LES
s^erre q^iî Pr:TTay.:, qui iL'a toigcMirs appartena ; et, en c -ire, Jr i-:.-:îs liasse Tv4T>t fils.
Sut Li :./: Ir, ïl t âviit on eDcrier de bronze, lourd et 2lz>:.-z^ , Ik j>^ii/e tuit laie [dame d'aigle blanc.
K trez::*â :i i^izne dans reocricr, et revenu près de
— S T.£i, Kh5v\i«elb. dit-il.
Elle ItVA !f< brâs, les crMsa sur sa poitrine. Elle I^:}^:^..Lî Kntfnient, pnesqiie sans remuer les lèvres :
— C -:>! avec celte pî^ime que mon père, le castellan de Mîkvllna. a s:^e Tacle de la confédération de Bar.
— Si^ez, madame.
Elle ne rouvrit pas les yeux, elle répondit :
— Non.
— Vous refusez ?
— Je refuse.
— Vous ferez révoquer l'arrêt ?
— Oui.
— Quoi ! dit-il. humilié, malgré Taveu que je viens de vous faire, voire attachement fidèle...
Cette fois, elle le regarda:
— Comte ^VndréBoleski, vous vous en faites accroire! Je ne vous aime plus. Mon amour ne \'îvait que de confiance et d'estime ; vous comprenez qu'il est mort.
— En ce cas, pourquoi ne pas signer ?
— Lt.- divorce est un crime.
. *— Nos lois le permettent.
\ foi le défend. Qu'y gagnerais-je, d'ailleurs? Me 3US femme à prendre un autre époux? Je suis 5 tlui meurent dans le lit oii elles se sont don-
êtes de celles aussi qui ne savent pas en-
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durer un outrage! Songez qu'après le divorce mon amour pour une autre ne vous serait plus une offense.
— J'aime mieux être votre victime que votre complice.
— Ainsi votre orgueil s'accommodera?...
— Mon orgueil le cédera à mon devoir contracté devant Dieu! Vous, vous retournerez à Varsovie ou à Pétersbourg, hélas! Vous serez le citoyen déloyal à sa patrie, le mari déserteur du foyer, le père renégat de son fils; eh bien! moi, du moins, épouse obstinée, je maintiendrai, autant qu'il sera en moi, la fidélité à la République, à la maison, à la race, et je sauverai de vous même tout ce que vous ne pourrez pas en emporter dïci.
— Vaines résolutions, madame! Vous ne subirez pas sans révolte un abandon prolongé qui, aux yeux de votre noblesse, passera pour du dédain.
— J'étais presque accoutumée à votre abandon, maintenant je le désire.
— Si des rumeurs, méchamment chuchotées par vos voisins, par vos serviteurs, vantent votre rivale, précisent des aventures...
— Je n'entendrai pas.
— Si quelque jour elle passe devant vous, au bras de votre mari...
— J'embrasserai mon fils pendant qu'ils passeront, dit gravement Elisabeth Boleska, et c'est vous, lâches adultères, qui courberez la tête.
André Boleski secoua le front sous l'injure ; les plus faibles ont de ces sursauts ; et, la bile toute remuée :
— Ah! vous m'insultez. Prenez garde.
— J'ai dit : « Lâches. »
— Pr^Kz g^f^- K trooTuai des forces dans la colère po«r tû«s contraindre à m'obéir !
— Elles se roBkproiit deraBl ma Tolonté.
— Peut-être! toos êtes impérîeiise et jalouse de Yos prérogatires duàs cette maison où yoos avez com« mandé? Il est des homiliations que votre fierté ne supportera pas.
— Menaces.
— Vf>Tî<ï Vaurei donc tooIu î
U se tauma vers la haute porte d^entrée, entr'ouirerie sur la terrasse du château.
^ — ïïolâ! qu'on vienne! appela-t-il.
Rkodzko entra.
— Rhi^dzko, la comtesse vous a ordonné de rappelerle^ gLiitilshommes et les paysans qoi sont venus ce matiu a Mikalina?
— Gai, Excellence.
Vous ne tiendrez aucun compte de cet ordre.
Lu face d'Elisabeth, si pâle, s'empourpra.
^- D*^sormais, continua le comte, vous n'obéirez à la camlosse que lorsque je l'aurai commandé.
— Oh! monsieur, murmura-l-elle, la tête entre ses
mains,
11 lui dit très bas :
-^ Yuus pourriez être maîtresse dans votre maison. Ci'iH'udant Rhodzko s'était rapproché et saluait la i'ual.aiane avec une déférence où se mêlait je ne sais 't\ apitoiement injurieux.
- * Juc dois-je faire, madame?
iu/rulcva le front.
^ { lui vous parle? dit-eUe. Obéissez a votre maître. iNiis sQ tournant vers André Boleski :
LA PATRIE, L*ÉPOUSB, l'eNFANT 51
— Est-ce tout, monsieur? Je me retirerai, si voua n'avez pas, en ce moment, quelque autre outrage à me faire.
n se sentait vaincu, il était plein de honte ; la boue qu'il avait remuée lui ressautait à la face.
— Allez, madame, oui, allez.
— Je vous jure, comte André Boleski, que j'ai pitié de vous, dit-elle en [poussant la porte avec un creste. lent.
Elisabeth l'avait dit : ce cœur d'homme n'était pas un cœur mauvais; mais il avait cette bonté molle qui ressemble à la faiblesse et peut devenir la lâcheté.
Même il avait été grand jadis, ou avait pu le paraître, tant il battait généreusement pour la liberté de la patrie et l'honneur de la maison.
Un vent de malheur écarta le comte de sa maison, l'éloigna de sa patrie. André Boleski n'était pas comme ces cèdres qui, transplantés de la terre natale, étonnent les cieux nouveaux par la persistance de leur fierté première. Sa grandeur s'abaissa, s'étiola, fut au niveau des tailles communes.
n entendit, à Varsovie, que l'indépendance de la Pologne était désormais un rêve; que, déchirée, en-
sanglantée, la République, devait s'estimer heureuse de ne pas être morte tout à fait, consentir à son destin, s'accommoder de son irrémédiable défaite, et qu'ainsi elle serait tranquille dans son abaissement, aurait ses aises dans sa bassesse, à la condition, toutefois, de ne pas irriter ses vainqueurs et de se faire la favorite de la Russie, comme son roi Stanislas avait été le favori de Catherine.
Sa coutume d'être libre se révolta d'abord, mais peu longtemps. Ce qu'il entendait, il ne tarda pas à le croire, à le dire lui-même. Une nuit, après quelque souper à la française, le castellan de Mikalina railla fort agréablement le panache grotesque de Pulawski à la poitrine de lion, et les grosses mains kosakes de Sawa, qui, d'un seul coup de poing, abattait un taureau.
En France, où il aperçut seulement le petit côté des choses, il s'éprit des vices frivoles qui lui jetèrent aux yeux leur poudre à la maréchale, et des hardiesses des philosophes, dont il ne retint que le -rire; dîna avec Lauzun, lut dix fois la Puce lie, conçut enfin une façon d'être qui n'exige ni moroses abstinences, ni sanglantes équipées, et qui peut s'affirmer par un haussement d'épaules. 11 ne songeait plus qu'avec un sourire à l'église ie Mikalina, où venaient prier, tout bottés, avec des bruits de sabres, les gentilshommes de Lithuanie, et à la comtesse Elisabeth Boleska, jouant du théorbe ou filant au rouet dans la salle basse du château.
Puis, à Pétersbourg, où l'impératrice le reçut avec
distinction, il vit la princesse Sonya Ivanowna, qui
"^tait la parente d'un favori de Catherine ; et parce
a' elle était futile et jolie, il lui appartint désormais.
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— Vous êtes marié ? dit-elle.
— Oui, dit-il.
— Eh bien ne le soyez plus !
C'est pourquoi, encouragé parles lettres de Rhodzko. qui lui donnaient comme probable Tassentiment de la comtesse à une séparation définitive, il était revenu dans la castellanie de Mikalina.
Pourtant, son cœur d'autrefois n'était pas si bien mort en lui, qu'il ne se fût serré devant le fier accueil d'Elisabeth Boleska ; quand elle eut quitté la salle, le comte demeura longtemps tète basse, sous le souvenir du médisant adieu.
11 était près de la porte d'entrée ; il la poussa largement ; il vit les forêts et les plaines, tout ce qu'il possédait de la triste Pologne,
Dans ces bois, enfant, il avait joué, puis, jeune homme, songé, pendant que les bûcherons, émondant * les vieux chênes, chantaient quelque mazurka sur les ducs Jagellons, rythmée parles sonores coups de hache.
Il regardait les champs où poussent les grains nourriciers, pères du sang qui coulera pour la patrie, et il retrouvait dans sa bouche le goût du froment de Pologne, qui avait renforcé sa virile jeunesse.
Le vent lui apportait, dans les odeurs de la terre et des feuilles, des souvenirs qui ressemblaient à des espérances ! Une cloche sonna, la cloche de la chapelle, claire, paisible, bleue dans le ciel, évoquant les anciens jours et les vieilles prières.
En ce moment , un enfant , qui était entré sans faire pjus de bruit qu'un petit oiseau qui marche, tira le comte par le pan de l'habit, et, tête aux boucles d'or tout rose de peur, avec un sourire qui s'effarouche :
54 L2S XlS^ M>M.WIKS
— M z:ï*r-^^i^Lr- i.;-iL est-ee Ytms qui êtes mon A-^îr^ p.-If->i. Ir rr^ii^ia. le deTina, Tembrassa
Cr< ïLT^, Ijl. i-vti:î I-ji. c'était sa chair revivante, son Àis-e rez»..«ïr^e^: c ciait soa nom porté, dans r^Triiir. i^kT ^m frr;e:iiie b-r-mme au front pur ; et il bâisâîu «sws^i p«reki ces boodes d'enfant, la gloire de ses vieux ai::^nes.
Un or^-rii dj^uu qu'il n'avait jamais connu, lui enilâit drlioi-us^înrnt la poitrine: en même temps le K^iiheur d être f-r!v. qui impose l'exemple, réveillait au fond de lui-mcme les antiques vertus.
Ddit:
— Tu seras bon !
n dit:
— Tu seras grand ! .
Et, les sens épanouis, dans l'oubli de toute autre chose, pendant que son fils gazouillait cent paroles exquises, il l'enleva, le serra, l'emporta en criant :
— Où est ta mère, Etienne, où est ta mère?
11 monta Tescalier avec Fenfant dans ses bras. Mais^ quôJid ils fuient devant la porte de la chambre conjugale, il s arrêta, n'osant faire un pas de plus. Père^ dit l'enfant, entre donc!
^ le pt^re entra.
abelli était agenouillée devant lïmage sainte; lait, les bras levés.
^ mil à genoux lui-même, et, sans paroles, il t^ijB mains vers elle, qui les tendait vers Dieu, Jle le regarda, se dressa, demeura silencieuse, r^nfaal dit :
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— C'est mon père, n'est-ce pas?
Alors, voyant que le comte pleurait :
— Oui c'est ton père, et c'est maintenant qu'il revient!
11 voulut parler, maudire sa cruauté, implorer son pardon.
D'un geste doux, elle lui imposa silence.
— L'épouse ne Juge pas l'époux. Elle garde la mémoire du bien qu'il a fait, ne se souvient pas du mal qu'il a voulu faire. Je sais, maintenant, que tu ne t'en iras plus, puisque tu es entré, ton fils entre les bras, dans cette chambre où il y a cinq ans ton amour m'a conduite, où, pendant cinq années, t'attendit mon amour !
"^ Derrière la poterne de Tarrière-cour, Rhodzko attendait le comte Boleski.
L'intendant supposait qu'au moment du départ, le maître aurait des ordres à lui donner ; et il était là, plein de pensées.
Non loin parlaient entre eux les deux heyduques tartares du comte, qui maintenaient les chevaux de sa brizka de voyage.
Seïd et Roussouf, barbares devenus valets, resplen-
(lissaient de velours cramoisi et de chamarrures d'or ; sur des bonnets hérissés d'aigrettes, leurs panaches se mouvaient, fauves et rouges, énormes. Mais, dans leurs faces jaunes, où le nez se rebroussait comme par un reniflement continuel, leurs yeux clignaient, clairs et féroces. Des loups en habits de chiens savants.
De dessous la planche du siège, Roussouf tira un morceau de viande crue, aplati, exsangue, dont les bords verdissaient.
11 y mordit gloutonnement.
— Bon ? demanda Seïd.
— Bon ! répondit d'un signe Roussouf, la bouche pleine.
Alors l'autre aussi mordit dans la viande, et ils mangèrent ensemble, chacun de son côté, silencieusement, sans prendre haleine, jusqu'à ce que leurs dents se heurtèrent dans un dernier lambeau ; leurs somptueux panaches se mêlaient au-dessus de leurs têtes.
Soudain, Tzoryl accourut, son pigeon sur Tépaule, avec ce cri joyeux :
— Dételez les chevaux ! le comte ne part pas ! Puis, s'en retournant après cet ordre transmis, il
jeta en l'air sa chapska décorée de plumes de faisan d'or, que Gris-d'Argent suivit d'un coup d'aile, la becquetant, la houspillant, de sorte qu'on eût dit la querelle de deux oiseaux dans l'air.
Rhodzko, d'un jet de pensée, comprit tout.
Le comte avait fléchi devant la fermeté sereine d'Elisabeth Boleska, et puisque le maître redevenait^ le maître, lui, Rhodzko, l'esclave, resterait l'esclave, toujours.
Un reflux amer d'espérance lui bouillonna dans la
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poitrine ; les dents serrées, il lâcha ce seul mot qui contenait tout Fenvers de ses rêves :
— Servir !
En dételant les chevaux, Seïd disait à Roussouf :
— Bien. Très bien. Un lit de paille dans une écurie, c'est une bonne chose, après neuf cents verstes de route,
A quoi Roussouf répondit :
— Oui, très bien. Quelqu'un sera moins content que nous.
— Qui donc, frère ?
— Sonya Ivanowna.
— Pourquoi ?
— Si le maître ne repart pas aujourd'hui, il ne repartira jamais.
— Possible.
— Certain. Pas de retour, pas de mariage. Tant pis pour l'heyduque de la princesse.
* — Pour l'heyduque ?
— Les colères de Sonya Ivanowna , ce sont des nuages roses comme les brumes du printemps ; il en pleut des gréions gros comme des nœuds de knout. Tout à l'heure, quand elle ne nous verra pas revenir, le nuage crèvera sur le dos de l'heyduque.
— Tout à l'heure? Il y a loin de Mikalina à Pétersbourg.
— Plus loin que de Mikalina à Pruzani. Ce matin, quand nous avons quitté l'auberge de Pruzani, après avoir changé de chevaux, que faisais-tu, Seïd?
— Je regardais devant moi.
— Je regardais en arrière. J*ai vu s'arrêter devant
5S LBS MBRES ^NBMIBS
la maison de poste un cairosse de voyage où il y avait deux personnes.
— Sonya Ivanowna?
— Et son frère, Yégor Ivanovntch.
— Nous suivant !
— Depuis Pétersbourg.
— Pour quelles raisons?
Seïd, tu dressais les faucons autour des tente's des
Zaporogues, dans les marécages de l'Ukraine ; lorsque tu lâchais pour la première fois un épervier longtemps captif, longtemps encapuchonné, et que tu croyais dressé enfin, ne le suivais-tu pas au galop de ta cavale, prêt à le rappeler d'un cri s'il s'égarait, prêt à le frapper d'une balle s*il fuyait ?
Rhodzko avait entendu.
Il sauta sur l'un des chevaux dételés qui n'avait plus ni bride ni selle, l'empoigna par les crins, faillit l'éventrer des talons, et ce fut, dans des volutes de poussière soulevée, comme l'élancement farouche et la disparition d'un fuyard qui a la panique en croupe»