‹ Les mères ennemies; drame en trois partiesChapitre 69 sur 81 · SON · texte numérisé non relu

SON

Enfin, iu refuses?

ELISABETH

J'ai dit.

SONYA

Tu sais que ton obstination peut me coûter la vie de mon enfant, et lu refuses?

ELISABETH

Crois-tu que je tienne à te le conserver?

Tremble donc !

ELISABETH

Mon fardeau de désespoir est de ceux qui ne s'aggravent point.

SONYA

Tu crois? tu crois? Entends, comprends. La mort de ton fils peut ne pas être tout son supplice. Le bourreau, quand on l'avertit, sait imaginer des tortures.

Elisabeth

Des tortures !

SONYA

Il y a l'ignominie d'abord.

ELISABETH

Noïi !

SONYA

Le knout.

BLISA3ETH

Le châtiment des esclaves à qui meurt pour la liberté!

SONYA

Quelquefois on fait des trous, avec un couteau, dans la poitrine du condamné...

Etienne!

i r.i- viîetii

SONYA

Et l'on cicatrise les plaies avec du plomb fondu.

ELISABETH

On ferait cela !

SONYA

La chair crie.

Assez !

L'âme défaille...

Assez ! assez !

Donne-nous Hélyonne !

BLISABE m

Va-t'en! tu ne me vaincras pas. L'outrage aux vaincus ne déshonore que les vainqueurs; et c'est aux angoisses du martyre que l'on en mesure la gloire.

ELISABETH

ELISABETH

SONYA

Rien ne pourra triompher d'elle! Verrai-je donc mourir mon adoré Ivan

ELISABETH

N'est-ce pas, ô Vierge sainte, ô Mère Douloureuse, que vous n'auriez pas livré Marthe ou Marie pour détacher de la croix votre divin enfant?

Lo cour de la citadelle, obs ure el sinistre. — On voil à gauche le porche fermé d'une grille et les deux étages du bâlimenl intérieur. Une haute muraille crénelée occupe le fon I, tourne à angle droit et ferme le théâtre à droite. Au fond, à côté de la loge du soldatguichetier, une énorme porte dans la muraille. A droite une porte liasse donnant sur un chemin de ronde. La neige et le givre blanchissent la cour que traverse un rayon de lune. Les feni 1res de gauche sont vivement éclairées; on entend |iar instants celais de voix cl des rires.

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