‹ Les mères ennemies; drame en trois partiesChapitre 10 sur 81 · SCÈNE VU ANDRÉ BOLESKI · texte numérisé non relu

SCÈNE VU ANDRÉ BOLESKI

Il reste la tète basse, sous le souvenir du méprisant adieu. ANDRÉ BOLESKI

Oh! je suis un misérable. Ce que je viens de faire, un serf

ne l'eut pas fait. J'ai honte! (Il s'assied, accablé. Il se relève aussitôt.)

Partons. Il me semble que si je revoyais Elisabeth je mourrais. Puis tout, ici, les murs, les arbres, a l'air de me mépriser et de me faire des reproches. Ah ! Sonya, Sonya, que

suis-je donc devenu par vous et pour vous! (n s'éloigne, ii

s'arrête en regardant ou loin, il parle très mélancoliquement.) Jadis, enfant

ravi, j'ai joué dansées bois; plus tard, j'y ai rêvé, jeune homme plein de foi et de pures espérances, écoutant les bûcherons émondeurs des vieux chênes, qui rhytment de coups de hache dans le silence quelque mazurka monotone. C'est par cette porte que je suis entré, triomphant, le soir des belles noces, tandis que les serviteurs, sur le seuil, agitaient des bannières ou semaient des verdures, et que la cloche de la chapelle chantait la bienvenue aux époux, hélas!

et maintenant.. . Allons! (U va sortir. Une cloche sonne, il tressaille.)

Oh: il m'a semblé que ce bruit me tintait dans le cœur. Va, tu sonnes en vain, petite cloche d'autrefois, tu n'évoqueras pas les anciens jours, ni les vieilles prières !

Il monte a pas lents vers la porte. Etienne, doucemeDt, a descendu le grand escalier et se trouve derrière André Boleski. Il s'approche encore, et, en riant il lire le comte par le pan de l'habit.

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