LETTRE XVIII
Anonyme , de la mère, .inconnue, à Lioca4ie^'
Le i8 juin.
M A fille ! ma ehèré Lëocaâîe /je suis dans Ifcs Vieux que lu habites !^ je suis près de toi l . . . Je n'ai pu l'apercevoir encore , mais î'aî vuk château d'Erneiille ! j'aijru le bois oxi, lu te promènes , et l'arbre chéri qui porte ton nom I.... Hélas! je ne puis me découvrir à toi I ••• je ne le puis ! . . • eependant je veux W voir! . . . O procure cet instant de bonheur à l'infortunée qui y.
depuis quinze ans , n'd connu de l'amour maternel que les inquiétudes et les douleurs qu'il peut causeri Je te demande le secret pour quelques jours seulement : deux jours après notre rendez -vous , tu pourras révéler ce secret à la bienfaitrice ; d'ici là j'exige un silence absolu. Trouvetoi demain matin à cinq heures dans le bois dont Tènceinte est fermée , j'y serait cachée dans le creux de ton arbre ^ certaine que tu respecteras cel asile ^ et que tu ne
fo LES MERES
tenteras point «Ty regarder : repose-loî sur . le banc de gazon.. •• Là j^ te verrai ; là pen- | dant quelques minutes ^ je serai dédommagée de tout ce que j'ai souffert I • • • Tu resteras une demi-heure sur le banc ; ensuite tu rentreras dans le château. Je compte sur une obéissance exacte, et toi, 6 ma Léocadie , compte sur une tendresse inexprimable et sans bornes !...