‹ Les mères des saintsChapitre 8 sur 9 · CHRONIQUES DE LA MATERNITE: SAINTE. H · texte numérisé non relu

CHRONIQUES DE LA MATERNITE: SAINTE. H

Krmcnibor^^o VcAl piii^ri t\r. riiyporondrie (|iji l'nU mené h la folie» pnr le <l<'îsrspoir, il reprit sa passion pour réliide. On h; ronlia alors à des maîtres biriivcillaiils el savants, ;i drs Bénédictins qui s'élaiciil drtaclics d(; l'alibaye piémontaise de Fructuaria pour venir fonder une communauté î\ Aosle.

Là, les dons intellectuels qu'il avait reçus et que Ermend)erge avait cultivés en mc^rne temps que les germes de sa piélé, se dévelop[)('rent. Anselme sentit qu'il était aj)[)clé à la vie monastique. C'est lui, si j'ai bon souvenir, qui disait : « Tout ce que mon ûme possède de trésors, je le dois à ma mère et aux moines ».

Mais fiondulphe, qui n'avait d'autre fils que lui, résista obstinément h cette vocation. Anselme, avec cet béroïsme quine l'abandonne plus, demandait à Dieu de l'amener au bord de la tombe, afin que son père ne pût résister aux demandes d'un mourant. La maladie vint, la mort s'approcba, le père résista.

Il fut donc contraint de rentrer dans le monde. Il ne tarda pas à en aimer, non pas les vices, car, disent les biographes contemporains, jamais « il ne blessa la modestie, même par un regard » ; mais il en aima le bruit ef les fêtes.

Ici encore, Ermemberge sauva l'avenir de son fils, guida ce cœur pur mais affectueux, cette intelligence vigoureuse mais cet esprit riant, qui désirait l'amitié de tous et menaçait de seperdre dans la vie frivole. Cette fois Ermember2:e avait assuré la sainteté de son fils. Le Seio:neur la rappela à lui.

Ce qu'elle était pour lui, une phrase va nous le révéler, la phrase qu'il confia à cet Eadmer, son secrétaire et son biographe, et que celui-ci nous a transmise.

« Après cette mort, le vaisseau de son cœur, comme s'il eût perdu son ancre, devint le jouet des flots. » Mais le Dieu tout-puissant, qui savait d'avance ce qu'il se proposait de faire de lui, le soumit à une dernière épreuve. Son père conçut contre lui une haine si vive qu'il s'acharnait à blâmer toutes ses actions, plus encore celles qui étaient louables que celles qui pouvaient être répréhensibles. Nulle soumission de la part d'Anselme ne pouvait apaiser sa colère; plus le fils se montrait prévenant, plus le père se montrait exaspéré. « Jugeant que la position n'était plus tenable, et craignant de la voir s'aggraver encore, Anselme aima mieux s'éloigner de la maison paternelle et de la patrie que de s'exposer à des scènes qui pourraient tourner au déshonneur de son père et du sien. »

La rudesse de son père, que la tendresse maternelle ne tempérait plus, lui avait rappelé combien le palais céleste était beau à côté de la plaine poudreuse, et combien le pain du Seigneur était doux, quand la moisson terrestre était pénible.

Il quitta donc la maison paternelle et il entra dans cette vie de rigoureuse piétéet d'illuminante science que virent, dans toute sa beauté, les moines de l'abbaye du Bec. Il la mena à l'archevêché de Cantoibéry. Là il lui fallut, en effet, cette double puissance de la piété et de la science pour contraindre la force brutale à s'hu-

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milior (lrv;ml l,i force, mornic. C'est ainsi (jn'il <l(»vint, non s(Mil(»mcnt crlrhn» îilors dnns TMiiro\H) onlirrr, innis ([ii'il rsl înijoiirrriiiii <*nroro considrrr coFuino im <los grands ininislrcîs de la civilisalion humaine.

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