SON
Enfin, iu refuses?
ELISABETH
J'ai dit.
SONYA
Tu sais que ton obstination peut me coûter la vie de mon enfant, et lu refuses?
ELISABETH
Crois-tu que je tienne à te le conserver?
Tremble donc !
ELISABETH
Mon fardeau de désespoir est de ceux qui ne s'aggravent point.
SONYA
Tu crois? tu crois? Entends, comprends. La mort de ton fils peut ne pas être tout son supplice. Le bourreau, quand on l'avertit, sait imaginer des tortures.
Elisabeth
Des tortures !
SONYA
Il y a l'ignominie d'abord.
ELISABETH
Noïi !
SONYA
Le knout.
BLISA3ETH
Le châtiment des esclaves à qui meurt pour la liberté!
SONYA
Quelquefois on fait des trous, avec un couteau, dans la poitrine du condamné...
Etienne!
i r.i- viîetii
SONYA
Et l'on cicatrise les plaies avec du plomb fondu.
ELISABETH
On ferait cela !
SONYA
La chair crie.
Assez !
L'âme défaille...
Assez ! assez !
Donne-nous Hélyonne !
BLISABE m
Va-t'en! tu ne me vaincras pas. L'outrage aux vaincus ne déshonore que les vainqueurs; et c'est aux angoisses du martyre que l'on en mesure la gloire.
ELISABETH
ELISABETH
SONYA
Rien ne pourra triompher d'elle! Verrai-je donc mourir mon adoré Ivan
ELISABETH
N'est-ce pas, ô Vierge sainte, ô Mère Douloureuse, que vous n'auriez pas livré Marthe ou Marie pour détacher de la croix votre divin enfant?
Lo cour de la citadelle, obs ure el sinistre. — On voil à gauche le porche fermé d'une grille et les deux étages du bâlimenl intérieur. Une haute muraille crénelée occupe le fon I, tourne à angle droit et ferme le théâtre à droite. Au fond, à côté de la loge du soldatguichetier, une énorme porte dans la muraille. A droite une porte liasse donnant sur un chemin de ronde. La neige et le givre blanchissent la cour que traverse un rayon de lune. Les feni 1res de gauche sont vivement éclairées; on entend |iar instants celais de voix cl des rires.