‹ Les "Menteries" de ChateaubriandChapitre 8 sur 16 · Y. Giraud, Chateaubriand, p. 3o · texte numérisé non relu

Y. Giraud, Chateaubriand, p. 3o

2. Chateaubriand était né mystificateur, probablement dupe de ses mystifications, suivant M, Ch. Le Goffic, qui le placerait volontiers à la suite de l'auteur d'Ossian, de nombre d'écrivains bretons, parmi les mythomanes du D"" Dupré, dans le voisinage de M"^'' Humbert. Ainsi le voudrait la race. « Une race paraît avoir élevé la supercherie littéraire à la hauteur d'un genre national, et cette race, je rougis de l'écrire, est la race celtique. Il n'en est point chez qui on trouverait plus de mystificateurs, qui aient poussé plus loin et soutenu plus longtemps leurs mystifications. » Ch. Le GoCQc, L'âme bretonne, deuxième série, p. Sa.

LES « MENTERIES » DE CHATEAUBRIAND ai

forcera dans la suite de convertir en quelque chose de substantiel, en un titre de rente, rente annuelle de 12.000 francs, équivalant à son traitement de pair de France. «Comme j'ai tout perdu pour leur couronne, gémit-il non sans quelque raison, il serait assez juste qu'ils me nourrissent^ » Cette rente, il Tobtint en i843, après en avoir d'abord refusé l'offre en échange d'une somme de 20.000 francs. Toute la stratégie déployée par lui dans cette circonstance, mouvements enveloppants exécutés par des auxiliaires, marches, démarches et contre-marches, amusante à suivre dans sa correspondance, éclaire vivement sa psychologie. M""^ Bayart, la nourrice du comte de Chambord, dont le mari était ou avait été créancier du vicomte, s'employa avec ardeur dans ces négociations"; elle parvint à tirer les marrons du feu : cette fois, ce fut Raton qui les croqua.

(c Talent malin, » dit de lui M. André Beaunier^ dont la verve pimpante s'est joué autour et parfois aux dépens de l'idole. D'autre part, comment ne pas s'apitoyer sur l'effarante détresse que,

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