LETTRE XXIV
Rèppnat de la eomieate de Roamondaucomt*
Jides. ,
De la M^^, le 8 âoùu
Je niB vous aï jàrnàîs va si demgtatii pdùt celte pàtivre Agiaé doftl vous exàj^érfeîB tin peu les ridicules. Au reste, vous s'ave^., tîmn cher Jules que je seroîs aussi ttè's-fôcMe qu'elle devînt voire femme. Mbn frière él ma belie-S(teur tiennent 'beaucoup Ik Ift mariage , mais vous ne devez craindre de leur pari aucune espèce de vîolèîTce , ob n'a rien à redouter ide ScfmhîaWè aveb d*aussî bons parens, ' *
Quant à celle jeune et charmante Léoca* dîe, je vais bien vous étonner en vous disant que je suis certaine qu'elle n'est point vplreaœur.Parunenchàlnemenlirès-eîngu- Ker d'événemens bizarres , j'ai acquis celte parfaite certitude. Maïs ceci lient à des Secrets qui m'ont été confiés , et qu^il m'eit impossible de révéler. Je vous demande mè- «xie , et j exige de voire probité , que vous
Be disiez à qui qnecesoît au monde 1 e'claîi*eissetnent qac je vo»s donne à cet <^arâ.
Je connois voire discrétion et vos principes, et cette connoissance me donne une confiance qu'on n'a pasordinairemenl pour un homme de votre âge. Ainsi je v^ais vous ouvrir mon àme tonte entière , et vous faire part de mes espérances et de tous mes pro* )ef6 relativement à vous.
Quoique je n*aîe q«e trente - trois ans ^
c^est^à-^ire , onzeansde plus que vous^lea
soins que j'ai donnés à votre éducation , et
latnanière dont vous en avezpro6té , m'ont
iofipirépour vous un sentiment véritable^
mentmaiemeL Je ne me marierai jamais ^
et Jules sera toujours veton Jits unique. Seu^
khéritièredes^randsbiéns de ma tante, j'ai
une fortune très considérabk dont je puis
souverainement disposer. Soyez doi^c bien
persuadé qu on né vous mariera point con--
ùiemon gré. Avec }a fortune de vos parens
et la mienne , vous serez un jour Thooimele
plus riche de la cour ; désirer encore de la
ricfae^e dans 'la femme qtie vous choisirez^
seroil une absurde cupidité. Aussi n'est-^ce
pas ce qui déterminé vos parenspourM^^^dfe
Jassy ; ils ne sont séduits que par ses allian» ces ^ sa grande naissance , sa jolie figure et
l'ialimité de voire mère avec M™® de Jùsey .
Je pense comme vous depuis long-lem^ «ur M*i« de Jussy , el vous le savez. Je désire avec passion , pour mon neveu,. pour mon élève , pour mon fils , une femme aimable et vertueuse el je lui confie' que
tout ce que j'ai entendu :dire de Léocadie, -me fait souhaiter avec ardeur de pouvoir un jour l'appeler ma fille :...V'h6mme qœ j'eslimeleplus, le vicomte de St. Méran^la connoit depuis sa première enfance , et m'a fait d'elle le porlrait le plus ravissant. Voilà y mon ami , voilà Tépouse qu'au fond du cœur je vous desline. Jugez si voire dernière lettre m'a fait plaisir... Mais outre les pre* jugés de la naissance que nous avons contre nous y il faudra vaincre encore beaucoupde difficultés; nous en viendrons à bout, si vous TOUS laissez guider par moi ^ et si voosavex une parfaite discrétion. Je ferai tout, oui) tout , pour obtenir le succès: que je désire; je n'ai dans le monde entier que ce seuUatérêt et celle seule affaire. Mais voici ceqoe j'exîgedevous: i^.unseerelabsolu; a^^.que vous ne fassiez aacuœ intrigcie pour revoir Léocadie , pour lui parler on pour lui faire parvenir une lettre. Si vous me désobéissiez en ceci^ jele saurois^ j'ai pour cela des
moyens certairr$ ; alors je cesserons de vous estimer , et je renoncerois sans retour a ce projet. Si vous acceptez mes conditions, si j'en reçois votre parole , je vais sans perdre
de temps m^occuper uniquement et sans
relâche d'une affaire qui , en faisant volré
2>onbeur assurera le mien.
Adieu , mon cher Jules ; Lrulez celte
lettre ^ ^t répondez-moi sans délai.