‹ Les Méningo-néphritesChapitre 6 sur 21 · INTRODUCTION - DÉFINITION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION - DÉFINITION

C'est une des gloires de Widal et de son Ecole, d’avoir su isoler les quatre grands syndromes que sont susceptibles de réaliser en clinique, les altérations fonctionnelles des reins. Cependant, il est des cas où la lésion rénale n’est pas tout ; l’atteinte simultanée d’un autre organe vient modifier l’allure extérieure de la maladie. On n’est plus devant une néphrite simple, mais devant une néphrite associée et c’est ce qui en rend souvent le diagnostic difficile au premier abord.

Malgré cette difficulté, on connaît bien, à l’heure actuelle, la fréquence des lésions hépatiques ou encore la coexistence de manifestations artérielles au cours des néphrites. Les termes mêmes de néphroaortite, d’hépatonéphrite désignent admirablement les individualités cliniques résultant d’une telle asso- Ciation. Mais nous désirons attirer l’attention sur un autre ordre de faits : les méningites latentes survenant au cours de la néphrite. I1 existe en effet des cas où à la lésion rénale se surajoute une localisation méningée, de nature infectieuse le plus souvent, réalisant ainsi un syndrome bien spécial qui est un autre exemple de ces maladies à double polarité. C’est ce syndrome que nous désignons par le terme de méningonéphrite, proposé par MM. Savy et Thiers, par analogie avec les hépatonéphrites. L'étude de nos observations montrera qu'il est intéressant d'individuali-

<er un tel syndrome, car sa personnalité clinique est

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indiscutable et il pose des problèmes diagnostics parfois insurmontables.

Cette définition étant donnée, d'emblée une distinction s’impose.

Dans certains cas, c’est une cause pathogène unique qui frappe simultanément les reins et les méninges. Ce sont des méningonéphrites primitives, soit isolées, soit au contraire, survenant au cours d’une maladie générale et en particulier au cours d’un ictère grave.

Dans d’autres cas c’est à la période terminale d’une néphrite que survient une méningite infectieuse. L’agent pathogène de cette méningite est différent de celui qui avait provoqué la néphrite, celle-ci d’ailleurs pouvant être de nature toxique. C’est une méningonéphrite secondaire.

Dans les deux éventualités on note des caractères communs : latence habituelle, clinique et même anatomique de la méningite ; prédominance des signes d’urémie nerveuse sur les symptômes méningés à proprement parler, importance de la ponction lombaire, Cifficulté d’un diagnostic, égaré par un tableau clinique qui est celui d’une urémie nerveuse absolument banale.

Ce sont ces caractères cliniques communs que nous pous proposons de dégager de l’examen des observations de méningonéphrites que nous avons pu recueil- Br, puis nous envisagerons successivement l’étiologie, le diagnostic et la pathogénie de ce syndrome et enfin nous verrons quelles conclusions on peut tirer de son étude.

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