LETTRE XX
Réponse de la marquise.
Dijon, le d8 juin.
. M^ mère eH auf^i bi^o qu^ i^ous pouvoo s rnîsouiiabienieniledésirer^elle se lèvera demain; quelle joie j'éprouverai en la voyant as&iseet habillée I .quelle recounoissance je dois k Dieu >, qui m'a conservé le plus pré^ cieuK de ses Ûenfails^ use mère teodire et vjerUieuae l i • :■ 1
Je vous, prie ^ ma chqre eufant 9 d'aller chez M. le curé , pour le remercier encore delOMteales preuves d'amitié qu'il qous a dooaéeadaas celte ocoasioa. Dites-lui •qp0 îe:riecoain^ade toujours ma mèreà fiies prié* Fesjj'y ai tantde foi I...yous lui donnerez , pour notre église y un voile de calice que je vous envoie y et que j'iai brodé moi-même
depuis que je suis ici. En outre, je vondrois me charger d'une pauvre fenitne de plus ; je voudrois qu'elle eût soî'xante-de^x ans , rage de ma mère. Comme on ne trouvera point de pauvres sans secours à Erneville , Hfaut faire cette recherche dans les villes ou les terres voisines; elle seroit inutile chez M"*® de Vordac , ou à Gilly ; et d'ailleurs si quelque infortunée s'y irouvoit par hasard, jene la ferois point venir à Erneville, car je ne veux pas voler mes amis ; je me contenterois de les avertir. Faites dbnc cherchera Bourbon , à Luzy , à L***, à P***, e^c. Je logerai cette pauvre femme, nondanale village , mais dans le château; je rétablirai' dans le pavillon neuf bâti sur des caves , el dont l'exposition est très-saine; jelui desifne lachambre jaune au rea de chaussée , avec le cabinet dans leqaol je ferai coucher Yé^ tonique, qui la servira. 11 va èaios dire*^' qu'en cherchartt cette femme, on doit préférer celle qui auralaréputationd'étre la plus pieuse, et piir conséquent la plus> honi^te.
Pait6S faire tout de suite un- trousseau eom^ plet pout une femme de cet âge; jedéùre que les toiles soient infiniment otoînsgros*^ sières que celles de n os autres pauvres^ sur* lout pour les chemise^ el les draps. N'oa-*
l>liez pas de faire acheter des bas de colon.
M. D*'*^*^.^ Bourbon, fournira tout l'argent
nécessaire ^ si M'^"* du Rpcber n'en a pas
assez. ' • * \ '
Ma mère et Albert ont lu votre dernière
lettre, ma chère eufan t , el leur avis est
qu*ii ne faut point du tout^conter ces détails
romanesques, que nosennemis ne manque^
roieat pas de tourneren ridicule ; ainsi n'en
•farlez point. Je ne puis qu'applaûdir *& la
sensibilité que vous Jidontres {>our votre
mère. Ce sentiment si naturel vous honore^
.el des attentions si » charmantes sont bien
digoes de l'in spirer.
' Pour nioi, lîioh'.enfant, je ne suisr qiâs sensible^ je. n'ai su jusqu'ici que vous aimer. Cequiest/oncAonlpèitl en effet itie ressembljer , et. non ce qui esiingemeux.
Mqn esprit n'a pu s'exercer dans ce genre; c'est surtout la néçe^^ité. d'employer le mystère qui rend ingénieux, et je n'ai jamais rien dû cacher...
Je vous avouerai naturellement que je n'approuve pas que votre mère vous engage a tromper les personnes qui ont une autorité légitime sur vous^ et je m'afflige de ne vous pas voir le moindre regret d'avoir fait tant de petits mensonges à M"* du Rochi*
7S ^ LES HËRES
et à Jacinthe. Enfin, ceci m'a fait naiireane pensée bien donlourease; c'est quesi j*easse été a ErneTille , je vons anrois gênée ^ et TOUS m'auriez trompée I...
Ab! mon enfant, dispose^ de Yotre coeur, lÎTrez-TOus toute entièreà une affectiondorit rexcèaméme est vertueux ; mais conserves lea principes que {e vous ai donnés I • • •
Je compte partirid'ici le ^ du mois protjdiain, si ma mère «si alors, comme je l'espère, parfaitement rétablie.
Adieu , ma fille; adieu Tenfant de mon eboix et de mon cœur ! Ab I ne crois pas que jamais qui que ce soilau monde puisëe t'aimerautantque ihoi! Je veux bien ne pas avoir la préférence , je veux bien qœ tMi jiffection ,S9it égaUmentpaHagée ; mais ne confond» jMiâÎB la mienne avec une antre, nie compare pbint mes^ntimens : c'est -toiil ce que je te demande.
LETTRE X'XÏ.
.•s vi' . tir,,
ï)e la tnêrfie à la baronne Se P^ordac.
Naiiy cbèrehmîe, Vup^AxVwm*4^lamère
jmiUén^ pa$ faitpli^sd'împitesèi^n »urreft-
prit dT AJli«rt que lotti le teste. 11 n'enc eon«
Tient abwIumèRl pss $ ndis je Tois qu'9 est
'très-^persuadé %pe foule cette wètie a- été
jouée par nffe <bomie comédie titte y bien
pajMfioïkrcclîi^iliOfi'adëfeitda positivement
'di^coiiter cette avcittiireâi>d'a«ire4 qu'aimus
imniimUméi licHatottà^e^terqttèiro^^et
M. ^n Resnèl; Q»ëoiven'a«>t^il ^eàèiil4e
.vods-niooiiixiaàiider ieplns^ofond seoirêt.
Att irésie, je pense «omine lai que les ftidi£«
•iereasy et à plus £orte raito» lébteiitîénifs^,
ne verroient dans ce récit qâJ^tUfe^lfalilé idta
unccoriàétire. Ainsi il'nenrn'ep-coùt^a iiea
:de fgârder le silence b cet i^|[ardi '-> t
- J'ai pris mon patti snKl'încKédttKfé d' Al-
lierl^'inaiisconifeieif d'incfuMtudiéstïté câiide
^selte mère intoiinti^ I £SU^ tn'ôfera toute }k
ooQfiaÉççiik LâtMâiê^ ^^^ te Veri^. F
qu'esl-ce que la tendresse filiale sans confiance? J'aTrepondusar lout cela àLëocadie avecsévéril^^.etnoiéini^apec \kn peu d'humeur. Je ne puis cacher ce que j'éprouve ; je suis mpic^s aimable pour eUe, et surtout moins attentive; je n'ose lutter d'attention avec;,aa jjpçrej ce parallèle ne pourroit jamais être à mon avantage. L'affection de sa mère a /pawr ^llertpûè lef« idiaiTmost les plus aéduisans^fle d'amour ç Iç^mysi^^e ^ KiÀlri^ gue y ]«s sdim^rogénicuM ei Ifattcalt pilqteqt delà çurio^ile; et ceramaaesld'a^itbntfiJus louàhautqa'ili est >toiil oeuf ^ qu'il'! n'a rien j}é(on>ai}in>que<Qul;remord8^niiIscrupulé ga'en CQ^roippilaidouceur^ qu'il- oçcàpe^ ^uiil exaUe:râinàginalit(m sans Féganer. , cpte lui;'purétéafOUie un dsaiinlîe délkâéttx a aim intérêt^ lel qulen remfdissaotlecoeùr il iat- .tisâût hcoto$ckneep en cdnfaodaDlksdaiix -ttiicmv^ihen^ id\iaa iesdressç ^ 'past^otm^ ,^»c lei^otitneat'dv devoir eï l'èui^housiàÂ-
n >iQii;kfôp1iiis-jo'opposi3rà!tôÉit cela? qmtme
ans de soio&èi deikcbns;; niais on voit tant
4^ bo^û^t xil$r:^$ytootde4>ODnesiaptiiiUri-
. cas^ etil n'existe qu'une 'siaule mère^ntair
:nyine qui ^^'che joindre oia leàdresae*dia^
-mt^ji^.touU h g^lftiilfeffb et les %iAeù9^i^
ÏITVALES. 8i
tons lies soins délicats, ingénieux et rotna*nesques deramour. Tbut ceci prouve que la mère anonyme a-quéiquef inoy>ên d^étre informée de* tout ce quf ise paspsfé et se dit à ErneviUe; sansoek'comnneut'âurmt-eUe su que Léocadîedésiroitdes roses mousseuses?
Je pense toujours que è*ést Mv^^d'Olbreuse qui la conpDoit et rinstrdrt»^ et qui sait ellemême tous cesrpetits^détârilspiir mes lettres et par St. Méran. ! •>
Lëocadie^ en portant au curé mon voile de calice, a fiant le sacrifice du bouquet de roses arlificielles qu'elle lient de sa mère ; ei/ei adonnée a notre c'^glise, et r^placédans la cfaapellc de S te. Rose, patrone de sa mère. Je sais qu'elle a le projet d'ornet* particulièreinent cette, chapelle. Elle a commencé dans ce dessein ta broderie d^un devant d^Mtdl. Elle ai déjà donné pi usieurs jolis va* aes ine son cabinet; elle a prié Saur»! de faire Ufi'pe^tlarfaAeauqu-cJledbit copier! Quelle dévbtion::poQr Stej sBoseî i • • et elle n'a jamais ^enséwz 5^k Poii/^'/ie/. .; . . i ) i Adieo , mon amie , iiion départ sera toajonrfr ie^ i-5 rà présent vdus y. pbuvefc comp* •ter. Nous passerons par Moulins , où des affaires arrêteront Aiberlsix ôusëpt jours au moiôsa VL durAessacf veutbîfettsniamener là
Sa LES MERES
Léocadie et M""" du Rocher. H est décidé que de Moulins nous irons voir les gfolles d'Arcy que je ne connois pas. O ei;¥0.u$ pouviez être de celte parue ! Lebareo: s0 porte bien dans ce raaoteni ; s'il n'élt»il|i/i{i souffrant alors^ croyes-vôu^ qii'iJ accOmUt celle permission ? le n'ose l'espérer ;Lm«is j'aurai l'audace do lui^demander cetie grâce qui me rendroitce petit Yojage aif parfaite* ment agréable I