‹ Les méprises: comédies de la renaissanceChapitre 7 sur 14 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

théâtrale et que je ne visais qu^à la lecture, et qu^à la lecture, la forme du récit est plus commode et plus agréable. J'ai peine à admettre les drames faits pour être lus, tels que l'on en a composé en grand nombre dans ces derniers temps. C'est là un genre hybride, qui laisse toujours à désirer, soit sous le rapport dramatique, soit sous le rapport narratif.

D'ailleurs les soggetti paraissent s'être prêtés dès l'origine à cette double transformation. Le soggetto était un embryon qui n'avait pas encore d'espèce bien déterminée. On peut voir une trace de cette indécision dans le titre d'une des pièces de Ruzzante qui, bien que rédigée et dialoguée en grande partie, est intitulée, probablement comme le canevas primitif : « La Piovana, commedia overo novella del Tosco, la Piovana, comédie ou nouvelle de la Bourse. »

Flaminio Scala n'appelle ses canevas que des favole rappresentative, fables ou contes qui sont des sujets de représentation. Je me suis donc cru libre de choisir entre l'une et l'autre forme, selon la destination que mes récits devaient recevoir. Ces canevas étaient, d'autre part, extrêmement propres à la fin que je me proposais : voulant exprimer le caractère de la Renaissance italienne et française par des figures idéalisées,

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