‹ Les Ménorragies de la Puberté: Dyscrasie SanguineChapitre 11 sur 19 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

Au point de vue du diagnostic trois problèmes sont à résoudre : A). Reconnaître la réalité de la ménorragie: diagnostic positif; B). Différencier les types de ménorragies que nous présentons de ceux qui ont été décrits auparavant : diagnostic différentiel. C). Rechercher la

cause : diagnostic éliologique.

À. — Diagnostic positif.

Il est toujours facile et 1l existe peu de causes d’erreur en présence d’une hémorragie génitale chez une jeune fille arrivée à l’âge de la puberté. Cependant il faut savoir qu’on a pu voir des menstruations précoces survenant même très près de la naissance, Aussi la cons-

tatation d’une hémorragie génitale avant l’âge normal

de la puberté ne devra pas faire rejeter le diagnostic de ménorragie. Or, dès la naissance, on peut observer des € fluxions utérines » à la suite de la ligature du cordon, de l’asphyxie du nouveau-né, ou encoré par malformation cardiaque. Plus tard, il faut éliminer les hémorragies dues à de petits bourgeons charnus au voisinage du méat, ou à des traumatismes (chutes à califourchon, viol, etc.). Enfin dans certaines fièvres graves (variole hémorragique, ictère grave), il peut se produire des pertes sanguines.

B. — Diagnostic différentiel.

Les ménorragies peuvent être divisées en deux grandes classes :

1° Ménorragies de cause locale ou génitale.

2° Ménorragies de cause extra-génitale.

l° Les ménorragies de cause locale ou génitale.

Les causes locales dont nous avons trouvé l’exposé F complet dans les travaux de M. Dalché sont les suivantes : l’hyperémie ovarienne, décrite par Lawson Tait; l’ovarite menstruelle, étudiée par Dalché, puis Potier; ; 9) 1 !

l'apopleæie ovarienne ; \'hématocèle calaméniale, décrite par Trousseau, niée par Segond et admise par Sappey, Pozzi, Dalché; la meétrite, étudiée par Bennet, Pozzi, Dalché, Frœælich, Siredey et Lemaire; la salpingo- ) ) de )

ovarite; la déviation utérine; la dégénérescence scléro-

nl

kystique des ovaires; les fbromes; les tumeurs kystiques.

Les ménorragies dues aux causes locales que nous venons d’énurmérer sont caractérisées cliniquement par des douleurs et des pertes. D'autre part, le toucher combiné au palper permet de réveiller la douleur au niveau des organes atteints, et de se rendre compte de leurs changements de forme ou de position. Or, nos malades ne souffrent pas; d'autre part, l'examen local plus complet est toujours resté négatif. En outre, 1l faut se rappeler qu'il s’agit de jeunes filles à la puberté, encore vierges, chez lesquelles les injections, qui plus tard jouent un si grand rôle dans la vie génitale de la femme, ne sont pas encore entrées en scène. Enfin, nous avons noté qu’en plus des ménorragies, nos malades présentent plus oumoins nettement un syndrome hémorragique s'étendant à la peau et aux muqueuses. Pour toutes ces raisons, les cas du type que nous présentons ne peuvent relever d'une cause locale dont on ne trouve’ aucun signe positif et qui serait insuffisante pour le

syndrome hémorragique pris dans son ensemble.

2° Les autres hémorragies de cause extragénitale.

Elles sont de beaucoup les plus fréquentes à la puberté “Railliet, dans son artiele de l'Union Médicale du Nord- Est, fait remarquer que contrairement à ce qu’il serait

logique de faire à une autre période de la vie génitale,

AE

chez ces malades, ce n’est pas par Pappareil génital que commenceront les investigations. [l est presque de règle d’avoir affaire à une de ces malades appartenant à la catégorie « des fausses utérines » de M. P. Dalché. = C'est à propos de cas semblables que Trousseau décrivit la chlorose menorragique,dont Gaulieur l'Hardy diminua déjà singulièrement le domaine, et qui nous semble devoir être assimilée à la dyscrasie sanguine en évidence par M. P. Weil.

Depuis, l'observation de faits précis a permis de rattacher quelques cas de ménorragie à une affection du tube digestif : dyspepsie, entérite et surtout la constipation chronique; à une affection rénale : néphrite interstitielle à pression artérielle élevée ; à une maladie du cœur au rétrécissement mitral en particulier.

Or, parmi nos malades, une seule est constipée, et aucune ne présente d'affection digestive, rénale ou cardiaque. Il ne saurait donc y avoir d'erreur.

Il nous faut maintenant mentionner une série de variétés de ménorragies attribuées, soit à la croissance (métrorragies de croissance de Dalché), soit aux a/ffections du foie, soit aux maladies nerveuses (au goitre exophtalmique en particulier); soit aux infections chroniques (tuberculose forme larvée, syphilis héréditaire, paludisme); soit aux sntoxications exogènes (plomb, phosphore, sulfure de carbone, arsenic, alcool) ou endogènes neuro-arthritisme (Doléris, Richelot, Hepp, Siredey,

Marie Collial) ; soit aux éfals hémorragiqaes, soit enfin

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