X PRÉFACE
elle ne met aucune amertume dans la satire; elle déploie peu de vigueur dans Tobservation , peu de profondeur philosophique, il faut le reconnaître. Elle est tout à la surface, pour ainsi dire; les ridicules y sont amples, exubérants et comme empanachés. Les sentiments qui y régnent sont simples, irrésistibles, maîtres souverains de la vie. Elle s'amuse et s'afifole de son propre bruit et de son propre mouvement.
Elle se plaît surtout à imaginer des combinaisons variées, ingénieuses, inattendues et pi-, quantes. Elle est très-sérieusement occupée à traverser les amours de ses personnages , à les dérouter, à les mettre en lutte avec les malices du hasard et les jeux de la fortune. Les méprises sont d'abord le grand secret, presque Punique secret de cette comédie : elle aurait à peine besoin de changer ses titres : ce sont toujours / Supposiii (PUn pour TAutre), / Ingannati (les Abusés), et les feintes de toute sorte. Mais ce n'est que plus tard que viendra la complication abusive, l'enchevêtrement inextricable, et que la comédie italienne tombera dans l'imbroglio où elle se perdra si longtemps. Nous sommes à la première heure : la source où l'on puisera jusqu'à la troubler, jusqu'à la tarir, est limpide encore.