LETTRE XVII
De ilf ♦ du Rocher à la marquise^
Le 9 jaia*.
Je reçois dans l'iastant la leUre dont TOUS m'hooorez par votre deraier courrier.
La France vient d'arriver , et a fait la route sans s'arrêter. Je suivrai ponctoellement les ordres de madame la marquise» Je laisiserai tremper dans du vinaigre pendant une heure y toutes les lettres de M™^ la ba«ronne qui seront adressées à M^^^ Léoca<« die ; mais je suis très^peinée de voir les inquiétudes de madame la marquise, j'osois attendre plus de confiance de sa part.
Sylvestre est bien raisonnable ; M. du Resnel , tous les jours ^ lui donne une leçon d'histoire et de géographie y et le fait calculer ; et puis il joue avec lui au ballon et au volant. M. du Resnel a fait présent à M^^^ Léocadie d'une charmante colléetipn de coquilles et d'un livre in-folio gravé
RIVALES. 5y
SOT le même sujet , et il lui explique toutes ces choses ; il lui fait aussi répéter ses leçons de botanique et demioéralogie. Je fais assidûment toutes les lectures prescrites par madame la marquise; je ne puis que me louer de l'application de M^^ Léocadie»
Nous allons tous les jours régulièrement a la paroisse prier Dieu pour le parfait rétablissement de M™^ la comtesse i tani qxVon Va crue en danger , TégUse ne désempUssoit pas. M^^^ Léocadie et les pe«tites filles de Técole font maintenantuae neu^aiue eu actions de grâces.
La vieille Marie-Jeanne a été a la mort ; M'^^ Léocadie la bien soignée , nous faisions nous-mêmes son bouillon. Nous vi-sitons , comme de coutume , les autres pauf^^ Très qui sont tous en bon état.
M. le curé se porte bien , et vient près* que tous les jours dîner avec nous.
Je suis contente de Mina ; elle a fini la paire de bas et deux chemises pour les^ pauvres. M^^*' Léocadie travaille toujours avec moi à la layelle qui avance; la pauvre femme n'accouchera que dans deux mois y nous aurons fini avant ce temps.
M\^^ Léocadie n'a pas encore repris son appétit et sa galté ordinaires;, mais elle
dori mieux, et elle est beaucoup rnofns' pâle depuis d^ux jours. La société de^ M. du Resnel est sa plus grande consola-^ lion y après celle d'écrire à Madame et de Tecevoir ses lettres.
La France veut repartir demain à la pointe du jour, c^est pourquoi nous lui donnons nos lettres ce soir.
Tranquillisez -vous donc, Madame^ et soyez bien sûre que Sylvestre ne court pas tout seul du côté dé la pièce d^eau , qu'il ne mange pas trop , que les servantes ne lui donnent pas à mon insu des tourteaux et des galettes y et que nous faisons tout ce que nous pouvons pour distraire M^^^ Léocadie.
Je suis avec respect. Madame , etc.
RrVALES. ^9