‹ Les "Menteries" de ChateaubriandChapitre 6 sur 16 · Correspondance générale · texte numérisé non relu

Correspondance générale

2. Les Emigrés restés à Londres avaient quelque raison de douter de sa ferveur bourbonnienne. Peltier, rédacteur de V Ambigu, journal dévoué à la cause royale, continue jusqu'en 1806 à poursuivre de ses sarcasmes le transfuge qui, après avoir songé à dédier le Génie du christianisme à Louis XYIII, en a fait hommage à Bonaparte. M. F, Baldensperger, ^fw<it's dliistoire littéraire, deuxième série, p. 140 et suiv.

^o LES « MENTERÏES » DE CHATEAUBRIAND

Toure destiné à masquer d'autres mobiles dont Tun n'était qu'une faiblesse d'un aveu difficile. Le public y fut pris. Lui-même eut soin d'entretenir la méprise. Une des raisons de sa conduite, celle qui, suivant toute vraisemblance, était la principale, pouvait tourner à sa honte ou le mettre en posture ridicule ; à tout le moins, elle ne le grandissait pas : il se garda d'en souffler mot. Et quant au prétexte, il le développa, l'amplifia, l'orna, l'adorna encore, l'agrémenta, le magnifia, et de plus, il le répéta, le ressassa avec tant d'art et tant d'obstination que, pendant plus d'un demi-siècle, la postérité prit, bouche bée, cette vessie pour une lanterne. Oh ! l'homme habile! «Un peu de cabotinage ne dépare pas Chateaubriand, » remarque M. André Beaunier, qui l'a, par endroits, finement et spirituellement percé àjour *. Oh! l'homme habile ! Mais il avait compté sans ses lettres.

Et voilà dans ses Mémoires sa manière d'écrire l'histoire ; c'est le procédé qu'il applique au récit de chacun de ses gestes : laisser dans l'ombre ce qui pourrait le diminuer, placer en vive lumière, en s'aidant, au besoin, de quelques artifices chers

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