qui sont à notre disposition pour lutter contre cette infection, il semble logique de s'adresser à l’abcès de fixation car, autre son pouvoir antiinfectieux général, il crèe une hyperleucocytose en même temps qu’il agit sur le rein, pour en augmenter les sécrétions. Mais si cette thérapeutique est logique, doit-elle être efficace ? Nous ne pouvons l’affirmer, puisque nous n’apportons pas d’observations de contrôle. Mais, cependant, étant donnés les résultats obtenus par cette méthode dans les septicémies pneumococciques, il semble que ce soit sur elle que repose le seul espoir de guérison possible, s’il en existe, de ce syndrome particulièrement grave que constitue la méningonéphrite.